Kenizé Mourad – De la part de la princesse morte

de la part de la princesse morte

Bizarrement, je n’avais jamais entendu parler de ce livre avant de l’acheter d’occasion. Et c’est finalement en le commençant que je me suis rendue compte que beaucoup de personnes l’avaient lu et apprécié. J’avais donc fait une bionne pioche sans m’en rendre compte !

Ce qui m’avait intéressé dans le résumé, est que l’auteur y raconte l’histoire rocambolesque de sa  propre mère, qui naît fille de sultane à Istanbul et qui est ensuite condamnée à l’exil. Quel destin l’attend !

L’auteur prend bien le temps de décrire chaque période de la vie de sa mère et des différents des pays dans lesquels elle va séjourner. Cela compense le fait qu’il n’y ait quasiment pas de suspense dans ce récit étant donné que la quatrième de couverture spoile tous les grands événements de cette biographie.

Selma, qui est donc l’héroïne de ce roman est une jeune fille forte et indépendante. Elle ne comprend pas toujours tout à la géopolitique mais elle est futée et sait tirer son épingle du jeu. Elle est probablement considérée comme trop moderne pour son temps car les femmes, dans certains pays, doivent continuer à porter le hijab et à ne pas quitter la demeure familiale, ce que Selma a beaucoup de mal à accepter.

Le style de Kenizé Mourad est toujours aussi agréable. Les descriptions sont toujours légion et je regrette, comme pour De la ville d’or et d’argent que ces passages cassent vraiment le rythme du roman. Il y a parfois des dizaines de pages où on a l’impression de faire du surplace.

Je comprends que ce livre ait marqué de nombreux lecteurs car le destin de Selma est exceptionnel. Je vous conseille ce pavé pour vos lectures d’été, il vous entraînera vers des contrées lointaines avec une héroïne très attachante. Et pour ceux qui veulent prolonger l’aventure, une suite existe : Le jardin de Badalpour.

Challenge des globe-readers

Escale : 43/+75 : Istanbul, Turquie

Auteur : Kenizé Mourad

Titre : De la part de la princesse morte

Edition : Le livre de poche

Genre : Biographie

Pages : 857

D’autres avis : Maghily, Exulire, La livrophile

Svetlana Alexievitch – La supplication

la supplication

Tchernobyl. Ce mot est aujourd’hui indubitablement associé à la catastrophe nucléaire qui s’est produit. On pense aux nuages, aux malformations mais est-ce qu’on sait vraiment intéresser à ceux qui ont vécu ce drame ? A ceux qui habitaient tout près de la centrale ? Avec cette série de témoignage, c’est ce qu’a voulu faire Svetlana Alexievitch.

J’ai découvert ce livre en audiobook, les témoignages m’ont semblé encore plus retentissants vu qu’ils étaient joués par des acteurs.

Alors, je vous le dis tout de suite, il faut s’accrocher avec La supplication. Les témoignages sont bruts, ils sont sincères et on ne peut que se sentir en totale osmose avec les personnes qui ont vécu ce drame. J’ai pleuré en écoutant leur vécu, leur misère et leur détresse. On se sent tellement impuissant face à eux, qui vivaient simplement et naïvement avant le drame. On a envie d’hurler en entendant les discours qu’on leur a dit, ces fausses communications rassurantes. On a aussi envie de pleurer lorsqu’on voit le résultat désastreux sur les enfants. Je crois que c’est lorsqu’une jeune mère explique qu’elle va devoir appuyer sur le ventre de sa petite fille de 4 ans toutes les 30 minutes toute sa vie durant afin de l’aider à uriner. Comment peut-on accepter pareille vie ?

Aujourd’hui, à l’heure où on essaie de tirer les centrales nucléaires jusqu’à leur dernier souffle, il serait bon que les politiques lisent ce genre d’ouvrages pour se rendre compte du risque qu’ils nous font courir. C’est aussi évidemment à nous de nous soulever lorsque de telles décisions sont prises ou de faire des choix éclairés.

La supplication fait froid dans le dos car il explique un cauchemar que des tas de personnes ont vécu pas très loin de chez nous mais également car il risque à tout moment de se reproduire.

Auteur : Svetlana Alexievitch

Titre : La supplication

Edition : J’ai lu

Genre : Non fiction, Témoignage

Pages : 250

Julien Green – Paris

paris

Au lendemain des attentats de Paris, nous, lecteurs, avons eu des réactions différentes. Certains se sont attelés à lire des analyses sur Daesh,  d’autres à chercher des lectures très éloignées de l’actualité pour mieux s’évader. Et puis, il y a ceux qui ont voulu se rappeler que malgré tout, la vie continue et que Paris restera toujours Paris. je fais partie de cette dernière catégorie. N’ayant pas Paris est une fête d’Emingway dans ma PAL, c’est vers Paris de Julien Green que je me suis penchée.

