John Burnside – Scintillation

A la confluence du thriller, du roman fantastique et de la dystopie, Scintillation est un livre difficile à cerner.

Cette oeuvre est avant tout une ambiance, celle qui règne dans l’Intraville, une commune morose dans laquelle les habitants tombent malades à cause d’une vieille usine chimique. C’est dans ce monde qu’évolue Léonard, jeune adolescent de 14 ans complètement hors-norme. Grand dévoreur de livres, il occupe son temps entre sa passion et son attirance pour les filles.

Scintillation est pour moi une métaphore de notre société. Sans nous proposer réellement d’intrigue, l’auteur s’attache plutôt à pousser la réflexion sur la dépression et la violence. J’avoue que durant les 3/4 du roman, je me suis sentie agacée. Je ne comprenais vraiment pas où l’auteur voulait m’emmener, quel était le message qu’il voulait faire passer. Le récit me semblait vraiment décousu. J’ai du attendre la fin pour comprendre enfin ce roman et l’apprécier.

Les personnages sont loin d’être charismatiques. Soit ils sont très passifs, se laissant balloter par la vie sans essayer de changer les choses soit ils sont antipathiques. Comme Léonard auquel on pourrait au début s’identifier mais son côté snobinard et détaché nous empêche de l’apprécier réellement.

Le style de John Burnside est très contemplatif. Il s’attache vraiment à représenter l’atmosphère de l’Intraville ainsi que le désespoir qui semble contaminer tous les habitants. Le style poétique prend malheureusement trop de place par rapport à l’intrigue, ce qui donne vraiment l’impression de ne pas avancer.

Scintillation fut donc un vrai OVNI pour moi. Malgré un début difficile, j’ai fini cette lecture sur une note assez positive. Voilà un roman à part, à ne pas mettre dans toutes les mains et à éviter si vous avez le cafard !

Pour conclure, je tiens à remercier Livraddict et les éditions Points pour ce partenariat très spécial !

3 sur 5

Auteur : John Burnside

Titre : Scintillation

Edition : Points

Genre : Thriller

Pages : 307

D’autres avis : claraReadingintherainAlex-Mot-à-Motsachille49oopsLaureLramettesDarkHawk

Sara Gran – Viens plus près

Mon avis :

Viens plus près est un roman que j’ai gagné chez Mina il y a quelques mois déjà. Si je ne l’avais pas gagné, je ne sais pas si je m’y serais intéressée. Pourquoi ? Car il est classé « roman noir » et comme vous le savez maintenant, c’est un genre qui ne me réussit pas en général. J’aurais pourtant eu tort de passer à côté.

Car ici, pas de meurtre, pas d’enquête mais une histoire d’une femme qui change de comportement. Son mari ne la reconnait plus, le chien qui la suivait fidèlement lui grogne après,… Amanda se demande vraiment ce qui est train de lui arriver même si elle s’en doute déjà.

Ce roman est très psychologique. On est dans la peau d’Amanda et on subit tous les changements qu’il lui arrive. C’est un roman fort angoissant où la tension monte crescendo.

Le personnage d’Amanda m’a au début beaucoup énervée car elle ne se rend pas compte de ce qui lui arrive et j’avais envie de la secouer. Par la suite, je me suis attachée à cette femme qui a de moins en moins de prise sur son esprit. Les autres personnages restent très distants, Amanda est vraiment seule pour affronter ce qui lui arrive.

Cette histoire se lit très rapidement, on se prend vite au jeu. Viens plus près est donc un roman tout en ambiance que je vous recommande. Je n’ose pas en dire plus, je préfère que le mystère reste entier pour vous.

4 sur 5

Le petit plus : Moins de 200 pages, ça se dévore 😉 !

Et ça commence ainsi :

En janvier, j’étais censée remettre une proposition à Leon Fields, mon patron, concernant un nouveau chantier. Nous rénovions une boutique de vêtements dans un centre commercial à ciel ouvert, en banlieue. Rien d’extraordinaire. J’ai bouclé mon projet un vendredi matin et l’ai déposé sur son bureau accompagné d’un petit mot enjoué – « Dites-moi ce que vous en pensez ! » – pendant qu’il était en rendez-vous  avec un nouveau client dans la salle de réunion. 

