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  • Maurice Denuzière – Un chien de saison

    Voilà un livre dont j’avais entendu le plus grand bien. J’avais hâte de découvrir l’histoire de Néron, le boxer.

    Mon résumé:

    Néron, le chien d’Henry, ne peut malheureusement pas aller avec lui et sa famille en vacances en Écosse. Il demande donc à notre narrateur de garder Néron pendant ce laps de temps. Néron est un boxer et il a un fort caractère. Dans ce récit, vous allez découvrir toutes ses bêtises.

    Mon avis:

    Soyons clair: j’ai adoré ! Il est impossible de ne pas s’attacher à Néron, ce grand chien têtu. J’avais le sourire pendant quasi tout le récit et mon rire s’est souvent déclenché en parcourant ces pages.

    Le style est vraiment recherché et n’est pas du tout mièvre. L’humour est omniprésent mais c’est un humour tout en finesse, pas du tout vulgaire. Maurice Denuzière est plus connu pour ses romans historiques. Il prouve ici qu’il sait faire bien d’autres choses.

    Il n’y a pas que le rire, on passe par tout une série d’émotions à travers ce livre. Car même si Néron est au centre du livre, les autres personnages ne sont pas occultés pour autant. J’ai beaucoup aimé le narrateur, Félix, un homme célibataire, bonne poire et très gentil qui essaie de trouver l’amour. J’ai été agacée par la famille d’Henry, antipathique au possible. Ils sont tellement insupportables que ça en est drôle. Sans oublier, Pilar, la femme de ménage espagnole de notre narrateur qui est aussi très attachante avec son charme et son accent latino.

    Ce roman est presque un coup de cœur. Il m’a vraiment fait passer un bon moment (même si j’ai vraiment failli pleurer à un moment). Je le conseille vivement !

    C’est un livre que tous les amoureux de chien devraient lire. Ce roman est une véritable preuve d’amour pour le boxer.

    Allez, quoi de mieux qu’un extrait pour vous convaincre ? Voici le tout début du livre…

    Extrait:

    Quand le téléphone sonne à l’heure du petit déjeuner que je prends habituellement vers neuf heures et quart – un œuf mollet, deux toasts dorés, trois cuillerées de marmelade anglaise, quatre tasses de thé au lotus, la première embuée d’un nuage de lait – c’est l’appel d’un intime ou la brutale intervention du destin malveillant.

    La règle se trouva confirmée d’une façon mitigée ce matin-là.

    « Allô, Félix, c’est Irma… Bonjour… Une grande joie nous échoit, Félix, que je veux vous faire partager illico !
    – Vous avez gagné au loto ! Henry a la Légion d’honneur ! votre oncle banquier a cassé sa pipe !
    – Vous n’y êtes pas…, mieux que cela, nous sommes invités, Henry, les enfants et moi, à passer trois semaines en Écosse.
    – Formidable, Irma ! Je vous y vois déjà. Les distilleries de whisky cachées dans les vallées, le monstre du Loch Ness, les fantômes professionnels, la chasse au renard, Walter Scott, les tweeds de Pringle… et toute la famille en kilt… Vous allez être mignons !
    – Oui, hein… Mais…, Félix, il y a Néron !
    – Néron ? Que vient faire là le fils d’Agrippine ?
    – Néron ! Félix voyons, notre boxer bringé… Vous le connaissez… Vous êtes le seul de nos amis qu’il n’ait pas encore mordu !
    – Il a essayé !
    – Maintenant, il vous connaît et je sais que vous lui plaisez ! »
    Soit dit entre nous, je me moque comme d’une guigne de plaire ou non à Néron.
    – Mais, Irma, je ne vois pas de rapport entre votre toutou et l’Écosse.
    – Justement, Félix, il ne peut y en avoir. Les Britanniques exigent une quarantaine de six mois pour les animaux étrangers. Il n’est donc pas question d’emmener Néron avec nous !
    – Ces insulaires, Irma ne seront jamais européens. Dommage, votre fauve eût été heureux au pays de la cornemuse. Il eût trouvé quantité de moutons à égorger et même dans les landes de Dartmoor, des poneys chevelus. Il aurait pu rencontrer le chien des Baskerville qui lui aurait administré une bonne leçon !

