L’amant de Patagonie

Je n’avais jamais entendu parler de cet ouvrage et je l’avais simplement acheté lors d’une escapade en librairie où j’avais profité d’une offre des éditions Livre de Poche : 2 + 1 gratuit.

J’ai bien aimé la couverture énigmatique qui laissait présager d’une jolie aventure historique.

Au moment où j’ai décidé de le lire, je n’ai pas relu le résumé. Grand bien m’en fasse car je trouve qu’il révèle déjà trop de chose à mon goût comme l’identité de l’amant et ce qu’il arrive après.

J’ai donc simplement suivie Emily dans son périple. Cette jeune fille dont la mère est morte en lui donnant naissance n’a pas eu une enfance facile. Elle permet son père au début de son adolescence et se retrouve adoptée par une famille de pasteur. Dans cette maison, de nombreux pasteurs et missionnaires racontent leurs aventures au bout du monde, ce qui fait énormément fantasmer Emily. Alors quand un beau jour, on demande à son père adoptif s’il ne connaîtrait pas une jeune fille qui pourrait seconder sa femme qui vient de donner naissance à son cinquième enfant et partir en Argentine, à ce qui deviendra bientôt Ushuaïa, elle n’hésite pas une seconde.

Ce récit m’a beaucoup fait penser à Mille femmes blanches. On est de la même manière catapulté dans une autre civilisation avec d’autres mœurs, d’autres traditions, d’autres corps. Mais ce qui m’a vraiment le plus plu dans ce roman est le fait qu’Emily n’a pas une vision idyllique des Indiens et de l’Argentine. Elle a même une vraie vision d’horreur lorsqu’elle voit pour la première fois les visages de cette population si différents de ceux qu’elle connait depuis toujours.

Emily peut vraiment être fataliste par moment et reste une femme écossaise dans ses discours et dans ses pensées jusqu’au bout. Elle ne fait pas un trait sur son passé ou sur tout ce qu’elle a appris juste parce qu’elle tombe amoureuse et c’est vraiment une force pour moi.

Je n’ai rien à dire au style de l’autrice. C’est haletant et j’ai dévoré ce livre en quelques heures seulement alors que j’étais à l’hôpital pour un examen de routine. Ce livre m’a évadée, secouée, émue.

Bref, c’est une jolie pépite que je vous conseille et je serai vraiment ravie d’en discuter avec vous !

La prisonnière de la mer

5 mai 1809, cinq mille soldats de l’armée napoléonienne sont déposés sur la petite île déserte de Cabréra, en Méditerranée. Les accompagnent vingt et une femmes, dont une jeune cantinière de dix-huit ans qui vient juste de perdre son mari. Sur tous les visages, la même question : les a-t-on abandonnés à leur propre sort sur ce rocher aride ? Pour survivre, un maigre filet d’eau douce, une poignée de fèves délivrées en ration insuffisante, quelques branchages pour construire des abris précaires. Les hommes sont désespérés et les femmes seules victimes de leur avidité. Héloïse n’a pas d’autre choix que de trouver protection auprès d’un officier. Mais, lors d’un nouvel arrivage de prisonniers, elle croise les yeux de Louis. Les mois passent, le ciel et la mer en colère s’acharnent, les squelettes tapissent le sol de l’île. Partagée entre la raison et la passion, Héloïse survivra-t-elle ?

Je connais assez peu les éditions Mazarine mais quand j’ai aperçu ce roman historique sur Netgalley, je n’ai pas résisté longtemps !

On suit donc l’épopée d’Héloïse, une toute jeune femme prisonnière d’une petite île espagnole qui veille sur les blessés de guerre. Ce qu’elle vit est éprouvant : ils ont très peu à manger, à boire et les morts s’amoncellent. Et elles ne sont que quelques femmes pour des milliers d’hommes sur cette île, ce qui attire la convoitise.

Je me suis rapidement attachée à cette jeune femme volontaire et débrouillarde qui se trouve au mauvais endroit au mauvais moment.

