Julien Green – Paris

paris

Au lendemain des attentats de Paris, nous, lecteurs, avons eu des réactions différentes. Certains se sont attelés à lire des analyses sur Daesh,  d’autres à chercher des lectures très éloignées de l’actualité pour mieux s’évader. Et puis, il y a ceux qui ont voulu se rappeler que malgré tout, la vie continue et que Paris restera toujours Paris. je fais partie de cette dernière catégorie. N’ayant pas Paris est une fête d’Emingway dans ma PAL, c’est vers Paris de Julien Green que je me suis penchée.

Paris de Julien Green est un ensemble de miscellanées sur Paris. Ce n’est pas une lecture qui marque mais elle permet de se rappeler nos émois lorsque nous avons aperçu pour la première fois la Tour Eiffel, la cathédrale Notre-Dames ou d’autres lieux célèbres de Paris.

J’ai aimé arpenter les rues de Paris à travers le regard de Julien Green. C’était une lecture toute douce, une jolie ode à Paris. Je vous conseille lecture comme petite parenthèse.

L’ouvrage finit par un questionnement sur le futur de Paris. Que restera-t-il de Paris dans cent ans, mille ans ? Voilà une question que l’on peut également se poser dans ces temps obscurs. Et puisse Paris rester la ville Lumière encore longtemps !

Auteur : Julien Green

Titre : Paris

Edition : Points

Genre : Non fiction

Pages : 123

Quelques abandons

J’avais envie de vous parler brièvement de 3 livres que j’ai abandonné ces derniers mois. 3 livres de genre assez différent pourtant mais auxquels je n’ai pas accroché.

Le baron perché

Dans cette liste, je pense que Le baron perché est le seul que je pense retenter un jour. C’est un roman philosophique à la « Voltaire », ça avait donc tout pour me plaire. Mais après environ 130 pages, j’ai trouvé que l’histoire commençait à patiner et ça m’a beaucoup agacée alors j’ai préféré le laisser de côté. L’intrigue est pourtant assez chouette : un jeune garçon, Côme, décide de ne plus jamais descendre des arbres et va passer sa vie dessus et regarder la vie de ses concitoyens. Bref, c’est un roman qui aura probablement une deuxième chance avec moi.

l'arbre de l'été

On reste dans le domaine arboricole avec ce deuxième abandon : La tapisserie de Fionavar, tome 1 : L’arbre de l’été de Guy Gavriel Kay que j’ai abandonné au bout de 100 pages. Comme d’autres lecteurs, j’ai trouvé ce début très classique pour de la fantasy et je n’ai pas su m’attacher aux personnages dont je ne comprenais pas les motivations et les réactions. Bref, je suis complètement passé à côté malheureusement.

Loup y es-tu

C’est au bout de même pas 40 pages que j’ai baissé les armes avec Loup, y es-tu ? d’Henri Courtade. Là, j’ai un peu de mal à expliquer pourquoi mais j’ai tout de suite détesté. Il faut dire qu’il y a quelques éléments qui m’horripilent qui sont présents ici : à savoir quand un auteur fait « coller » à son histoire les grands événements historiques (attentat, guerre, etc.). J’ai toujours trouvé ce processus trop facile. Ah et puis l’histoire se passe à New York, aux Etats-Unis et j’avoue que je n’ai jamais aimé quand les auteurs français déportaient leur histoire aux States juste pour que ce soit plus sexy que la campagne française. Bref, c’est vraiment dommage mais mon rejet pour ce roman a été viscéral. Ce n’est clairement pas pour moi.

Gabriel Garcia Marquez – Cent ans de solitude

Cent ans de solitude

Cent ans de solitude est le genre de livre culte qui fait un peu peur. C’est finalement en entendant parler quelques grands écrivains dans La grande librairie que j’ai décidé de me lancer dans l’aventure. Et j’ai bien fait !

Car ce roman est un chef d’oeuvre et ce n’est qu’à la toute fin que cette révélation s’est faite chez moi. Il est vrai que je suis rentrée très facilement dans l’intrigue. J’ai aimé suivre les générations de Buendia qui se succédaient. Tous sont attachants mais aussi un peu fous. Cela part du couple originel : Ursula et José Arcadio et de leurs deux fils José Arcadio et Aureliano.

Autant vous dévoiler directement ce qui fait un peu peur dans le récit : les prénoms se transmettent au fil des générations comme c’est souvent le cas dans les familles latinos. Il y aura donc plusieurs José Arcadio, Aureliano, Ursula, Amaranta, etc. Certains trouvent cela déstabilisant. Vous trouverez même des arbres généalogiques sur le net pour mieux vous repérer. Moi, je n’en ai pas eu besoin car je trouve qu’on reconnait facilement de qui on parle. Il y a également quelques surnoms pour les différentier au cas où. Ce qui est également perturbant est que les personnages qui portent le même prénom aient le même caractère. Moi, je trouve ça très beau, cela montre l’héritage de cette famille.

Cent ans de solitude est avant tout une grande épopée, celle que vit la Colombie entre le milieu du XIXème siècle et le milieu XXème siècle. C’est celle des nombreux changements que cette époque apporte, des rêves et des espoirs que l’époque nourrit ou fait retomber en poussière. Avec ce roman, on est véritablement au sein de la Colombie, de ses traditions et de ses superstitions, de ses guerres aussi. Juste pour cet aspect-là, je vous conseillerai ce livre.

