Amélie Nothomb – Attentat

Mon avis :

Grosse déception avec ce Nothomb. C’est pour moi le pire que j’ai lu.

Attentat nous conte l’histoire d’Epiphane, un homme d’une laideur extrême qui s’entiche d’une jeune femme sublime.

Sur le thème de la beauté, j’ai largement préféré Mercure de la même écrivaine. Ici, j’ai vraiment l’impression que ça piétine, que ça n’avance pas. Et pour une fois, Amélie Nothomb n’a vraiment pas su me surprendre.

Un livre bien trop long et l’idée de départ n’est même pas exceptionnelle. Le moche qui tombe amoureux du beau… Oui, c’est connu, Amélie Nothomb le dit elle-même mais je trouve qu’elle n’arrive pas à aller au-delà, à nous présenter une histoire vraiment originale qui nous tienne en haleine.

Je me suis ennuyée du début à la fin. Heureusement qu’il était court ! Pourtant le style de Nothomb est là, elle pousse comme d’habitude la réflexion sur le sujet qu’elle aborde, ici, l’apparence. Mais rien à faire, j’ai passé mon temps à me dire que Mercure était 10 fois mieux.

Bref, déçue comme tout par ce Nothomb, j’espère que ceux qu’ils me restent à lire me plairont plus.

2 sur 5

Et ça commence ainsi :

La première fois que je me vis dans un miroir, je ris : je ne croyais pas que c’était moi. A présent, quand je regarde mon reflet, je ris : je sais que c’est moi. Et tant de hideur a quelque chose de drôle. Mon surnom arriva très vite. Je devais avoir six ans quand un gosse me cria, dans la cour : “Quasimodo !” Fous de joie, les enfants reprirent en choeur : “Quasimodo ! Quasimodo !”

Auteur : Amélie Nothomb

Titre : Attentat

Edition : Le livre de poche

Genre : Littérature générale

Pages : 153

François Emmanuel – L’enlacement

Mon avis :

Il y avait déjà longtemps que je n’avais plus lu de littérature belge. Ici, François Emmanuel nous propose une magnifique histoire d’amour qui commence devant un tableau “L’enlacement” d’Ego Schiele.

Cette histoire d’amour impossible nous plonge dans la vie de deux personnes, un poète et une femme qui a déjà énormément souffert. J’ai beaucoup aimé le style de François Emmanuel. Il joue avec les mots. J’avais l’impression d’être dans un poème modèle. Il arrive à très bien décrire les sentiments de ces personnages. Le thème est touchant même s’il a déjà longuement été traité en littérature.

Ce très court roman m’a donc permis de réfléchir sur cette grande idée de l’amour. Ce livre est vraiment une agréable découverte. Néanmoins, je suis heureuse que cette histoire se conclut rapidement car je pense qu’elle aurait pu sembler ennuyeuse si elle s’était poursuivie sur une centaine de pages par exemple.

L’enlacement se lit vraiment très rapidement. Comptez moins d’une heure. Je pense relire d’autres œuvres de François Emmanuel car ce roman est une agréable surprise.

3 sur 5

Le petit plus : Vous pourrez trouver le site de l’auteur à cette adresse. Son prochain roman, Cheyen sortira à la rentrée littéraire.

Et ça commence ainsi :

“Ah c’est vous, m’avait-elle dit, le visage illuminé d’un sourire étrange, extravagant, comme si elle venait de me reconnaitre, que nous nous retrouvions après un long temps, qu’elle avait oublié ma présence à ses côtés quelques instants plus tôt alors que nous déambulions dans les salons déserts du musée du Belvédère et que rien ne s’était apparemment passé, ou presque, nous n’avions échangé que peu de mots, son intérêt pour les œuvres m’avait paru distant, jusqu’à ce qu’elle pénètre dans la pièce où donnait soudain le soleil, avec sur toute la largeur du mur L’enlacement de Schiele, et je l’avais vue alors s’immobiliser devant le tableau, avancer de quelques pas vers la fenêtre et s’écrouler d’un coup sans plus de bruit qu’un tissu qui s’affaisse.”

Auteur : François Emmanuel

Titre : L’enlacement

Édition : Seuil

Genre : Littérature générale

Pages : 88

Bilan : 4/5

Amélie Nothomb – Péplum

Péplum ou quand Amélie Nothomb se met à la science-fiction…

Mon résumé:

Amélie Nothomb déclare que l’ensevelissement de Pompéi n’est pas naturel. Selon elle, ce sont les sociétés futures qui ont provoqué ça rétroactivement. Le lendemain, la romancière subit une opération. A son réveil, elle est au XXVIème siècle, au côté de Celsius, un génie de son époque.

Mon avis:

C’est un des romans les plus drôles d’Amélie Nothomb. On retrouve ici son cynisme et son amour pour les dialogues. C’est une vision effrayante des siècles à venir qu’elle nous propose. Le sort du Sud m’a particulièrement interloquée car j’ai l’impression que ça pourrait être possible. En fait, je le trouve vraiment très plausible cet avenir imaginé par Amélie Nothomb. Et c’est effrayant, je puis vous le dire.

Les joutes verbales se succèdent dans ce dialogue interminable. On se régale tout simplement entre l’affrontement de l’Amélie Nothomb de 1995 et du Celsius de 2580.

J’ai donc découvert avec plaisir ce nouveau Nothomb dont on parle assez peu et qui est pourtant excellent.

Bref, voici un roman qui nous fait rire et réfléchir en même temps. Je crois que c’est un des livres les plus philosophiques de l’auteure.

