Une éducation

Tara Westover n’a  jamais eu d’acte de naissance. Ni de dossier scolaire, car elle n’a  jamais fréquenté  une salle de classe. Pas dossier médical non plus, parce que son père ne croyait pas en la médecine, mais à la Fin des temps.
Enfant, elle a regardé  son père mormon s’enfermer dans ses convictions, et son frère céder  à la violence. Et, à seize ans, Tara décide  de s’éduquer toute seule. Son combat pour la connaissance la mènera  loin des montagnes de l’Idaho, au-delà des océans, d’un continent à l’autre, d’Harvard à Cambridge. C’est à ce moment seulement  qu’elle se demande si elle n’est  pas allée trop loin. Lui reste-t-il un moyen de renouer avec les siens ?
Une éducation est le récit d’une  construction  de soi, l’histoire d’une fidélité farouche envers la famille, et du chagrin dû à la rupture. Forte de la lucidité qui constitue la marque des  grands auteurs, Tara Westover nous livre son expérience singulière : son combat pour  entrer  dans l’âge adulte grâce à  une éducation qui  lui a permis de poser un regard neuf sur la vie  et donné  la volonté de changer.

Waow, quel parcours ! Dans cette autobiographie, Tara nous raconte donc son enfance isolée dans une famille mormone qui croit que la Fin des temps est proche. Puis elle grandit, se rend à l’université et voit toutes ses certitudes volées en éclat.

J’ai adoré cette lecture. Bon, c’est bizarre de dire ça car Tara Westover a quand même vécu un vrai calvaire. Mais justement, je me suis rapidement attachée à elle et j’avais hâte de la voir évoluer.

C’est un livre très utile qui permet de voir comment un endoctrinement se fait. Comment aussi on a tendance à croire tout ce que nos parents nous disent surtout lorsqu’on a pas d’autres références.

Le parcours de Tara Westover est exemplaire, presque cinématographique. Puisse son histoire faire écho pour éviter que d’autres enfants subissent le même sort !


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Brenda Novak – Le danger invisible

le danger invisible

Le Danger Invisible, c’est l’histoire de 2 collègues Rachel et Nate qui vont tenter de s’infiltrer dans une secte car de drôles d’événements s’y déroulent : une femme ayant su s’échapper affirme avoir été lapidée, une autre est portée disparue…

Ce qu’il faut avant tout savoir sur ce récit, c’est que la romance constitue la moitié de l’intrigue. Ce n’est pas pour me déranger mais mieux vaut être au courant car moi, qui ne l’ai pas été, je me suis parfois demandé pourquoi on s’intéressait à leur petite histoire de coeur alors qu’un drame se joue juste à côté dans la secte.

Nate m’a paru un peu trop “lisse”, courageux mais un peu réticent à s’engager, le personnage est un peu sous-exploité. Rachel est plus intéressante, de par son passé, vu qu’elle a grandi elle-même dans un groupuscule religieux assez fermé. Se retrouver à cotoyer une secte lui fait remonter des tas de souvenirs douloureux. Mais on sent que c’est une femme forte, qui a tendance à vouloir montrer à tout le monde de quoi elle est capable. Elle en fait même un peu trop mais c’est ce qui la rend crédible et attachante.

Pour moi, le suspense n’est vraiment présent que dans la deuxième moitié du récit. La première servant plus à “tâtonner le terrain” et nous présenter la relation ambiguë de ce duo d’enquêteurs. Mais la suite m’a vraiment plu, j’ai commencé à tourner les pages avec avidité et j’avais hâte de savoir comment tout cela allait se terminer, quels allaient être les éléments qui pouvaient ébranler cette communauté.

Le style de Brenda Novak est clair, sans fioritures et permet une lecture agréable bien qu’on ne s’extasie pas sur l’écriture.

Bref, malgré ses quelques défauts, Le danger invisible est une lecture sympathique et efficace. A tenter !

Auteur : Brenda Novak

Titre : Le danger invisible

Edition : Harlequin

Genre : Thriller, romance

Pages : 448

D’autres avis : Jbyali

Seth Grahame-Smith – Douce nuit, maudite nuit

douce nuit maudite nuit

Après Orgueil, préjugés et zombies et Abraham Lincoln, chasseur de vampire, Seth Grahame-Smith revisite à nouveau une grande histoire, la natalité. Dans ce nouveau détournement, l’auteur a transformé nos chers rois mages en bandits en fuite.

Seth Grahame-Smith s’attaque vraiment à du lourd cette fois. Je ne sais pas si cet ouvrage saura faire rire un grand nombre de personnes. Les plus croyants risquent d’être vexés et ceux qui s’intéressent peu à cette histoire peuvent passer à côté de nombreux clins d’oeil.

