La mariée de Ceylan

La femme porta à ses lèvres une mince enveloppe blanche. Elle hésita un instant, s’interrompant pour écouter les douces notes mélancoliques d’une flûte cinghalaise dans le lointain. Elle réfléchit à sa décision, pesant le pour et le contre comme si elle tournait et retournait un caillou dans sa main, puis scella l’enveloppe et la posa contre un vase de roses rouges presque fanées.

Wouuuuuaw ! Cela faisait longtemps que je n’avais plus eu un si gros coup de coeur pour un ouvrage et honnêtement, ça fait un bien fou !

Laissez-moi vous présenter Gwen, jeune mariée qui va rejoindre son époux à Ceylan (Sri Lanka) où il gère une plantation de thé. Pour cette jeune anglaise, c’est tout un nouveau monde qui s’offre à elle mais rapidement, le tableau idyllique s’effrite. Son mari est de plus en plus distant, sa belle-soeur est envahissante et les problèmes s’accumulent.

La première chose qui m’a fait adorer cet ouvrage est le cadre. J’ai vraiment eu l’impression d’être au Sri Lanka, de prendre un petit thé au gingembre au petit déjeuner sous le regard d’un singe. Ou d’apercevoir un cerf axis pendant une promenade. De sentir la fraîcheur des nuits d’hiver ou d’essayer de comprendre la différence entre les tamouls et les cinghalais. Quand Gwen arrive en 1925, Ceylan est justement un pays en constante évolution et dans quelques années, on commencera à parler de Gandhi.

Rien que pour ça, j’ai envie de dire foncer !

Mais en plus, vous allez être accompagnée de Gwen, qui est franchement un personnage très charismatique et attachant. Je la trouve très terre à terre. Elle essaye de faire au mieux pour ses proches, pour sa famille et elle doit parfois faire des choix douloureux. Bref, on a envie de lui souhaiter que le meilleur mais il lui arrive tellement de choses qu’on est obligé de la soutenir jusqu’au bout du roman.

Et puis plusieurs intrigues se mêlent familiales bien sûr mais également économiques, sociétales. Tout ça nous donne un beau patchwork cohérent qui donne vraiment une bonne vision de la vie de l’époque sur cette île.

Moi, j’ai été complètement envoûtée. Je suis même un peu triste que le voyage soit terminée. J’ai maintenant très envie de lire La séparation de la même autrice qui se passe en Malaisie.

Merci à Milady et Netgalley !

Escale 57/+75 : Sri Lanka

Autrice : Dinah Jefferies

Titre VO : The tea planter’s wife

Commencé le : 04/03/2018

Terminé le 11/03/2018

Edition : Milady

Genre : Historique

Pages : 480

Sorti le : 14/02/2018

Note : 5/5

D’autres avis : Anne Sophie de Mes petits bonheurs, Lectrice lambda, Lady K, Mon jardin littéraire

Pauline Gedge – La Dame du Nil

Connaissez-vous le règne d’Hatchepsout ? Personnellement, je ne m’étais jamais trop intéressée à son parcours. Je me rappelle de mes cours d’histoire égyptienne et je me souviens de l’aversion de mon professeur envers cette usurpatrice. Mais il faut bien avouer qu’une femme pharaon est très rare et j’ai eu envie de découvrir son parcours, de savoir comment elle a pu convaincre l’Egypte qu’elle était l’incarnation d’Amon, même si elle n’était pas un homme.

J’ai beaucoup aimé suivre son enfance et son adolescence dans cette biographie romancée. J’ai trouvé Hatchepsout, vive et lumineuse ! Un tel rayon de soleil ne pouvait qu’éclipser les autres prétendants au trône (il faut dire qu’ils ne semblaient pas très charismatiques). J’ai malheureusement moins apprécié la pharaonne. Plus froide, elle se prend très rapidement pour une déesse, une élue et en devient inaccessible et pas franchement sympathique. Mais ça en reste une femme de caractère qui sait ce qu’elle veut et qui arrive à mobiliser les foules.

Le style de Pauline Gedge est tout à fait adéquat : fluide, avec des descriptions mais pas trop, on avance à bon rythme dans ce récit. J’ai aimé aussi suivre les aventures d’Hatchepsout à travers Senmout, le jeune architecte qui tape dans l’oeil d’Hatchepsout.

Bref, voilà un très bon roman historique si vous voulez en apprendre sur Hatchepsout.

Auteur : Pauline Gedge

Titre : La Dame du Nil

Edition : Le livre de poche

Genre : Historique

Pages : 597

D’autres avis : Mandorla

Eleanor Catton – Les luminaires

Mon regard s’est posé sur ce livre lorsque j’ai vu qu’il avait gagné le Man Booker Price, un prix que j’aime beaucoup et qui récompense les oeuvres anglo-saxonnes. Et puis il y a eu le résumé : Le XIXème siècle en Nouvelle-Zélande, la soif de l’or des Européens qui viennent y échouer. Alléchant, n’est-ce pas ? Mais ce qu’on voit également au premier abord est la taille de ce pavé : 1248 pages en poche !

