Amélie Nothomb – Riquet à la houppe

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Je viens à peine de terminer Riquet à la houppe, le dernier né d’Amélie Nothomb. Le Nothomb, c’est vraiment le marronnier de la rentrée littéraire. On peut être sûr de le trouver sur les étalages tous les ans ! Alors, est-ce un bon cru ?

J’avoue qu’il m’a au départ désarçonnée. Il faut dire qu’il commence par évoquer un accouchement alors moi qui suis à quelques heures ou quelques jours de ce moment, je n’étais pas sûre de pouvoir apprécié cet ouvrage dans ces conditions. Mais cet épisode est assez bref. On suit ensuite la petite enfance de Deodat, un bébé hideux mais doué d’une grande intelligence. Ce début m’a fortement fait penser à Métaphysique des tubes, un peu trop d’ailleurs, je craignais presque le copier-collé. Mais finalement, on s’en éloigne en découvrant la jeune Trémière à la beauté envoûtante.

Avec Riquet à la houppe, Amélie Nothomb reste dans ces thèmes de prédilection de ces dernières années à savoir la réécriture de conte (ici un  conte éponyme de Charles Perrault que je n’ai pas encore lu) et l’exaltation de la beauté et/ou de la laideur. Ce fut comme souvent une lecture courte et agréable bien que l’intrigue ne soit pas fort originale et je dirais même, un peu téléphonée.

Les personnages sont évidemment fort Nothombiens avec des réactions et des attitudes désarçonnantes mais rien de très choquant pour ceux qui lisent Nothomb depuis longtemps;

Le style d’Amélie ne m’a pas particulièrement ébloui dans cet ouvrage même si on reconnait évidemment sa patte.

Bref, c’est pour moi un Nothomb assez classique mais qui remplit bien son rôle ! Il ne fait pas partie de mon top car il y a un peu trop de thèmes ou d’événements déjà vus pour moi mais j’ai tout de même hâte de voir ce qu’elle nous réservera l’année prochaine.

Auteur : Amélie Nothomb

Titre : Riquet à la houppe

Edition : Albin Michel

Genre : Contemporain, Conte

Pages : 198

D’autres avis : Pauline

Delphine de Vigan – Rien ne s’oppose à la nuit

rien ne s'oppose à la nuit

Rien ne s’oppose à la nuit raconte l’histoire de Lucille, la mère de Delphine de Vigan. L’auteure tente d’écrire la biographie de sa mère avec justesse mais elle n’hésite pas également à nous parler de ses réflexions, de ce qui la pousse à vouloir nous raconter son histoire.

C’est grâce à ce livre que je découvre la plume de cette écrivaine et je suis vraiment sous le charme. J’ai été très rapidement envoûtée par la vie peu banale de Lucile. Delphine de Vigan arrive vraiment à retranscrire le charme et également le caractère changeant de sa mère.

J’ai trouvé ce récit très sincère, l’auteure ne cherchant pas à nous présenter sa mère sous un meilleur ou plus mauvais jour que ce qu’elle n’était réellement. Cela n’a pas dû être facile vu l’enfance de l’auteure et ses sentiments ambivalents envers celle qui lui a donné la vie.

Lucille n’a pas eu une vie très palpitante mais on ne peut nier la singularité de son destin. Du début à la fin, j’étais vraiment fascinée par cette femme me demandant bien ce qui allait lui arriver malgré que l’on sache l’épilogue depuis le début.

Bref, c’est vraiment une histoire qui m’a marquée et  je ne peux que vous le recommandez chaudement si vous vous intéressez aux secrets de famille ou à la relation mère-fille.

Pour ma part, je vais lire « D’après une histoire vraie » qui peut être considéré comme la suite mais je compte bien également découvrir les autres écrits de Delphine de Vigan car j’ai beaucoup apprécié sa plume.

Auteur : Delphine de Vigan

Titre : Rien ne s’oppose à la nuit

Edition : Le livre de poche

Genre : Biographie

Pages : 408

D’autres avis : Pauline, Hajar, Aniouchka, Hylyirio

David Safier – Maudit karma

Maudit-Karma

Oulah, voilà une éternité que je n’ai rien publié ici. Je vous rassure, je vais très bien. J’ai juste une vie bien chamboulée depuis quelques mois.

Je reviens aujourd’hui sur Maudit karma de David Safier, un livre bien drôle sur la réincarnation.

Dans ce livre, on suit donc Kim Lange, une animatrice de talk show qui est une vraie garce au début du livre. Elle fait passer sa carrière avant sa fille et ne pense qu’à tromper son mari juste pour pimenter son quotidien. Bref, on la déteste et on se demande comment on va faire pour la supporter pendant tout le roman !

Après une mort tout à fait ridicule, Kim est réincarnée en fourmi et va rencontrer Casanova qui malgré des tas de réincarnations n’arrive pas à amasser du bon karma afin de se réincarner en « créature plus élaborée ». Pour Kim, cette série de réincarnation va permettre une grande remise en question de ses objectifs dans la vie. J’ai aimé voir son évolution et m’attacher à elle petit à petit. Finalement, elle voit chaque réincarnation comme un pas pour retrouver ceux qu’elle aime.

Les remarques acerbes de Kim et le romantisme à deux balles de Casanova donnent une bonne touche d’humour à ce livre que je qualifierai de « feel good ». Vous pouvez donc le lire dès que la déprime s’installe !

Le style, bien qu’il ne m’aie pas impressionné reste agréable et efficace. Il ne gêne pas la lecture et permet au contraire de la fluidifier.

Bref, « Maudit karma » fut un très bon moment de détente pour moi. Je vous le conseille !