Mais si vous cherchez un récit divertissant, vous allez être servis ! Balthazar est vraiment un vaurien, c’est même le plus grand bandit du pays. Sa rencontre avec le couple Marie et Joseph va être détonante. Néanmoins, si vous craignez que ce récit se moque trop ouvertement de la religion, rassurez-vous, ce n’est pas vraiment le propos du livre. La foi de Marie et Joseph n’est pas ridiculisée (même si Joseph subit tout de même les railleries de nos 3 bandits lorsqu’il leur dit qu’il leur affirme croire que Marie ne l’a pas trompée). La deuxième partie du récit est moins drôle mais plus tendre. Balthazar, s’étant attaché à la petite famille, il a vraiment envie de les aider à fuir leurs poursuivants.

L’écriture de Seth Grahame-Smith est toujours aussi agréable et fluide. Sous couvert d’humour, il réussit à nous transporter aisément dans le contexte historique de cette intrigue. J’ai vraiment eu l’impression de voyager en Judée en compagnie de Balthazar, Melchior et Gaspard.

Bref, même si ce récit m’a moins percutée qu’Abraham Lincoln, chasseur de vampire, je vous conseille tout de même ce livre qui reste un bon moment de divertissement.

Challenge des globe-readers

Escale 22 / + 75 : Bethléem, Cisjordanie

Auteur : Seth Grahame-Smith

Titre : Douce nuit, maudite nuit

Genre : Humour, Uchronie

Pages : 307

Hillary Jordan – Ecarlate

Ecarlate - Hillary Jordan

Dans ce monde légèrement futuriste, l’Eglise a repris le plein pouvoir aux Etats-Unis. La sanction pour ceux qui commettent des crimes : la chromatisation. Les condamnés sont donc peints d’une certaine couleur selon leur crime pendant plusieurs années. Hannah Payne semble plutôt loin de cet univers glauque au départ. Bonne chrétienne même si elle se pose parfois quelques questions sur la foi, c’est en rencontrant le pasteur Dale que sa vie va basculer. Elle va avoir une liaison avec cet homme marié, liaison qui va aboutir sur une grossesse. Afin de préserver la réputation de l’amour de  sa vie, Hannah va décider d’avorter. Mais dans ce monde où l’Eglise est toute puissante et où chaque grossesse est vu comme un Don de dieu, Hannah va être condamnée pour meurtre d’enfant et va devoir passer 16 ans à avoir la peau peinte en rouge écarlate.

Dès que j’ai entendu parler de ce livre, j’ai eu envie de le découvrir. En effet, je trouvais que l’univers mis en place par l’auteure était vraiment bien pensé. Quand on voit comment des extrémistes tentent de modifier la liberté acquise dans nos démocraties, je me dis que ce n’est pas si improbable que cela.

Le récit commence juste après la chromatisation d’Hannah. On la suit alors dans sa cellule de confinement dans laquelle elle doit rester pendant les 30 premiers jours de sa condamnation sous le regard de la télévision. Elle repense alors à son parcours, à ce qui l’a amené à sa situation actuelle. Je me suis donc rapidement attachée à Hannah. J’ai bien aimé voir qu’elle n’était pas une révolutionnaire en puissance qui voulait à tout prix bousculer le monde. C’est une jeune femme bien élevée dans la religion protestante mais qui parfois a des doutes, trouve des décisions injustes. Je me suis pleinement reconnue en elle même si elle est 10x plus courageuse que moi. En effet, par amour, elle n’hésite pas à taire à la justice l’identité du père de son enfant ainsi que le nom de son avorteur quitte à rester une Rouge 3 ans de plus. Elle prend tout sur elle, assume totalement son acte et se sent fort coupable. Ce seront les rencontres qu’elle fait par la suite qui vont petit à petit changer son opinion sur son acte.

Certains lecteurs semblent déçus par la fin de ce roman. Personnellement, je la trouve très bien. Elle est loin d’être spectaculaire mais je trouve que ce n’est pas plus mal. C’est une fin en douceur, je l’ai ressentie comme un soupir de soulagement.

Le style d’Hillary Jordan est addictif. Même si son écriture n’a rien de particulièrement belle, elle arrive à instaurer un beau suspense autour du personnage d’Hannah et de nous faire ressentir l’univers très sombre dans lequel elle évolue.

Bref, je vous recommande chaudement ce roman !