J’ai de suite été charmée par cette histoire. L’écriture n’est pas sans rappeler celle du XIXème avec moult détails et un rythme assez lent. Mais cela permet justement une plongée dans ce monde impitoyable de la ruée vers l’or. Walter Moody vient fraîchement de débarquer à Hokitika. Il est jeune et ne sait comment trop se positionner. En plus de ça, la population locale est à cran. Il y a une disparition récemment et d’autres mystères arrivent au fil des jours.

Alors si vous avez le temps pour passer des centaines de pages dans un fumoir aux côtés de Walter pour essayer de découvrir ce qui se cache derrière tout ça, je vous invite à le découvrir chaleureusement pour vos longues soirées d’hiver.

Escale 53/+75 : Hokitika, Nouvelle Zélande

Auteur : Eleanor Catton

Titre : Les luminaires

Edition : Folio

Genre : Historique

Pages : 1248

D’autres avis : Chess

Brigitte Giraud – Un loup pour l’homme

Vous savez comme j’aime découvrir l’Histoire avec un grand H à travers les petites histoires individuelles. Et c’est exactement ce que nous propose Brigitte Giraud avec ce roman.

On accompagne un jeune couple dans cette aventure. Il y a Antoine, jeune homme sensible et plutôt gringalet qui va être appelé en Algérie en 1960 en tant qu’infirmier dans un hôpital militaire. Et Lila, têtue et fort débrouillarde, qui vient d’apprendre sa grossesse. Ils ont deux caractères différents mais un amour infini les habite. Je les ai trouvé très touchants et surtout très justes. Leur pudeur à ne pas dévoiler leurs émotions effroyables m’a touchée.

Outre l’aspect émotionnel, j’ai aimé découvrir l’Algérie à travers les yeux de ces personnages.  A travers ces scènes du quotidien, on ressent tout l’amour de l’autrice pour son pays natal.
L’écriture est belle, tendre, tellement adaptée à ce récit qui, bien qu’il évoque des horreurs, est rempli de douceur et d’une certaine joie de vivre.

J’ai reçu ce livre dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire. Et assez tardivement  ! Du coup, je craignais de ne pas rendre ma chronique à temps. Et finalement que de facilité que ce soit dans la lecture  (en 2 jours) ou dans l’écriture de cet article.

Ce n’est peut être pas le roman le plus extraordinaire de cette rentrée littéraire mais c’est définitivement un petit bijou.

Découvrez les autres chroniques d’Un loup pour l’homme ou sur les autres livres des matchs de la rentrée littéraire de Priceminister grâce au hashtag #MRL17

Escale : 51/+75 : Sidi Bel Abbès, Algérie

Auteur : Brigitte Giraud

Titre : Un loup pour l’homme

Edition : Flammarion

Genre : Historique

Pages : 245

D’autres avis : Le blog de Mimi, Alex Mot-à-mots

Julie Klassen – Le secret de Pembrooke Park

688 pages de romance… Cela paraît beaucoup non ? Mais les avis étaient tellement enthousiastes que je me suis laissée convaincre. Et j’ai bien fait car c’est un véritable coup de coeur !

Tout commence lorsque Abigaïl et son père entendent parler de Pembrooke Park, un domaine à l’abandon depuis une vingtaine d’année. Les propriétaires proposant de louer ce bien à prix modique à la famille d’Abigaïl qui est dans une situation financière difficile est une vraie aubaine. C’est finalement seule qu’Abigaïl investit les lieux et les prépare à la venue de son père d’abord, et de sa mère et de sa soeur restées à Londres pour la Saison ensuite. Abigail est vraiment un personnage adorable. Elle fait tout pour faire plaisir à sa famille et à ses amis. C’est une jeune femme réfléchie, indépendante et très courageuse. On est très loin de la jeune fille mièvre qu’on trouve souvent dans les romances.

Ah oui, la romance ! Et bien rassurez-vous, elle est loin de prendre toute la place même si Abigail finira par avoir 3 prétendants ! C’est qu’il y a plein de choses à faire pour Abigail : aider à l’aménagement de la maison, se faire accepter par les locaux, résoudre les mystères de ce magnifique manoir. En fait, ce roman me fait penser à la fois à Jane Austen et aux romans gothiques car on y retrouve pas mal de parallèles : critique de la société, atmosphère inquiétante dans le manoir, etc.

Franchement, je n’ai pas du tout vu les pages défiler et j’ai pris énormément plaisir à suivre les aventures d’Abigail. Il faut dire qu’elle est bien entourée ! La famille Chapman a vraiment ma préférence. Il y a le padre, un peu bourru sur les bords mais on comprendra ensuite pourquoi, La mère, toute gentille et aimante, Lea, leur fille, une jeune femme effacée qui va peu à peu s’épanouir aux côtés d’Abigail, William le fils qui est vicaire et qui fait de superbes sermons ! Et il y a aussi les deux plus jeunes enfants, moins développés mais attachants tout de même.

Ce qui est aussi agréable dans ce récit, c’est qu’on n’est pas dans les bals et les froufrous comme souvent dans les romances historiques. Non, on est à la campagne avec toute sa simplicité et son charme !

Bref, au final, avouons-le, le futur amoureux d’Abigail  est intéressant mais il faut surtout lire ce livre pour savoir quel est le secret de Pembrooke Park et il vaut le coût, je vous le promets !

Auteur : Julie Klassen

Titre : Le secret de Pembrooke Park

Edition : Milady Romantique

Genre : Romance historique

Pages : 688

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