    5 sur 5

    Auteur: Maurice Denuzière

    Titre: Un chien de saison

    Édition: Le livre de poche

    Genre: Humoristique, littérature générale

    Pages: 218

  • Moka – Un ange avec des baskets

    Saviez-vous que Marie-Aude Murail avait une sœur qui écrivait aussi pour la jeunesse ? Son nom d’écrivain est Moka et je viens juste de découvrir un de ses romans.

    Mon résumé:

    Les grands n’ont pas envie que Paul jouent avec eux. Il est trop petit ! Paul doit donc s’amuser tout seul dans son coin. Un jour, il découvre une petite fille assise sur un banc à l’abbaye. Elle s’appelle Rachel, elle vit au Moyen-Age et va bientôt aller au bûcher car on croit que c’est une sorcière. Paul va tout faire pour la sauver.

    Mon avis:

    Attention, gros risque de spoiler !! Allez directement au commentaire en gras si vous ne voulez pas connaitre l’intrigue.

    En lisant ce livre, j’ai eu l’impression que Moka n’avait pas envie de finir son histoire. Pendant quasi tout le récit, elle plante le décor, nous explique les personnages etc… Mais passé la moitié, on a vraiment envie que l’histoire commence vraiment. On veut tout savoir. Comment ça se fait que Rachel et Paul savent communiquer entre eux ? Comment faire pour sauver Rachel ? Les réponses seront trop brèves. C’est lent, ça ne démarre pas et d’un coup, elle te fait une scène d’action qui passe en un éclair. On tourne la page… Et c’est fini. Mouais. Je suis un peu déçue quand même

    Le style est plus « enfantin » que celui de Marie-Aude Murail, les personnages sont aussi moins recherchés je trouve. Bref, je préfère pour l’instant les écrits de sa sœur. J’ai aussi envie de découvrir ce qu’écrit Lorris Murail, le frère (oui le talent est génétique dans cette famille ^^).

    En lisant ma note, vous vous direz surement, pourquoi mettre quand même un 6 sur 10 alors ? Car même si comme je l’ai dit, je n’ai pas apprécié l’action, je trouve que Moka sait très bien faire passer le temps. Car oui, il ne se passe rien mais on lit quand même assez vite. Je ne me suis pas ennuyée et c’est déjà pas mal je trouve.

    Moka a donc eu une idée originale mais on sent qu’elle ne savait pas vraiment la peaufiner. Les scènes d’actions ne semblent pas être son truc et sont bâclées. Mais j’ai quand même envie de lire un autre Moka pour comparer…

    3 sur 5

    Auteur: Moka

    Titre: Un ange avec des baskets

    Édition: L’école des loisirs

    Genre: Jeunesse, fantastique

    Pages: 134

  • Amélie Nothomb – Le Voyage d’hiver

    Voici le dernier Nothomb, le dernier… jusqu’au prochain qui sort dans 11 jours !

    Mon résumé:

    Zoile va détourner un avion. En attendant l’heure d’embarquement, il rédige ses notes… Et c’est à travers celles-ci qu’on le découvre.

    Mon avis:

    Aaaah voilà du Nothomb ! Il y a peu, j’ai lu Les combustibles que je n’avais pas trouvé assez « nothombien » à mon goût. « Le Voyage d’hiver » m’a fait penser à ce livre sur plusieurs points. D’abord, il y a l’omniprésence du froid, puis on retrouve encore une histoire qui tourne autour de 3 personnages mais cette fois, ce sont 2 femmes et 1 homme.

    Je vois souvent dans les billets qu’Amélie devrait prendre plus de temps à soigner ces livres plutôt qu’en sortir un tous les ans, ponctuelle comme une pendule. Et là, j’ai vraiment envie de leur répondre: Foutaise ! Amélie Nothomb écrit plusieurs manuscrits par an. Elle a une fois affirmé qu’elle en avait plus d’une vingtaine qui attendent sagement dans un tiroir. Alors pourquoi, Amélie devrait se freiner d’écrire alors qu’elle a toujours fait ainsi ? Bref, même si je trouve certains de ces derniers livres en deça des autres, je reste profondément fan d’Amélie.

    Et justement, avec ce récit, j’ai vraiment renoué avec elle. On fait la connaissance de personnages aux noms et aux caractères extravagants. C’est tout Nothomb quoi, et moi, j’adore. Elle montre pour la première fois je crois dans ce roman, le thème de l’autisme. Et évidemment, il ne pouvait n’y avoir qu’elle pour nous le représenter sous cet angle !