4 sur 5

le choix du chapelier fou

Auteur : Hillary Jordan

Titre : Ecarlate

Edition : Belfond

Genre : Science-fiction

Pages : 432

D’autres avis : Nadael, Plume libre, Livredelire

Guy Bechtel – Les quatre femmes de Dieu

Les quatre femmes de Dieu

J’ai décidé de lire davantage de livres qui ne sont pas des fictions. Pour bien faire, j’ai donc pris un titre qui traînait dans ma bibliothèque depuis mon adolescence. Il s’agit de Les quatre femmes de Dieu : La putain, la sorcière, la sainte et Bécassine de Guy Bechtel. Ce livre nous raconte comment l’Eglise s’est toujours méfiée de la femme et des quatre rôles qu’elle est censée avoir.

La putain nous montre à quelle point la femme est perverse. Sa libido est 1/3 supérieure à celle des hommes selon certains scientifiques. De là à ne considérer les femmes que comme des chiennes en chaleur, il n’y a qu’un pas que pas mal d’ecclésiastiques vont franchir.

La sorcière va évidemment nous reparler du péché d’Eve. La femme est plus tentée par le démon et donc par la magie. Après avoir longtemps été tolérée, les femmes (surtout celles en marge de la société) vont devenir le bouc émissaire des nombreux malheurs qui frappent l’Europe (hivers rugueux, famines,…). C’est ainsi que l’Inquisition naît et que des millions de personnes de sexe féminin vont subir la torture et la mort.

La sainte va enfin nous parler des femmes vertueuses et du long cheminement qu’elles vont devoir accomplir pour être reconnue à leur juste valeur par l’Eglise.

Enfin, Bécassine nous rappelle que la femme  est inférieure à l’homme. Elle est plus charnelle, son cerveau est plus petit. Bref, elle est bête. C’est la partie qui m’a le plus remuée tellement les aberrations que posent certains philosophes ou clercs sur nous sont énormes.

En voici quelques passages :

Toute éducation des femmes doit être relative aux hommes. Leur plaire, leur être utiles, se faire aimer et honorer d’eux, les élever jeunes, les soigner grands, les conseiller, les consoler, leur rendre la vie agréable et douce : voilà les devoirs de la femme dans tous les temps et ce qu’on doit leur apprendre dès l’enfance.

Jean-Jacques Rousseau dans  Emile ou de l’éducation

En tant que lectrice, j’ai également été interpellée par le grand danger que la lecture de romans semblait être au XIX et début du XXème siècle.

Vers 1900, Elizabeth de Gramont estime qu’une “femme qui lit un roman n’est déjà plus une honnête femme”.

Dans la même veine, Gustave Claudin nous explique que cette littérature n’est réservée qu’aux putains. Je me demande ce qu’ils penserait de moi !

Et les femmes écrivaines ?

Une femme ne doit pas écrire. Croyez-moi, ne faites pas de livres, faites des enfants.

Auguste de Kératry

Hop, retour à la case de poule pondeuse !

Fin du XIXème siècle, la  société ne pouvait plus empêcher la femme de s’instruire (même si on tente toujours de lui inculquer ce qu’il faut penser). En revanche, elle peut encore batailler pour que la femme n’obtienne pas le droit de vote auxquelles certaines rêvent déjà.

Être épouse et mère de famille, tel doit être le rôle de la femme. Ce rôle est assez noble et beau, et doit remplir toute son existence. La femme ne doit donc pas envier l’homme parce qu’il est électeur et chercher à descendre l’arène politique où elle risque de perdre sa grâce et son charme. La vanité de posséder un diplôme s’acquiert souvent au prix du bonheur que lui aurait donné la famille et transforme la femme en être sans sexe et par là inutile.

Dictionnaire médical à l’usage des familles.

Remarquer l’ironie que ce qui est encensé ici (la grâce, le charme de la femme et son sexe) a été durant des dizaines de siècles l’élément rendant les femmes pécheresses.

Pour l’Eglise, les hommes et les femmes ne naissent pas égalitaires. La femme, en tant que descendante, d’Eve part déjà un handicap. Dès sa naissance, elle doit se racheter. Si ce portrait peut vous paraître morose, l’auteur n’exagère pas la situation .A chaque époque, il expliquera que la gente féminine a des alliés parfois minoritaires parfois majoritaires dans le clergé. L’auteur cite beaucoup ses sources et j’ai donc plutôt confiance dans son analyse.

Aujourd’hui, je suis contente de voir la revanche que la gente féminine a pris sur l’Eglise et je rêve de voir de mon vivant une papesse diriger les fidèles de Jésus. Mais peut-être suis-je encore trop optimiste…

4 sur 5

Auteur : Guy Bechtel

Titre : Les quatre femmes de Dieu

Edition : Pocker

Genre : Essai

Pages : 438