Auschwitz

En dépoussiérant ma wish list sur Livraddict, je suis tombée sur Auschwitz, une BD de Pascal Croci qui est un auteur de BD dont j’apprécie beaucoup le travail. Ni une, ni deux, dès que je l’ai aperçue à la bibliothèque, je l’ai emprunté.

C’est à travers la famille Kazik que nous découvrons le monstrueux camp de concentration d’Auschwitz. Vie quotidienne et lutte de pouvoirs sont au coeur de cette intrigue. La BD se concentre uniquement sur cette période, et non sur ce qui l’a provoqué ou sur comment les personnes y ont survécus. Bref, on est plus dans un portrait froid, glacé, choquant des camps de concentration. Le tout nous est présenté par le dessin de Pascal Croci que je trouve toujours aussi magnifique. L’intensité des regards, la posture des personnages. Cela donne des frissons dans le dos.

Auschwitz est exactement dans la même veine que Maus, je dirais même qu’on frôle la redondance et que le sujet est mieux traité par Art Spiegelman. Mais si le sujet vous intéresse ou que vous voulez l’utiliser comme outil didactique pour la jeunesse, foncez !

Les autres BD de la semaine sont à découvrir chez Stéphie.

Auteur : Pascal Croci

Commencé le : 15/08/2018

Terminé le : 15/08/2018

Edition : EP

Genre : BD

Pages : 76

D’autres avis : Mo’

Sarah Cohen-Scali – Max

J’ai de suite été attirée par cette couverture. Un nourrisson affublé d’un brassard nazi, entouré de mesures.  Je me suis directement demandé : Mais qui est-il ?

Max est en fait le premier né du programme Lebensborn imaginé par Himmler. Concrètement, cela signifie que ses parents ont été sélectionnés car ils avaient des mesures adéquates pour la race aryenne. Ils ont ensuite conçu Max pour faire un enfant, le plus parfait, le plus aryen possible.

Max est le narrateur de cette histoire. Il est totalement aveuglé par l’idéologie nazi qu’on lui enseigne depuis sa conception. Max est avant tout un enfant né et élevé sans amour. Sa mère, c’est l’Allemagne, son père, le Fuhrer. Voilà comment il pense. Et c’est avec ce regard totalement décalé qu’il décrit et décrypte le monde qu’il l’entoure.

Le style est très froid, “clinique” je dirais même. Les faits que nous racontent Max sont souvent horribles mais lui trouve cela tout à fait normal. Par exemple, dans le tout début du roman, une jeune Frauen de 15 ans qui a donné naissance à un autre enfant pour le programme Lebensborn va se confier à la mère de Max et lui expliquer comment elle a été violée par plusieurs hommes afin de concevoir sa fille. Max lui pense “mais enfin, elle devrait être honorée d’offrir un enfant à l’Allemagne, pourquoi se plaint-elle ?”.

Malgré cela, je n’ai pas réussi à détester Max. Je me disais juste que c’était un enfant qui avait élevé sous un régime extrême comme il y en a encore aujourd’hui. Son regard n’est que le fruit de ce qu’on lui instruit. Mais j’avoue que j’avais tout de même hâte que le monde idéal dans lequel pense vivre Max vole en éclat. On apprécie tout particulièrement ses remises en question à la fin de son enfance (il a 9 ans en 1945).

Voilà un roman fort bien documenté qui nous montre une autre facette de la deuxième guerre mondiale, celle d’un jeune enfant élevé dans les jeunesses hitlériennes. Comme vous pouvez en douter, ce n’est pas un roman facile à lire mais très instructif.

J’ai aussi beaucoup apprécié qu’une fois le roman terminé, Sarah Cohen-Scali nous explique quels sont les faits avérés de cette histoire et ceux qu’elle a inventés.

Il est conseillé de le lire à partir de 15 ans.

5 sur 5

Auteur : Sarah Cohen-Scali

Titre : Max

Edition : Scripto, Gallimard

Genre : Historique, jeunesse

Pages : 480

D’autres avis : Kyeira, Theoma, Canel, Pauline

Joseph Joffo – Un sac de billes

Voilà une toute vieille lecture qui doit bien dater d’il y a 8-9 ans.

Mon résumé:

2ème guerre mondiale. Joseph et Maurice ne sont que des enfants. Mais ils sont aussi juifs. Cette autobiographie raconte leur fuite.