Paris de Julien Green est un ensemble de miscellanées sur Paris. Ce n’est pas une lecture qui marque mais elle permet de se rappeler nos émois lorsque nous avons aperçu pour la première fois la Tour Eiffel, la cathédrale Notre-Dames ou d’autres lieux célèbres de Paris.

J’ai aimé arpenter les rues de Paris à travers le regard de Julien Green. C’était une lecture toute douce, une jolie ode à Paris. Je vous conseille lecture comme petite parenthèse.

L’ouvrage finit par un questionnement sur le futur de Paris. Que restera-t-il de Paris dans cent ans, mille ans ? Voilà une question que l’on peut également se poser dans ces temps obscurs. Et puisse Paris rester la ville Lumière encore longtemps !

Auteur : Julien Green

Titre : Paris

Edition : Points

Genre : Non fiction

Pages : 123

Michel de Grèce, Stéphane Allix – Les mystères d’Alexandre le Grand

les mystères d'alexandre le grand

J’étais vraiment très curieuse de découvrir ce livre. Je ne connais pas bien la vie d’Alexandre le Grand alors quand j’ai vu que les avis négatifs venaient surtout de fins connaisseurs qui n’avaient pas appris grand chose, je me disais que ce n’était pas grave vu que j’étais novice en la matière.

Finalement, l’ouvrage en lui-même est vraiment bien construit. Les auteurs ont fait le choix de commencer les chapitres par des extraits de la vie officielle d’Alexandre puis entrent dans les détails pour nous révéler sa face cachée. Le style n’est pas désagréable et va directement à l’essentiel. Mais après tout, on ne lit pas ce genre d’ouvrage pour la beauté de la plume de l’auteur.

Là où le bât blesse pour moi est dans la personnalité d’Alexandre. Vu qu’il est un grand personnage historique, je me disais que j’allais retirer quelque chose de sa vie. Finalement, rien de tout ça. J’ai trouvé qu’Alexandre n’était qu’un gamin capricieux, né dans une grande famille. Grâce à la prophétie, il sait qu’il a un grand destin à accomplir alors il fonce dans le tas sans réfléchir car il sait que son heure n’est pas arrivé. Quasiment aucune stratégie n’anime ce grand conquérant, tel un enfant, il décide de s’emparer de tel ou tel pays car des personnes lui disent que ce serait intéressant de le faire. Et puis, c’est un homme cruel. Il peut décider, sans aucune raison, de tuer tous les habitants d’une ville.

Bref, malgré un ouvrage bien écrit, je n’ai pas vraiment apprécié ma lecture car j’ai trouvé qu’Alexandre était un être abject.

Challenge des globe-readers

Escale : 44/+75 Babylone, actuelle Irak

Auteurs : Michel de Grèce, Stéphane Allix

Titre : Les mystères d’Alexandre le Grand

Edition : J’ai lu

Genre : Non fiction, Biographie

Pages : 224

Daniel Pennac – Chagrin d’école

Chagrin d'école

Voilà une lecture parfaite pour la rentrée ! Chagrin d’école est un mix entre le témoignage d’un cancre et la vision d’un professeur. Mais derrière ces 2 narrateurs se cachent la même personne Daniel Pennac, le cancre devenu professeur.

Je sors plutôt mitigée de cette lecture. Bien que le propos soit fort intéressant, ce mélange de genre entre essai et témoignage m’a perturbée. Je trouve également que le livre manque de structure. L’auteur laisse pérégriner ses pensées pendant presque 300 pages sans réelle organisation. L’auteur est également un peu naïf en ce qui concerne l’éducation. En l’écoutant, j’avais presque l’impression que les mots pouvaient tout résoudre, ce qui n’est effectivement pas le cas.

On m’avait beaucoup vanté le style de Daniel Pennac et j’avoue ne pas vraiment y être sensible. Ce n’est pas mal écrit, loin de là, je trouve simplement que sa plume n’a pas de charme particulier.

Bref, malgré que mon avis soit en demi en teinte, je ne regrette pas cette lecture qui m’a tout de même permise de rentrer dans la peau d’un cancre et de la souffrance qui peut en découler. Quand on parle des cancres, c’est souvent pour citer leurs perles ou pour se moquer mais il ne faut pas oublier que derrière cela, il y a un enfant en souffrance qui a besoin d’aide.

Auteur : Daniel Pennac

Titre : Chagrin d’école

Edition : Folio

Genre : Essai

Pages : 297