    Ce qui cloche souvent dans ces derniers récits est la fin de ceux-ci. J’avais donc une petite appréhension quand je voyais la fin arrivait… Mais là encore, Amélie Nothomb m’a fait plaisir. Elle a offert une fin digne de ce nom à ce roman (même si je sens que certains seront en désaccord).

    La touche « Nothomb » est omniprésente dans son dernier livre et j’ai encore plus hâte de découvrir celui qui va sortir le 19 août : Une forme de vie, qui selon Amazon, va être un peu plus long que ce dernier opus: 180 pages.

    Extrait:

    J’appréciais par ailleurs qu’il n’y ait pas de photo de l’auteur sur la jaquette, en cette époque où l’on échappe de moins en moins à la bobine de l’écrivain en gros plan sur la couverture.

    Auto-dérision à la belge ou message pour l’éditeur ? En tout cas, ce passage m’a bien fait rire !

    4 sur 5

    Auteur: Amélie Nothomb

    Titre: Le Voyage d’hiver

    Édition: Albin Michel

    Genre: Littérature générale

    Pages: 130

  • Clifford D. Simak – Demain les chiens

    Depuis qu’Amazon m’avait recommandé ce livre, il m’intriguait. Un livre de science-fiction mettant en scène des chiens, il faut l’avouer, on n’en voit pas tous les jours.

    Mon résumé:

    Ce récit est constitué de 8 nouvelles ou de 8 contes plutôt. Chacune d’elles est précédée de notes des chiens qui expliquent en quoi ce conte a pu peut-être existé ou si celui-ci est totalement loufoque.  Ce sont maintenant les chiens qui règnent sur la Terre. Les hommes sont partis. Ils ne sont plus présents que dans de vieilles légendes, des mythes. Les chiens se demandent même s’ils ont réellement existé.

    Mon avis:

    Je m’attendais à être directement plongée dans cet univers canin mais ce n’est qu’au bout de quelques nouvelles qu’apparait cette nouvelle civilisation. A travers ses nouvelles, on suit à la fois le déclin de l’humanité et l’ascendance de la civilisation canine.

    Ce livre amène beaucoup de réflexion sur le paradis mais aussi la nécessité de tuer l’autre que ce soit par haine ou pour se nourrir. J’ai parfois eu la désagréable impression de passer à côté de certaines réflexions. Peut-être ai-je lu cet ouvrage trop jeune pour en déceler toutes les subtilités ou peut-être qu’il faut plusieurs lectures pour décortiquer parfaitement ces nouvelles.

    On n’a pas vraiment le temps de s’attacher aux personnages à part Jenkins, le robot, que j’ai beaucoup aimé. C’est un robot qui vit depuis des milliers d’années et il a connu à la fois le règne des hommes et celui des chiens. Il a un très grand rôle dans l’histoire de la Terre. Je vous laisse le découvrir ;).

    Je suis contente d’avoir découvert ce roman qui m’intriguait tant. Je ne regrette pas de l’avoir lu même si, comme je l’ai dit plus tôt, je crois qu’une deuxième lecture s’impose pour apprécier complètement l’œuvre.

    4 sur 5

    Auteur: Clifford D. Simak

    Titre: Demain les chiens (VO: City)

    Édition: J’ai Lu

    Genre: science-fiction, nouvelles

    Pages: 311

  • Marie-Aude Murail – Maïté Coiffure

    J’ai beaucoup entendu parler de Marie-Aude Murail sans jamais avoir ouvert un de ses ouvrages. Je me suis dit qu’il était temps découvrir la dame à travers ses écrits. Voilà comment j’ai emprunté ce titre dont le résumé me disait bien.

    Mon résumé:

    Louis, 14 ans, pas très fort à l’école doit, dans le cadre d’un cours, suivre un stage d’une semaine. Le seul endroit qu’il trouve est Maïté Coiffure, là où va se coiffer Belle-Maman. Et là, Louis se découvre une passion pour la coiffure… Ça va être difficile d’annoncer ça à son père qui l’imagine déjà chirurgien !