Auteur : Sara Gran

Titre : Viens plus près

Edition : Points

Genre : Roman noir

Pages : 190

Luis Sepulveda – Le vieux qui lisait des romans d’amour

Voilà un livre que j’ai pioché dans la bibliothèque de mon chéri. Un livre que j’avais hâte de découvrir…

Mon résumé:

C’est donc l’histoire d’un vieux qui lit des romans d’amour mais qui est aussi un homme qui a été élevé par les hommes de la jungle. Le jour où une femelle ocelot crée la panique après avoir tué un homme blanc, c’est lui qu’on vient chercher pour tuer l’animal.

Mon avis:

Voilà une lecture très courte qui nous plonge en plein cœur de l’Amazonie équatorienne. Pendant les 50 voire même 70 premières pages, je n’arrivais pas à deviner où l’auteur voulait m’emmener. La révélation n’arrive en fait qu’à la toute fin mais elle est vraiment très belle.

Le style est fluide, agréable. Il y a parfois de jolies phrases à relever.

Ce qui m’a beaucoup plu aussi est de lire les annotations qu’avait fait mon chéri pour l’école. J’ai trouvé ça mignon, touchant. Ça m’a permis de lire ce livre un peu autrement.

Sepulveda nous livre là une ode à la nature, à l’amour et au respect de celle-ci. C’est loin d’être une lecture indispensable mais vu que ce récit est très court, je conseillerai à ceux qui hésitent de prendre un peu de temps pour le lire.

Peut-être ai-je été moins touchée que d’autres vu que je l’ai lu dans un train bondé de personnes qui jacassaient. Ça a peut-être joué. Mais j’ai quand même passé un bon moment de lecture !

Je ne vais pas être beaucoup plus longue, j’avoue ne plus trop savoir que dire ! Ah si, que je suis ravie d’avoir lu un livre d’un auteur chilien, ce qui me fait une nationalité de plus pour le world book challenge : un livre, un pays sur Facebook ^^.

4 sur 5

Auteur: Luis Sepulveda

Titre: Le vieux qui lisait des romans d’amour (VO: Un viejo qui leia novelas de amor)

Édition: Point

Genre: Aventure, voyage

Pages: 121

Horacio Quiroga – Anaconda

« Anaconda », ça ressemble à un titre de film d’horreur. Mais ce n’est pas ça que nous offre ici monsieur Quiroga. Non, ce sont des contes étranges sortis tout droit d’Amazonie !


Mon avis:

Ce qui m’a tout de suite marqué chez cette auteur, c’est son histoire personnelle. Plutôt qu’un long discours, je vous propose ce qu’en dit Wikipédia (même si c’est loin d’être une science exacte mais la biographie présente dans mon livre confirmait bien ce passage) :

L’existence tout entière d’Horacio Quiroga est placée sous le signe de la mort : mort de son père, qui, alors que le futur écrivain est âgé de trois mois se tire une balle de fusil dans la tête sans que l’on sache s’il s’agit d’un accident ou d’un suicide; mort de son beau-père, dix-sept ans plus tard, qui se suicide d’un coup de fusil sous les yeux du jeune homme ; suicide de sa première femme en 1915 ; mort enfin de son meilleur ami, Federico Ferrando, accidentellement tué par Quiroga lui-même alors qu’il manipule un pistolet.

J’ai beaucoup aimé la première nouvelle qui donne son nom au recueil : Anaconda. C’est l’histoire d’une chasse aux serpents…où on est du côté des reptiles ! Vraiment passionnant…

D’autres nouvelles étaient aussi intéressantes mais j’avoue que mon impression globale est plutôt mitigée. C’est bien mais sans plus. Les histoires finissent souvent mal et montrent la fragilité de l’existence (on le comprend aisément en connaissant le passé de l’auteur).

Le style a quand même bien vieilli. Il n’est pas toujours accrocheur mais reste tout de même assez accessible. C’est peut-être du au fait que mon livre date de 1960. Peut-être qu’on en a fait une traduction plus moderne aujourd’hui.

Je ne sais donc pas si je dois vous le conseiller ou vous le déconseiller. Mon cœur balance entre les deux. Ce sera donc à vous de vous faire votre propre avis.

3 sur 5

Extrait (de la nouvelle Anaconda):

Il était dix heures du soir et il faisait une chaleur suffocante. Le temps lourd, sans un souffle, pesait sur la forêt. Le ciel de charbon était de temps à autre déchiré à l’horizon par de sourds éclairs, mais l’orage grondant au sud était encore loin.