Je connaissais très peu cette époque napoléonienne et grâce à ce roman, j’ai pu en découvrir plus sur les prisonniers de guerre.

L’intrigue est haletante et très intéressante. Je ne me suis pas ennuyée une seconde et j’avais vraiment hâte de savoir comment tout cela allait terminer.

Un très beau roman historique au final, avec beaucoup d’aventure et une belle romance.


  • Autrice : Elisa Sebbel
  • Commencé le : 25/02/2019
  • Terminé le : 27/02/2019
  • Edition : Mazarine
  • Genre : Historique
  • Pages : 304
  • Sorti le : 30/01/2019
  • Note : 4/5

Filles de la mer


Il est parfois plus difficile de respirer en dehors de l’eau que dans les profondeurs des vastes océans…

Sur l’île de Jeju, au sud de la Corée, Hana et sa petite soeur Emi appartiennent à la communauté haenyeo, au sein de laquelle ce sont les femmes qui font vivre leur famille en pêchant en apnée.

Un jour, alors qu’Hana est en mer, elle aperçoit un soldat japonais sur la plage qui se dirige vers Emi. Aux deux filles on a maintes fois répété de ne jamais se retrouver seules avec un soldat. Craignant pour sa soeur, Hana rejoint le rivage aussi vite qu’elle le peut et se laisse enlever à sa place. Elle devient alors, comme des milliers d’autres Coréennes, une femme de réconfort en Mandchourie.

Ainsi commence l’histoire de deux soeurs violemment séparées. Alternant entre le récit d’Hana en 1943 et celui d’Emi en 2011, Filles de la mer se lit au rythme des vagues et dévoile un pan sombre et bouleversant de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale en Asie. Au fil du récit, par la grâce de leurs liens indéfectibles, les deux héroïnes nous ramènent vers la lumière, ou l’espoir triomphe des horreurs de la guerre.

Waow, voici un roman qui restera parmi mes grands coups de coeur de cette année ! J’ai tout aimé dans ce livre.

Déjà l’ambiance et le décor avec ces femmes haenyeo qui partent pêcher au péril de leur vie et qui dirigent la société.

Et puis le cruel destin des deux soeurs Hana et Emi. Hana devient femme de réconfort pour les soldats japonais, Emi se sent coupable de ne pas avoir agi et doit mener sa vie avec son lourd secret. Si Hana vit de plein fouet les dommages de la guerre, c’est l’après-guerre qui va détruire la vie d’Emi.

J’ai adoré ce récit alterné entre les deux soeurs. On vit au jour le jour le quotidien d’Hana et on vit avec Emi, des décennies plus tard sa quête de vérité.

C’est un roman à la fois bouleversant et poétique. Je me suis énormément attachée à ces deux femmes fortes. Le style n’est pourtant pas lyrique, on est vraiment aux côtés des deux soeurs et cette proximité m’a beaucoup plu.

C’est une jolie manière de parler d’un sujet resté très longtemps tabou en Asie et surtout en Corée.

Je vous le conseille vraiment très vivement !


61/+75 : Jeju, Corée

  • Autrice : Mary Lynn Bracht
  • Commencé le : 31/10/2018
  • Terminé le : 31/10/2018
  • Edition : Robert Laffont
  • Genre : Historique
  • Pages : 432
  • Sorti le : 01/02/2018
  • Note : 5/5

La mariée de Ceylan

La femme porta à ses lèvres une mince enveloppe blanche. Elle hésita un instant, s’interrompant pour écouter les douces notes mélancoliques d’une flûte cinghalaise dans le lointain. Elle réfléchit à sa décision, pesant le pour et le contre comme si elle tournait et retournait un caillou dans sa main, puis scella l’enveloppe et la posa contre un vase de roses rouges presque fanées.

Wouuuuuaw ! Cela faisait longtemps que je n’avais plus eu un si gros coup de coeur pour un ouvrage et honnêtement, ça fait un bien fou !