    Mon avis:

    C’est un roman très court que j’ai dévoré en quelques heures. J’ai vraiment aimé le style de Marie-Aude Murail, parfaitement adapté à la jeunesse et pourtant pas ennuyeux pour un adulte.

    Les personnages sont assez bien. Ils ont chacun leur caractère et on n’a aucun mal à les imaginer. J’ai particulièrement été touchée par Floriane, la petite sœur de Louis même si c’est un rôle plus que secondaire. Elle a encore toute la fraicheur et la naïveté de l’enfance. A chacune de son apparition, je souriais.

    Marie-Aude Murail nous offre donc ici un roman sur l’orientation. Il n’est pas toujours facile de choisir sa voie et une fois qu’on la fait de convaincre nos parents. J’ai eu la chance de ne pas devoir imposer mon choix mais j’ai quand même trouver ce court roman très enrichissant. Après tout peu importe qu’on veut être coiffeur, avocat ou plombier, le principal, c’est qu’on aime ce qu’on fait, non ? Allez, les jeunes, battez-vous pour imposer votre choix ! C’est vraiment le message que l’auteure a voulu faire passer.

    Pendant tout le roman, j’ai aussi aimé ressentir ce que ça faisait de travailler comme coiffeur. Je sentais presque le shampooing et les produits de soin. J’étais vraiment dedans !

    Je vais donc continuer à lire du Marie-Aude Murail car j’ai vraiment apprécié cette aventure.

    Extrait:

    – Un chirurgien, c’est un travailleur manuel, et un sculpteur et un dentiste, avec quoi ils travaillent ?

    4 sur 5

    Auteur: Marie-Aude Murail

    Titre: Maïté Coiffure

    Édition: L’école des loisirs

    Genre: Jeunesse

    Pages: 178

  • Jacqueline Wilson – Violette

    La couverture me plaisait beaucoup alors j’ai emprunté ce roman pour ado.

    Mon résumé:

    Violette, 13 ans, n’arrive pas à s’imposer face à son frère Will, 16 ans. Elle fait toujours ce qu’il dit. Un jour, une nouvelle, Jasmine fait son apparition au collège et ça va tout changer…

    Mon avis:

    J’ai beaucoup aimé le personnage de Violette, cette jeune ado passionnée par les fées de Casper Dream. Elle n’est pas très sûre d’elle et très timide. Will nous parait tout de suite comme un personnage bizarre. Son rapport avec sa sœur est malsain. Il lui impose des jeux qu’elle ne veut pas, il donne des ordres et elle s’exécute, etc…

    Puis vient Jasmine, la nouvelle meilleure amie de Violette que j’ai tout de suite détestée. Je n’aime pas ses manies et à chaque apparition, elle m’énervait mais j’essayais d’être patiente car je pensais qu’elle allait jouer un rôle déterminant dans cette histoire.

    Après avoir refermé ce livre, j’ai été plutôt déçue. Je m’étais beaucoup attachée à Violette et Jacqueline Wilson a tourné son histoire d’une manière que je n’apprécie guère. En fait, je ne vois pas vraiment le but de cette histoire. Ça sert à montrer quoi ? Il n’y a quasi aucune leçon à en tirer.

    Je donne donc la note de 7,5 car j’ai vraiment trouvé le personnage de Violette bien façonné, bien imaginé et bien développé mais l’histoire est décevante. Ce n’est pas ce à quoi je m’attendais et je trouve la fin sans intérêt. Je ne suis pas convaincue… Mais je vais tenter de lire un autre Wilson pour voir si c’est entre les idées de l’auteur et les miennes que ça ne colle pas ou si c’est juste pour ce roman-ci.

    3 sur 5

    Auteur: Jacqueline Wilson

    Titre: Violette (VO: Midnight)

    Édition: Albin Michel Wiz

    Genre: Jeunesse, ado

    Pages: 231

  • Klaus Kordon – Je t’écris de Berlin

    Avalon a eu la chouette idée d’organiser un challenge autour des villes européennes. Celle qu’elle a choisi pour le mois d’août est Berlin.  Le topic sur Livraddict est ici. Je suis donc partie à la recherche d’un livre sur Berlin qui pourrait m’intéresser et celui-ci m’a beaucoup plus tenté que les autres. Je vous le présente aujourd’hui.