Sur un chemin au milieu des spartes blancs, Lancéolée avançait avec la lenteur générique des vipères. C’était une yarara magnifique, d’un mètre cinquante, aux flancs ornés d’une ligne noire bien découpée en dents de scie, écaille par écaille. Elle avançait en s’assurant de la sécurité du sol avec la langue, qui remplace parfaitement les doigts chez les ophidiens.

Elle allait à la chasse. En arrivant à une intersection, elle s’arrêta, se lova sans hâte, remua encore un moment en cherchant sa position et, après avoir ramené sa tête au niveau de ses anneaux, elle y posa la mâchoire inférieure et attendit immobile.


Auteur: Horacio Quiroga

Titre: Anaconda

Édition: Points

Genre: Nouvelles, contes

Pages: 197

Bilan: 23/26

John Crowley, Le parlement des fées, tome 2 : L’art de la mémoire

Résumé:
Smoky a vieilli mais l’étrange maison d’Edgewood n’a pas changé. Son fils Auberon a choisi d’aller rejoindre sa belle dans la Cité froide et moderne. De curieux évènements troublent le pays des fées : une disparition mystérieuse, l’apparition d’un planétarium résolument immobile, le réveil d’une majesté déchue à la barbe rouge. Il va falloir se réunir pour éviter le pire…Mon avis:
Pfiou, que j’ai eu du mal. Pourtant, l’histoire commençait bien avec la vie de Lilas et de Mme Underhill. Et puis, j’en ai eu un peu marre de cette histoire où je ne comprenais pas grand chose. J’ai parfois lu en oblique j’avoue. C’est vrai que ce second tome se lit un peu mieux mais le premier m’avait tellement agacée que je n’avais plus beaucoup de patience. Je voulais des réponses, maintenant et tout de suite. Mais ça ne marche pas comme ça avec John Crowley. Il nous présente de nouveaux personnages, commence de nouvelles intrigues. Enfin bref, c’est de plus en plus confus… Je n’ai pas vu l’utilité de certains personnages, de certaines histoires. Je sors donc un peu déçue de ce « Parlement des fées », qui parle de tout sauf de fées quasiment. Heureusement que le dernier chapitre relève un peu ce niveau. Ma critique est fort négative, je vois, en me relisant mais c’est mon ressenti. Je reste tout de même persuadée que ces livres peuvent  plaire aux personnes qui aiment se laisser bercer par une histoire. Mais elle est à éviter pour les petits curieux qui veulent tout comprendre comme moi. Enfin bon, le Conte est désormais terminé. Je suis également un peu déçue de voir à quel point les personnages se laissent faire par ce Conte. J’aurais aimé les voir plus actifs, tenter de se battre contre leur destinée. Beaucoup de choses ont du m’échapper, je crois que c’est le genre de livres qu’il faut relire dix fois pour comprendre toutes les subtilités mais malheureusement je n’ai pas le courage de le faire. Trop de mystère tue le mystère, c’est certain. Ca me fait un peu mal au cœur de me dire qu’à cause de ma critique, certaines personnes vont peut être éviter « Le parlement des fées », c’est pourquoi, je vous conseille vivement de lire les autres avis des livraddictiens pour vous faire votre propre idée.Allez donc voir l’opinion de Mallou, Folfaeriemazel, Thalia, Olya, Jess, Lolo, Cynthia, Lyra Sullivan, Aily, Kika, Emma666 et Kactusss

Et je remercie encore une fois Livraddict et les éditions Points !
3 sur 5

Extrait (p.1):
Les années qui suivirent le rapt de la petite Lilas arrachée aux bras de sa mère durant son sommeil, parurent à Mme Underhill les plus agitées de toutes sa longue vie (peu ou prou éternelle, en fait). Non seulement il lui fallut assurer l’éducation de Lilas, et garder un oeil sur tous les autres, comme depuis toujours, mais à cela s’ajoutèrent tous ces conseils, réunions, conciliabules et célébrations qui multipliaient tandis que les événements qu’ils avaient si longtemps bercés en leur sein puis aidés à venir au monde survenaient de plus en plus rapidement ; et tout cela venait alourdir ses tâches habituelles, composées, chacune d’innombrables détails dont aucun ne pouvait être évité ou négligé.