Laissez-moi vous présenter Gwen, jeune mariée qui va rejoindre son époux à Ceylan (Sri Lanka) où il gère une plantation de thé. Pour cette jeune anglaise, c’est tout un nouveau monde qui s’offre à elle mais rapidement, le tableau idyllique s’effrite. Son mari est de plus en plus distant, sa belle-soeur est envahissante et les problèmes s’accumulent.

La première chose qui m’a fait adorer cet ouvrage est le cadre. J’ai vraiment eu l’impression d’être au Sri Lanka, de prendre un petit thé au gingembre au petit déjeuner sous le regard d’un singe. Ou d’apercevoir un cerf axis pendant une promenade. De sentir la fraîcheur des nuits d’hiver ou d’essayer de comprendre la différence entre les tamouls et les cinghalais. Quand Gwen arrive en 1925, Ceylan est justement un pays en constante évolution et dans quelques années, on commencera à parler de Gandhi.

Rien que pour ça, j’ai envie de dire foncer !

Mais en plus, vous allez être accompagnée de Gwen, qui est franchement un personnage très charismatique et attachant. Je la trouve très terre à terre. Elle essaye de faire au mieux pour ses proches, pour sa famille et elle doit parfois faire des choix douloureux. Bref, on a envie de lui souhaiter que le meilleur mais il lui arrive tellement de choses qu’on est obligé de la soutenir jusqu’au bout du roman.

Et puis plusieurs intrigues se mêlent familiales bien sûr mais également économiques, sociétales. Tout ça nous donne un beau patchwork cohérent qui donne vraiment une bonne vision de la vie de l’époque sur cette île.

Moi, j’ai été complètement envoûtée. Je suis même un peu triste que le voyage soit terminée. J’ai maintenant très envie de lire La séparation de la même autrice qui se passe en Malaisie.

Merci à Milady et Netgalley !

Escale 57/+75 : Sri Lanka

Autrice : Dinah Jefferies

Titre VO : The tea planter’s wife

Commencé le : 04/03/2018

Terminé le 11/03/2018

Edition : Milady

Genre : Historique

Pages : 480

Sorti le : 14/02/2018

Note : 5/5

D’autres avis : Anne Sophie de Mes petits bonheurs, Lectrice lambda, Lady K, Mon jardin littéraire

Pauline Gedge – La Dame du Nil

Connaissez-vous le règne d’Hatchepsout ? Personnellement, je ne m’étais jamais trop intéressée à son parcours. Je me rappelle de mes cours d’histoire égyptienne et je me souviens de l’aversion de mon professeur envers cette usurpatrice. Mais il faut bien avouer qu’une femme pharaon est très rare et j’ai eu envie de découvrir son parcours, de savoir comment elle a pu convaincre l’Egypte qu’elle était l’incarnation d’Amon, même si elle n’était pas un homme.

J’ai beaucoup aimé suivre son enfance et son adolescence dans cette biographie romancée. J’ai trouvé Hatchepsout, vive et lumineuse ! Un tel rayon de soleil ne pouvait qu’éclipser les autres prétendants au trône (il faut dire qu’ils ne semblaient pas très charismatiques). J’ai malheureusement moins apprécié la pharaonne. Plus froide, elle se prend très rapidement pour une déesse, une élue et en devient inaccessible et pas franchement sympathique. Mais ça en reste une femme de caractère qui sait ce qu’elle veut et qui arrive à mobiliser les foules.

Le style de Pauline Gedge est tout à fait adéquat : fluide, avec des descriptions mais pas trop, on avance à bon rythme dans ce récit. J’ai aimé aussi suivre les aventures d’Hatchepsout à travers Senmout, le jeune architecte qui tape dans l’oeil d’Hatchepsout.

Bref, voilà un très bon roman historique si vous voulez en apprendre sur Hatchepsout.

Auteur : Pauline Gedge

Titre : La Dame du Nil

Edition : Le livre de poche

Genre : Historique

Pages : 597

D’autres avis : Mandorla