Quand j’ai vu que Pauline avait également ce livre dans ma PAL, je lui ai tout de suite proposé une lecture commune. Ce qu’elle a accepté de suite !
Mon résumé:
Amélie a 7 ans et vit dans un ghetto d’étrangers à Pékin. Elle nous raconte son quotidien : la guerre contre les petits allemands, les chevaux et les ventilateurs. Et puis un jour vint Elena…
Mon avis:
Disons le tout de suite: c’est un coup de cœur ! Le sabotage amoureux se hisse dans mon top 3 des meilleurs Nothomb. Les récits, en partie, inspirés de sa vie réelle sont pour moi les meilleurs. Son style n’a jamais été aussi beau qu’ici. Et puis l’histoire est fabuleuse aussi. Amélie est une petite fille qui participe à la guerre que se font les enfants du ghetto. J’ai beaucoup apprécié ce petit ghetto incongru en pleine Chine Communiste, sujet dont on parle assez peu en fait. Ca m’a un peu fait penser à la guerre des boutons.
Évidemment, c’est un Nothomb et les récalcitrants ne sauront peut-être pas apprécié tout l’humour qu’il y a dans ce livre court et dynamique, digne d’Amélie. Pour ma part, il m’a permis un vrai retour en enfance et beaucoup de réflexions sur les sacrifices qu’un enfant peut faire pour se faire aimer.
Le sabotage amoureux ainsi que beaucoup d’autres Nothomb viennent d’être réédités avec une toute nouvelle couverture. C’est l’occasion ou jamais de se les procurer !
Bref, c’est un Nothomb qu’il faut avoir dans sa bibliothèque. Je ne résiste pas à l’envie de vous montrer un extrait :
« Elena est aveugle. Ce cheval est un cheval. Dès qu’il y a libération par la vitesse et le vent, il y a cheval. J’appelle cheval non pas ce qui a quatre jambes et produit du crottin, mais ce qui maudit le sol et m’en éloigne, ce qui me hisse et me force à ne pas tomber, ce qui me piétinerait à mort si je cédais à la tentation de la boue, ce qui me fait danser le cœur et hennir le ventre, ce qui me jette dans une allure si frénétique que je dois plisser les paupières, car la lumière la plus pure n’éblouira jamais autant que la gifle de l’air.
J’appelle cheval cet endroit unique où il est possible de perdre tout ancrage, toute pensée, toute conscience, toute idée du lendemain, pour ne plus être qu’un élan, pour n’être que ce qui déferle.
J’appelle cheval cet accès à l’infini et j’appelle chevauchée ce moment où je rencontre les multitudes de Mongols, de Tartares, de Sarrasins, de Peaux-Rouges ou autres frères de galop qui ont vécu pour être cavaliers, c’est-à-dire pour être.
J’appelle cavalcade l’esprit qui rue des quatre fers, et je sais que mon vélo a quatre fers et qu’il rue et que c’est un cheval.
J’appelle chevalier celui que son cheval a arraché à l’enlisement, celui que son cheval a rendu à la liberté qui siffle aux oreilles.
C’est pourquoi jamais cheval n’a autant mérité le nom de cheval que le mien. »

Allons maintenant voir ce qu’en a pensé Pauline…
Auteur: Amélie Nothomb
Titre: Le sabotage amoureux
Édition: Le Livre de poche
Genre: Littérature générale, aventure
Pages: 124