4 sur 5

Auteur: Amélie Nothomb

Titre: Péplum

Édition: Le livre de poche

Genre: Science-fiction, humour

Pages: 154

Amélie Nothomb – Le sabotage amoureux

Quand j’ai vu que Pauline avait également ce livre dans ma PAL, je lui ai tout de suite proposé une lecture commune. Ce qu’elle a accepté de suite !

Mon résumé:

Amélie a 7 ans et vit dans un ghetto d’étrangers à Pékin. Elle nous raconte son quotidien : la guerre contre les petits allemands, les chevaux et les ventilateurs. Et puis un jour vint Elena…

Mon avis:

Disons le tout de suite: c’est un coup de cœur ! Le sabotage amoureux se hisse dans mon top 3 des meilleurs Nothomb. Les récits, en partie, inspirés de sa vie réelle sont pour moi les meilleurs. Son style n’a jamais été aussi beau qu’ici. Et puis l’histoire est fabuleuse aussi. Amélie est une petite fille qui participe à la guerre que se font les enfants du ghetto. J’ai beaucoup apprécié ce petit ghetto incongru en pleine Chine Communiste, sujet dont on parle assez peu en fait. Ca m’a un peu fait penser à la guerre des boutons.

Évidemment, c’est un Nothomb et les récalcitrants ne sauront peut-être pas apprécié tout l’humour qu’il y a dans ce livre court et dynamique, digne d’Amélie.  Pour ma part, il m’a permis un vrai retour en enfance et beaucoup de réflexions sur les sacrifices qu’un enfant peut faire pour se faire aimer.

Le sabotage amoureux ainsi que beaucoup d’autres Nothomb viennent d’être réédités avec une toute nouvelle couverture. C’est l’occasion ou jamais de se les procurer !

Bref, c’est un Nothomb qu’il faut avoir dans sa bibliothèque. Je ne résiste pas à l’envie de vous montrer un extrait :

“Elena est aveugle. Ce cheval est un cheval. Dès qu’il y a libération par la vitesse et le vent, il y a cheval. J’appelle cheval non pas ce qui a quatre jambes et produit du crottin, mais ce qui maudit le sol et m’en éloigne, ce qui me hisse et me force à ne pas tomber, ce qui me piétinerait à mort si je cédais à la tentation de la boue, ce qui me fait danser le cœur et hennir le ventre, ce qui me jette dans une allure si frénétique que je dois plisser les paupières, car la lumière la plus pure n’éblouira jamais autant que la gifle de l’air.

J’appelle cheval cet endroit unique où il est possible de perdre tout ancrage, toute pensée, toute conscience, toute idée du lendemain, pour ne plus être qu’un élan, pour n’être que ce qui déferle.

J’appelle cheval cet accès à l’infini et j’appelle chevauchée ce moment où je rencontre les multitudes de Mongols, de Tartares, de Sarrasins, de Peaux-Rouges ou autres frères de galop qui ont vécu pour être cavaliers, c’est-à-dire pour être.

J’appelle cavalcade l’esprit qui rue des quatre fers, et je sais que mon vélo a quatre fers et qu’il rue et que c’est un cheval.

J’appelle chevalier celui que son cheval a arraché à l’enlisement, celui que son cheval a rendu à la liberté qui siffle aux oreilles.

C’est pourquoi jamais cheval n’a autant mérité le nom de cheval que le mien.”

5 sur 5

Allons maintenant voir ce qu’en a pensé Pauline

Auteur: Amélie Nothomb

Titre: Le sabotage amoureux

Édition: Le Livre de poche

Genre: Littérature générale, aventure

Pages: 124

Vincent Engel – Mon voisin, c’est quelqu’un

Un de mes gros coup de cœur de 2009 était une œuvre de Vincent Engel. Je voulais donc découvrir d’autres titres de lui…

Mon résumé:

Otto a un voisin un peu spécial. Il est blond et habite un château. Peu à peu, il se rend compte que Jorg, son voisin a des idées un peu spéciales. Mais il est déjà trop tard, Otto est rentré dans sa spirale…

Mon avis:

Vincent Engel nous livre ici un roman sur l’extrême-droite. Il veut nous montrer qu’elle est toujours existante et risque de ressortir au grand jour à tout moment. Mais cela n’a pas suffi pour me passionner vraiment.

Otto, le personnage principal, réveillait en moi une certaine tendresse. Il ne lit pas l’actualité et s’occupe tranquillement de son petit magasin d’aquarium. Mais j’avoue que je me suis sentie par la suite très distante de lui qui ne voit rien venir concernant son voisin. Il a perdu au fil du roman toute l’estime que j’avais en ouvrant le livre.

Le thème est intéressant et fait réfléchir. Le style est toujours gracieux, élégant et juste comme je l’avais déjà remarqué dans Oubliez Adam Weinberger. Les mots glissent tous seuls et on déguste chaque jolie phrase qui se présente à nous.

L’histoire est pas mal non plus. Elle est machiavélique et je crois qu’on peut dire que c’est un thriller haletant. Genre que je n’apprécie pas particulièrement mais qui ne m’a du tout dérangé ici; J’ai même aimé toute cette tension qui monte au fil du roman.

Ce qui m’a vraiment gêné était l’ignorance d’Otto qui a fini par m’agacer. Ce ne sera donc pas un coup de cœur cette fois-ci. Mais je retenterai de lire du Vincent Engel, et ce avec plaisir.

3 sur 5

Auteur: Vincent Engel

Titre: Mon voisin, c’est quelqu’un

Edition: Luc pire

Genre: Littérature générale, société

Pages:187

Vincent Engel, premier auteur que je lis pour le Challenge Littérature belge.

Bilan: 1/6