    Mon résumé:

    Matze et son copain Plicplouc aiment bien s’assoir le long de la Speer (le fleuve qui traverse Berlin). Un jour, Plicplouc évoque l’idée d’une bouteille à la mer et Matze se met à l’œuvre. Où arrivera cette bouteille ? En Amérique ou sur une île du Pacifique ? En fait, c’est Lika et Bob, son ami turc qui la dénichent. Voilà comment commence une correspondante entre deux petits garçons de Berlin-Est et deux enfants de Berlin-Ouest.

    Mon avis:

    Il y a quelque chose que les manuels d’histoire oublient souvent: parler de la vie quotidienne des gens qui subissent un évènement. J’ai dû faire un exposé sur la chute du mur de Berlin, il n’y a pas longtemps et ce livre-ci m’a plus appris que toutes les recherches que j’ai pu faire sur le net ou dans un livre d’histoire. Car ici, on n’évoque pas des dates ou des stratégies politiques mais la vie réelle, celle de tous les jours.

    Quand Klaus Kordon a écrit cette histoire en 1984, il n’imaginait pas que le mur serait abattu 5 ans plus tard. D’ailleurs, le grand-père de Matze explique que si ça doit arriver ce sera dans au moins 50 ans. Lui et ses enfants ne connaitront pas cette joie, son petit-fils, peut-être…

    Klaus Kordon a vécu dans Berlin-Est et a été étonné de savoir qu’à Berlin-Ouest, on connaissait très peu cet autre Berlin et que les informations que donne la télévision sont souvent erronées. Il a donc imaginé cette correspondance pour montrer que les deux parties se ressemblent beaucoup. Le fait d’utiliser les enfants est expliqué en fin de livre. Pour Klaus Kordon, les enfants n’ont pas encore les préjugés qu’ont les adultes et voient donc mal pourquoi ils n’auraient pas le droit d’aller jouer avec untel juste parce qu’il vit de l’autre côté du mur.

    Bref, c’est un récit passionnant. On aime imaginer quelle est la vie de Matze ou celle de Lilka. L’histoire n’est pas des plus originales mais son contexte la rend unique et lui donne un petit plus spécial. Ce n’est pas un livre à suspens ou à action mais une porte ouverte aux discussions.

    Dans mon édition de Gallimard 1994 (pas celle dont j’ai mis l’image), l’illustrateur ou l’auteur a eu la bonne idée de dessiner la carte de Berlin pour qu’on puisse un peu se repérer. C’est très pratique ! La réflexion que l’auteur fait en fin de volume est également intéressante. Il l’a écrite après la chute du Mur et explique à quel point il n’imaginait pas un si bel avenir pour ses personnages.

    Quelle est la vision de Berlin dans ce livre ?

    On est face  à un Berlin du milieu des années 80. C’est un Berlin séparé en deux depuis longtemps et nos héros qui ont 11-12 ans ont toujours vécu en compagnie de ce mur. Grâce au grand-père et parfois à leurs parents, on évoque aussi un Berlin des années 20-30 ou celui juste après-guerre qui nous est compté… Ah le temps ou les gens de l’Est pouvaient encore visiter l’Ouest ! Le lieu qui m’a le plus marqué est le lac Müggelsee à Berlin-Est, j’ai bien envie d’aller faire un petit tour le long de ce grand lac :).

    Je conseille donc ce livre à tous les enfants et plus grands à partir de 9-10 ans qui s’intéressent à cette période. C’est drôlement plus passionnant que d’ouvrir un manuel d’histoire ;).

    Extrait:

    Malgré tout, il ne comprenait pas ce que papa venait de leur expliquer. Jochen avait un correspondant en Hongrie, Manuela en Union soviétique et Markus en avait même un à Cuba. Pourquoi n’aurait-il pas une correspondante à Berlin-Ouest, lui ? On parlait toujours de la paix et de l’importance de la compréhension entre les peuples. Devait-on se limiter à s’entendre avec les Hongrois, des Russes, des Cubains, des Bulgares et des Polonais ? A quoi bon puisque, de toute façon, la République démocratique allemande entretenait déjà des rapports amicaux avec tous ceux-là ?