Auteur : David Safier

Titre : Maudit karma

Edition : Pocket

Genre : Humoristique

Pages : 343

D’autres avis : Galleane, Frankie, Ethernya, Thalia, Cajou, Jess

Jón Kalman Stefansson – D’ailleurs les poissons n’ont pas de pieds

d'ailleurs les poissons n'ont pas de pieds

Carnet de voyage

Il y a quelques semaines, je me suis envolée pour l’Islande. Mais avant d’arriver à l’aéroport de Keflavik, j’ai rencontré Ari qui m’a raconté l’histoire de sa famille sur plusieurs générations. La vie de son grand-père d’abord puis son enfance à côté de la base américaine de Keflavik et enfin sa vie actuelle. Ari revenait sur son pays natal après 2 ans passés au Danemark.

J’ai adoré découvrir les paysages islandais à travers les yeux de Ari et de sa famille. La terre noire se mélange à la glace. Et dans cet univers si inhospitalier, il y a une âme qui vit, l’âme des islandais. Même si c’est un peuple qui peut paraître très froid au premier abord, en les écoutant un peu, on se rend compte qu’ils sont tous un peu poètes. Leur caractère fermé n’est juste qu’une retenue, qu’une sorte de bouclier face aux événements (climatiques ou non) qui se déchaînent sur ce peuple.

Même si l’histoire que m’a conté Ari peut sembler lugubre, tellement le sort semble s’acharner sur sa famille que le bonheur ne semble pas atteindre, j’ai adoré l’écouter me parler de toutes leurs aventures. Il m’a parlé de thèmes divers comme la condition de la femme à travers sa grand-mère Margret ou l’occupation américaine pendant les années 80 ou la vie de pêcheurs au début du siècle dernier. En peu de mots, on peut découvrir les multiples aspects de cette île mystérieuse.

J’ai été tout de même déboussolé par les consonances de la langue islandaise. Il y a plusieurs caractères qui m’étaient inconnu et en voyant certains prénoms, je ne savais pas vraiment comment les prononcer. Mais une petite recherche Google et hop, tout rentre en ordre.

J’ai été happée par ce pays et je ne crois pas m’en être sorti indemne. Même si, comme vous l’avez deviné, ce voyage ne fut que littéraire, il m’a profondément marquée et m’a donné envie de partir, pour de vrai cette fois, en Islande, juste pour toucher du bout du doigt ce pays aux contrastes saisissants.

D’ailleurs les poissons n’ont pas de pieds de Jón Kalman Stefansson a été lu dans le cadre des Matchs littéraires de Price Minister #MRL15.

mois scandinave

Challenge des globe-readers

Escale 44/+75 : Keflavik, Islande

Auteur :  Jón Kalman Stefansson

Titre : D’ailleurs les poissons n’ont pas de pieds

Edition : Gallimard

Genre : Contemporain

Pages : 442

D’autres avis : jeromeDOMMSKurelina

Aravind Adiga – Le dernier homme de la tour

Le dernier homme de la tour

Allez, je renoue enfin avec Aravind Adiga, l’auteur du génialissime tigre blanc. Dans cette histoire, on va suivre les habitants d’un vieil immeuble huppé, qu’un promoteur vient d’acquérir afin de construire un nouveau building. Il doit donc racheter tous les appartements avant de procéder à la démolition. Mais tout ne va pas se passer si facilement…

Grâce à une kyrielle de personnages, Aravind Adiga arrive encore à nous montrer toute la société indienne, et particulièrement les Mumbaikar (habitants de l’actuelle Bombay). En peu de pages, on a vraiment l’impression d’avoir un portrait détaillé de cette ville et de la manière dont ses habitants interagissent entre eux. Bon évidemment, si on préfère les romans bien rythmés, on risque de s’ennuyer avec le dernier homme de la tour.

Car du côté de l’intrigue, on ne peut pas dire qu’Adiga innove. Ce que je vous ai raconté en 3 phrases ci-dessus peut totalement résumer le roman. Il n’y a pas vraiment de surprise. On sent quasiment dès le départ comment tout cela va se terminer. Mais ce n’est pas la destination qui compte mais bien le voyage à travers toutes les vies esquissées dans ce roman, de ce vieux professeur, de cette famille communiste ou de celle dont un enfant est un retardé mental ou encore de la femme de ménage qui vit dans un bidonville et qui risque à tout moment d’être expulsé. Tant de destins qui doivent vivre ensemble…

Le style d’Aravind Adiga est toujours aussi intéressant. Néanmoins, j’avoue l’avoir trouvé moins « mordant » que dans ses écrits précédents. Il a un peu perdu de son côté cynique. Dommage, j’espère que cette absence n’était que passagère et qu’il nous reviendra vite avec un ouvrage aussi flamboyant que son premier roman !

Petit point sur l’édition de Buchet Chastel : j’ai regretté que les notes ont été relégués en fin de volume. C’était vraiment fastidieux de devoir aller fréquemment découvrir les définitions en fin d’ouvrage. En bas de page, cela aurait été bien plus aisé, surtout que les notes sont toujours très courtes (2 phrases maximum) !

Bref, Le dernier homme de la tour est un joli portrait de Mumbai mais il est loin d’égaler Le tigre blanc !

Challenge des globe-readers

Escale 46/+75 : Mumbai, Inde

Auteur : Aravind Adiga

Titre : Le dernier homme de la tour

Edition : Buchet Chastel

Genre : Contemporain

Pages : 585

D’autres avis : Romain Dezwarte, L’ivre de lire, Chalipette, Lounima