Mais ce n’est pas tout. Je ne sais pas comment l’auteur fait mais il arrive à nous montrer la solitude qui habite chacun des membres de cette lignée alors qu’ils ne vivent jamais seuls et que de nombreuses fêtes se déroulent au village de Macondo. C’est comme si je ressentais ce qu’éprouvait chacun de ses individus. Certains reprocheront probablement au roman de ne pas approfondir les personnages. Ce n’est pas mon cas. Encore une fois, c’est un mystère pour moi mais Gabriel Garcia Marquez arrive à nous attacher à la famille dans son ensemble et non à un membre en particulier.

Ce livre est tout simplement grandiose et je vous recommande vivement de le découvrir. Néanmoins, il n’est clairement pas à mettre dans toutes les mains car Cent ans de solitude est un roman complètement dingue où se côtoient les guerres, les religions, la magie, l’inceste, la pornographie et la zoophilie. Pour moi, ce livre fut une bonne grosse claque !

Auteur : Gabriel Garcia Marquez

Titre : Cent ans de solitude

Edition : Points

Genre : Classique, historique

Pages : 460

Challenge des globe-readers

Escale : 37/+75 : Colombie

Tahar Ben Jelloun – Le premier amour est toujours le dernier

le premier amour

Ce livre raconte le déséquilibre et les malentendus entre l’homme et la femme arabes. Les histoires qu’on y trouve ne parlent que d’amour, c’est-à-dire de solitude, de secret et d’incompréhension. Et puis ce besoin d’amour devient vite une recherche de soi, car pour aimer l’autre, pour donner, il faut s’aimer un peu soi-même. Ce n’est pas si simple, dans un pays où la tradition et la religion aident surtout l’homme à asseoir sa petite puissance, alors même que rien ne peut s’y faire sans la femme.

C’est un peu par hasard que je suis tombée sur ce livre. C’est en fait un recueil de nouvelles centré sur le couple arabe. Le thème m’intéressait, l’auteur est connu,… Il ne m’en faut pas plus pour craquer pour ce bouquin vendu à prix modique pour une oeuvre de charité.

Et c’est finalement grâce au Choix du chapelier fou que je le sors de ma PAL. Qu’en ai-je retenu ?

Hé bien, je suis plutôt satisfaite de cette lecture. L’auteur est beaucoup plus moderne que je ne l’aurais cru et n’hésite pas à parler des histoires d’amour homosexuelles ou à s’immiscer dans le lit des couples. Je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus prude en fait mais tant mieux, j’ai été agréablement surprise.

Je suis tout de même un peu déçue que Tahar Ben Jelloun n’évoque pas la beauté masculine. En effet, il s’attarde beaucoup sur le corps de la femme mais oublie un peu qu’il y a des personnes qui sont plus attirées par l’autre sexe.

Mais ces nouvelles offrent tout de même un beau patchwork de couples. On y évoque la polygamie, la passion, les rapports sexuels, etc. Un livre donc intéressant pour découvrir cette culture sous un autre angle même si ce n’est pas la lecture du siècle.

le choix du chapelier fou Spécial PAL

 Challenge des globe-readers

Escale 14/+75 : Tanger, Maroc

John Burnside – Scintillation

A la confluence du thriller, du roman fantastique et de la dystopie, Scintillation est un livre difficile à cerner.

Cette oeuvre est avant tout une ambiance, celle qui règne dans l’Intraville, une commune morose dans laquelle les habitants tombent malades à cause d’une vieille usine chimique. C’est dans ce monde qu’évolue Léonard, jeune adolescent de 14 ans complètement hors-norme. Grand dévoreur de livres, il occupe son temps entre sa passion et son attirance pour les filles.

Scintillation est pour moi une métaphore de notre société. Sans nous proposer réellement d’intrigue, l’auteur s’attache plutôt à pousser la réflexion sur la dépression et la violence. J’avoue que durant les 3/4 du roman, je me suis sentie agacée. Je ne comprenais vraiment pas où l’auteur voulait m’emmener, quel était le message qu’il voulait faire passer. Le récit me semblait vraiment décousu. J’ai du attendre la fin pour comprendre enfin ce roman et l’apprécier.

Les personnages sont loin d’être charismatiques. Soit ils sont très passifs, se laissant balloter par la vie sans essayer de changer les choses soit ils sont antipathiques. Comme Léonard auquel on pourrait au début s’identifier mais son côté snobinard et détaché nous empêche de l’apprécier réellement.

Le style de John Burnside est très contemplatif. Il s’attache vraiment à représenter l’atmosphère de l’Intraville ainsi que le désespoir qui semble contaminer tous les habitants. Le style poétique prend malheureusement trop de place par rapport à l’intrigue, ce qui donne vraiment l’impression de ne pas avancer.

Scintillation fut donc un vrai OVNI pour moi. Malgré un début difficile, j’ai fini cette lecture sur une note assez positive. Voilà un roman à part, à ne pas mettre dans toutes les mains et à éviter si vous avez le cafard !

Pour conclure, je tiens à remercier Livraddict et les éditions Points pour ce partenariat très spécial !

3 sur 5

Auteur : John Burnside

Titre : Scintillation

Edition : Points

Genre : Thriller

Pages : 307

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