    5 sur 5

    Auteur: Klaus Kordon

    Titre: Je t’écris de Berlin (VO: Die Flaschenpost)

    Édition: Gallimard ou Folio Junior

    Genre: Jeunesse, historique

    Pages: 211 ou 208

  • Stefan Zweig – Le Joueur d’échecs

    Tiens voilà l’heure du classique ! Au programme aujourd’hui, une nouvelle d’un très grand auteur autrichien.

    Mon résumé:

    Czentovic, le champion mondial des échecs est sur le paquebot de notre narrateur. Évidemment, tous veulent faire une partie contre lui… Je préfère ne pas vous en dire plus sinon je vous gâcherai une partie de la nouvelle (comme le fait si bien la 4ème de couverture d’ailleurs hum !)

    Mon avis:

    C’est ma première rencontre avec Stefan Zweig et elle s’était plutôt bien passée. Je n’étais pas fort emballée par l’histoire vu que les échecs ne m’intéressent pas trop. Mais Zweig a su me captiver avec son récit, celui de Czentovic d’abord, celui du mystérieux M.B après.

    La nouvelle fait 94 pages et je trouve que c’est parfaitement adapté à l’histoire. Ni trop court, ni trop long. J’ai plutôt bien aimé le style de Stefan Zweig. Il écrit de façon assez moderne, je trouve. Je n’en revenais pas que cette nouvelle ait été écrite en 1942. Ça aurait pu être hier !

    On n’a pas vraiment le temps de s’attacher aux personnages. Pourtant, on a envie de découvrir qui va gagner telle ou telle partie d’échecs. Les personnages sont quand même intéressants mais on n’a pas vraiment le temps d’approfondir leur personnalité. c’est un peu dommage.

    L’essai est donc concluant et je vais probablement relire du Zweig à l’avenir. Ce livre m’a permis de lire une œuvre d’un auteur autrichien. J’en suis maintenant à 20 nationalités sur 187 pour le World Books Challenge : Un livre, un pays sur Facebook. Ca monte tout doucement…

    4 sur 5

    Auteur: Stefan Zweig

    Titre: Le Joueur d’échecs (VO: Schachnovelle)

    Édition: Le livre de poche

    Genre: aventure, littérature générale, classique

    Pages: 94

    Bilan: 10/14

  • Mathias Malzieu – Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi

    Sur la quatrième de couverture, il est noté « dans la lignée d’un Lewis Caroll ou d’un Tim Burton ». Voilà les références sont données. Il va falloir maintenant en être digne…

    « Giant Jack is on my back… »

    Mon résumé:

    Mathias vient de perdre sa mère. Le deuil est vraiment dur à faire. Heureusement, il y a Giant Jack qu’il rencontre sur le parking de l’hôpital. C’est un géant de 4,50 m qui va lui apprendre à passer le cap du deuil.

    Mon avis:

    Être chanteur ou être écrivain sont deux métiers bien distincts mais Mathias Malzieu arrive à faire les deux. Il arrive ici à parler d’un sujet délicat : le deuil d’un de ses parents. Et pourtant, quand on referme ce petit livre, on a le sourire aux lèvres. C’est un message d’espoir que l’auteur nous transmet. Voir un peu la mort du bon côté.

    J’ai adoré le personnage de Giant Jack, ce géant qui a un accent écossais et qui mélange régulièrement anglais et français dans ses phrases. C’est rigolo ^^.
    Le style est simple, parfois un peu trop. Il répète souvent les mêmes phrases. C’est un effet de style mais je n’y adhère pas totalement. C’est vite lassant, je trouve. Mais à part ça, je n’ai rien à reprocher. L’histoire est originale et sympathique. J’ai préféré ce roman-ci à L’étrange vie de Nobody Owens de Neil Gaiman. Il y a un petit je ne sais quoi qui le rend nettement meilleur.

    Je connaissais déjà l’album qui correspond à ce livre et les deux se complètent très bien. J’ai dévoré le livre en moins de 24h.

    Bref, je vous le conseille, c’est une chouette petite lecture ^^.

    Extrait:

    Je tisse comme une araignée du ciel le fil qui relie les rêves et la réalité, et dans ma toile, j’embarque l’espoir absolu.

    4 sur 5

    Auteur: Mathias Malzieu

    Titre: Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi

    Édition: J’ai Lu nouvelle génération

    Genre: Fantastique

    Pages: 151

  • Derek Landy – Skully Fourbery, tome 2 : Skully Fourbery joue avec le feu

    On repart pour l’Irlande avec notre plus que sympathique squelette : Skully  bien sûr ^^ !