Mon avis:

J’ai lu quelques livres sur cette période tragique de l’histoire. “Un sac de billes” n’est certainement pas le plus émouvant. Mais de nombreux collèges conseillent sa lecture aux jeunes adolescents. Et je comprends pourquoi. Il n’y a rien de plus facile pour un jeune de s’identifier à Joseph ou Maurice, deux enfants qui nous content leur vie quotidienne.

De nombreux lecteurs encensent ce roman. Même si je l’ai moi-même aimé, je ne le considère pas comme le meilleur livre de ce genre. D’ailleurs, je n’ai pas pleuré en le découvrant. D’autres livres comme Si c’est un homme m’ont beaucoup plus marquée.

Néanmoins, je conseillerai cette lecture à tous les collégiens qui passent par ici.

3 sur 5

Auteur: Joseph Joffo

Titre: Un sac de billes

Édition: Livre de Poche

Genre: Vécu, société, historique

Pages: 414

D’autres avis: Nelfe

Primo Lévi – Si c’est un homme…

J’avais été fait prisonnier par la Milice fascite le 13 décembre 1943. J’avais vingt-quatre ans, peu de jugement, aucune expérience et une propension marquée, encouragée par le régime de ségrégation que m’avaient imposé quatre ans de lois raciales, à vivre dans un monde quasi irréel, peuplé d’honnêtes figures cartésiennes, d’amitiés masculines sincères et d’amitiés féminines inconsistantes. Je cultivais à part moi un sentiment de révolte abstrait et modéré.Un livre touchant, troublant quand on sait que c’est une auto biographie. Primo Lévi nous parle de sa propre expérience des camps de concentration, comment il a vécu cette terrible épreuve. J’ai beaucoup aimé ce témoignage, qui n’est pas un roman de haine envers les nazis mais juste un bride de vie. Primo Lévi se met à nu dans ce roman, de façon simple avec des mots clairs mais pas choquant. Il n’accentue pas l’horreur des camps, il la décrit comme il l’a vécu.

5 sur 5

Auteur: Primo Lévi
Titre: Si c’est un homme
Edition: Pocket
Genre: Roman autobiographique
Pages: 214

Vincent Engel – Oubliez Adam Weinberger

Jadis, je fus un enfant. Je le crois du moins, ce qui en soi n’est pas si mal, puisque le passé, quoi qu’en pensent certains est de toute façon incontrôlable. Je portais déjà le même nom et ur mon visage devaient sans doute sourdre ces traits sans grâce qui composèrent ensuite ma physionomie adulte, et qui se décomposent aujourd’hui. Ce nom, je le partageais bon gré mal gré avec les êtres qui formaient l’entité plus ou moins large et diversement appréciée d’une famille. Près de moi, il y avait ma soeur Rachel, de sept ans plus âgée que moi et qui, dès que j’eu l’âge de comprendre et de retenir ce qui se passait autour de moi, m’a toujours semblé préoccupée par la quête d’un mari – avant de le rencontrer, parce qu’elle craignait de n’en jamais trouver ; ensuite, quand il se perdait dans les bistrots de la ville parfois plusieurs jours durant. Rachel… tu n’étais pas superbe mais enfin, tu étais ma soeur et j’aurai souhaité avoir un autre beau-frère que ce fainéant de Moïshe – regrets tardifs, tu m’excuseras. J’ai pourtant fait ce que j’ai pu…

Dans ce roman, nous découvrons Adam, un petit Juif polonais. Dans la première partie, il nous raconte sa vie, sa famille, ses amours, ses envies de petit garçon. Dans la deuxième partie, il nous parle toujours de sa vie mais “après”. Après quoi? Après les camps de concentration. On n’en parlera pas du tout pendant ce roman. Nous découvrons juste Adam, le jeune garçon et puis ce qu’il est devenu après. On a l’impression d’avoir affaire à  une autre personne. Un roman tout en finesse, qui montre comment une épreuve si terrible peut changer un homme. Vincent Engel arrive à revisiter le thème de la Shoah avec un tout autre regard. Une chose est sûre: après avoir lu ce roman, vous n’oublierez plus jamais Adam Weinberger…

4 sur 5
Auteur: Vincent Engel
Titre: Oubliez Adam Weinberger
Edition: Le livre de poche
Genre: Roman
Pages: 316