    Mon résumé:

    Skully et Valkyrie (ou Stéphanie si vous préférez) ont du pain sur la planche. Le baron Vengeous s’est échappé et a bien l’intention de faire revenir les Sans-Visages, les anciens dieux. Mais nos deux héros n’ont pas l’intention de le laisser faire…

    Mon avis:

    Voilà encore une aventure trépidante en compagnie de Skully qui ne manque pas d’humour et de Valkyrie qui prend peu à peu sa place parmi ce monde de la nuit.

    Ici, on nous présente un nouveau méchant qui a un but encore plus malsain que celui qu’on avait rencontré dans le tome 1. Il veut faire revenir les Sans-Visages. Horreur, malheur ! (Ça y est, je me suis mis la chanson en tête pfff…).

    L’action est encore plus omniprésente que dans le tome 1 vu qu’on ne doit plus présenter et expliquer cet étrange monde. Derek Landy fait donc la belle part à l’histoire, aux combats et à la stratégie.

    Les bons ingrédients que j’avais repéré dans le tome 1 sont toujours là et on sent que l’auteur a assez d’imagination pour étoffer son univers pendant encore quelques tomes. C’est prometteur.

    Vous l’avez donc compris, Derek Landy nous a encore concocté un bon petit moment de divertissement pour les petits et grands. Un roman bien fun :).

    Et le tome 3 est déjà dans ma PAL et ne va plus y rester très longtemps je crois.

    4 sur 5

    Auteur: Derek Landy

    Titre: Skully Fourbery, tome 2 : Skully Fourbery joue avec le feu (VO: Skulduggery Pleasant: Playing with fire)

    Edition: Gallimard Jeunesse

    Genre: Jeunesse fantastique

    Pages: 295

  • Anna Gavalda – Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part

    Du Anna Gavalda ! Tiens, ça faisait longtemps…

    Mon résumé:

    12 nouvelles qui parlent d’amour, de famille, de rêves,…

    Mon avis:

    Je n’ai pas totalement accroché à ces nouvelles car j’étais encore dans l’ambiance de ma lecture précédente. Mais je peux tout de même dire qu’elles sont jolies, toutes douces. J’ai particulièrement aimé  celle qui s’appelle I.I.G. Elle est vraiment poignante, j’ai failli pleurer ! Mais les autres franchement… Je crois que dans un mois, je les aurais complètement oubliées. D’ailleurs j’en ai déjà oublié certaines à l’heure où je vous parle !

    C’est donc un livre pas trop mal mais qui ne restera pas dans les annales. Du Gavalda quoi. Car oui, j’ai déjà du Anna Gavalda ! C’était son roman Ensemble, c’est tout qui est une chouette histoire mais bon ça ne casse pas des briques je trouve.

    Je n’ai rien de plus à dire sur ces nouvelles. Elles ne m’inspirent pas vraiment mais je le répète, c’est quand même agréable à lire ;).

    3 sur 5

    Auteur: Anna Gavalda

    Titre: Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part

    Édition: J’ai lu

    Genre: Amour, nouvelles

    Pages: 157

  • Aravind Adiga – Le tigre blanc

    J’aimerais tellement trouver les mots qui feront mouche dans votre esprit. Écrire ceux qui vous donneront envie d’aller acheter le livre juste après avoir lu le billet. Je ne sais pas si je vais y arriver mais je vais essayer…

    Mon résumé:

    Balram Halwai est surnommé « le tigre blanc » car comme cet animal qui n’apparait qu’une fois par génération, il est exceptionnel. Quand il apprend que le premier ministre chinois va venir visiter sa petite ville, il décide de lui conter son histoire. En effet, le premier ministre aimerait rencontrer des entrepreneurs indiens, apprendre comment on devient entrepreneur. Et Balram l’invite à le suivre dans son récit qui raconte comment il est passé des Ténèbres aux Lumières…

    Mon avis:

    Waow, la claque ! Je devrais trouver un qualificatif au-dessus de coup de coeur pour désigner ce roman. Ce sera sûrement mon livre du mois et peut-être même le livre de l’année !

    J’ai tout de suite aimé le ton pertinent et drôle de ces longues lettres (il y en a 8 en tout). Mais on n’a vraiment pas l’impression d’être dans un roman épistolaire. Je me croyais plus dans un café, en train d’écouter Balram me raconter son histoire. C’était génial !

    Au début, on s’attache à Balram, un enfant de caste basse. On a envie qu’il s’en sorte, qu’il ait une vie meilleure. Mais ici, ce n’est pas une histoire merveilleuse où tout se passe bien. Alors, oui, Balram va gravir les échelons mais pour ce faire, il va faire des coups bas, de nombreux coups bas. Parce que c’est ça aussi l’Inde, ce n’est pas que Bollywood et ses paillettes…

    L’histoire de Balram est palpitante et pourtant, elle parait juste. Ca pourrait être réel, ça le semble tellement !

    Aravind Adiga nous offre ici une vision assez complète de l’Inde. A la fois, le côté des ténèbres (les pauvres) et celui des Lumières (les riches). Il nous fait également passer des messages sur notre mode de vie à nous.

    Vous le voyez depuis plus de vingt lignes, je prêche en faveur de ce roman fabuleux. Mais avant de le commencer, j’avais une grande appréhension. Passer 400 pages dans les rues sales et le long du Gange dégueulasse, ben ça me tentait pas des masses. Et puis j’ai commencé… 1 page, 2 pages… A la page 19, j’étais déjà ultra fan de l’auteur, de l’histoire et des personnages. Quel talent a ce jeune Adiga !

    Pour ce roman, il a d’ailleur reçu le Man Booker Prize 2008. Dans mon édition, il est noté qu’un nouveau roman de lui est sorti cette année « Les ombres de Kittur« . Mais bizarrement, ni l’éditeur ni les sites de vente ne connaissent ce titre ! Il sortira peut-être à la rentrée en août/septembre… Je l’espère vivement !

    Adiga use d’un humour que je pratique et que j’aime mais ça risque de ne pas être le cas de tout le monde. C’est comment dire… un peu vulgaire. Voilà, mais c’est vraiment pas grand chose pour ceux qui s’inquiètent. Le mieux que je puisse faire est mettre un extrait. Mais franchement, cette partie humoristique n’est qu’un plus qui me fait adorer le roman, ne vous limitez à cet humour s’il ne sied pas.

    Extrait:

    C’est une coutume ancienne et respectée, dans mon pays, que de débuter une histoire par une prière à une puissance supérieure. Je suppose, Votre Excellence, que moi aussi je devrais commencer par embrasser le cul d’un dieu quelconque.

    Mais lequel ? Le choix est vaste.

    Les musulmans ont un dieu.

    Les chrétiens en ont trois.

    Nous, les indous, trente-six millions.

    Soit un total de trente-six millions et quatre culs divins parmi lesquels choisir.

    Or, pour certaines personnes – je ne parle pas seulement des communistes comme vous, mais des intellectuels de tous bords politiques –  très peu de ces dieux existent. Il en est même pour croire qu’aucun n’existe. Que nous sommes entourés d’un océan de ténèbres. Moi qui ne suis ni philosophe ni poète, comment pourrais-je connaître la vérité ? Ces dieux, il faut bien l’admettre, semblent accomplir peu de choses – comme la plupart de nos politiciens – pourtant ils continuent d’obtenir leur réélection sur leurs trônes dorés au paradis, année après année. Cela ne signifie pas que je ne les respecte pas monsieur le Premier ministre. Ne laissez jamais une idée aussi sacrilège s’infiltrer dans votre tête jaune ! Mon pays est le genre de pays où on gagne à jouer sur les deux tableaux : l’entrepreneur indien doit être à la fois loyal et véreux, dévoué et railleur, sincère et sournois.

    Donc, je ferme les yeux, je joins les mains dans un namasté obsédieux, et je prie les dieux de braquer la lumière sur ma sombre histoire.

    Patience, monsieur Jiabao. Cela risque de tarder un peu.

    A votre avis, combien de temps vous faudrait-il, à vous, pour baiser trente-six millions et quatre culs ?

    5 sur 5

    Auteur: Aravind Adiga

    Titre: Le tigre blanc (VO: The white tiger)

    Édition: 10/18

    Genre: Aventure, voyage

    Pages: 418

    En lisant ce roman, je remplis un de mes challenges. Wouhou !

    Bilan: 1/1