L’orage au ventre

Dans L’orage au ventre, on rencontre Diane, une jeune mère de famille qui ne s’entend absolument pas avec son beau-père, Serge. Cette haine la ronge au plus profond d’elle. mais Antoine, son compagnon ne voit pas du tout ce que Diane pourrait reprocher à son père. Et puis il y a Vital, leur enfant, totalement en fusion avec Diane, ce qui ne plaît pas du tout à Serge.

J’ai trouvé ce court roman très bien écrit. C’est en une heure seulement que j’ai pu le dévorer, tellement il était fluide et addictif.

Pourtant, à la base, il n’y a rien de foncièrement original dans l’intrigue mais il est tout bonnement impossible de ne pas rester scotchée face à la consumation de Diane. On ressent fortement ses émotions. Jusqu’où est-elle prête à aller ? Que va-t-elle faire ? Sans même avoir le temps de dire ouf, on se retrouve à la fin, presque pris d’un vertige devant tant d’émois.

J’ai aussi aimé découvrir sa relation avec son fils, cette fusion qu’on lui reproche. Et on découvre aussi le point de vue de Serge, ce qui permet d’avoir vraiment une vue d’ensemble de ce qui se déroule dans cette famille.

En revanche, j’aurais aimé davantage de remise en question par la suite, que l’on passe au delà de la colère . Mais ce n’est pas le sujet du roman.

Que dire de plus ? La couverture est splendide et le titre est parfaitement adapté à cette histoire.

Bref, une belle découverte au final !

Merci à Chrystèle Corbery et Simplement pour cet ebook.

Autrice : Chrystèle Corbery

Commencé le : 13/03/2018

Terminé le : 13/03/2018

Edition : Numeriklivres

Genre : Contemporain

Pages : 195

Sorti le : 23/02/2016

Note : 3/5

Maria

Dans le coeur de Maria, il y a d’abord un garçon, Marcus, trois ans. La grand-mère et le petit fils adoré partagent le goût des oiseaux et partent souvent ensemble à la chasse aux plumes. L’arrivée du deuxième petit-enfant va sonner le glas d’un bonheur banal, entre les bacs du salon de coiffure où Maria travaille et la résidence modeste où elle vit avec un homme qu’elle ne regarde plus vraiment. Cette naissance cristallise les tensions familiales. L’éducation de Marcus faisait déjà grincer les dents : il joue avec des jeux de fille comme de garçon, porte des robes, décide de changer son prénom en « Pomme »… Cette fois un cap est franchi. La fille de Maria et son compagnon sont inflexibles : nul ne connaîtra le sexe du nouveau-né. « C’est un bébé » annonce-t-on laconiquement à Maria. Ni fille, ni garçon, ni « il », ni « elle », Noun sera l’un des premiers humains délivré des diktats de genre. Le choc est terrible. Comment aimer quand on ne peut nommer ? Abasourdie, abandonnée de tous, Maria se débat auprès de l’enfant interdit pour trouver sa place et ses mots. Rejetée, perdue, elle perd son emploi, s’isole. Reste l’éblouissement de sa tendresse pour Marcus, restent les oiseaux qui les réunissent. Modestement, à la seule force de son amour, Maria va tenter de se reconstruire et de retisser les liens perdus.

J’étais intriguée de découvrir cette histoire, non pas pour en savoir plus sur Maria mais bien sûr le choix de sa fille et de son compagnon de ne pas dévoiler le sexe de leur second enfant, même après la naissance.

Au final, je suis un peu déçue par ce roman mais je ne peux m’en vouloir qu’à moi-même. Comme le laisse supposer le titre et la quatrième de couverture, le centre de ce récit reste Maria, ses doutes, ses craintes, son amour pour ses petits enfants. C’est une femme tendre mais qui m’a souvent agacée de ne pas partager les sentiments de sa fille. En fait, pour le coup, je suis vraiment plus proche de sa fille qu’elle. Du coup, quand elle la critique dans sa tête, j’avais un peu l’impression que c’était mes propres choix éducatifs qu’elle critiquait.

Bref, je n’ai pas su assez m’attacher à Maria, qui est pourtant un personnage, intéressant et complexe.

La plume d’Angélique Villeneuve que je découvre ici, est tendre et poétique. C’est un grand plaisir de lecture que j’ai éprouvé malgré une intrigue que je trouve un peu faible.

Bref, ce ne sera pas un roman qui restera gravé dans ma mémoire même si on ressent beaucoup d’amour dans ce texte.

Autrice : Angélique Villeneuve

Commencé le : 20/02/2018

Terminé le : 20/02/2018

Edition : Grasset

Genre : Contemporain

Pages : 180

Sorti le : 07/02/2018

Note : 2/5

John Irving – Le monde selon Garp

La mère de Garp, Jenny Fields, fut arrêtée en 1942 à Boston, pour avoir blessé un homme dans un cinéma. Cela se passait peu de temps après le bombardement de Pearl Harbor par les Japonais, et les gens manifestaient une grande tolérance envers les militaires, parce que, brusquement, tout le monde était militaire, mais Jenny Fields, pour sa part, restait inébranlable dans l’intolérance que lui inspirait la conduite des hommes en général et des militaires en particulier. Dans le cinéma, elle avait dû changer trois fois de place, mais le soldat s’étant chaque fois rapproché un peu plus, elle avait fini par se retrouver le dos contre le mur moisi, avec, entre elle et l’écran, un stupide pilier qui lui bouchait pratiquement toute la vue ; aussi, avait-elle pris la décision de ne plus bouger. Le soldat, quant à lui, se déplaça une nouvelle fois et vint s’asseoir près d’elle.

Ben honnêtement, ce livre est une grosse dépression ! J’avais entendu beaucoup d’éloges sur John Irving, je m’attendais à un livre sensationnel. Le début partait pourtant bien. Je trouvais, Jenny, la mère de Garp, très singulière et elle m’intriguait énormément mais ce ne fut pas du tout le cas de Garp que j’ai trouvé antipathique dès le début. Et je n’ai pas du tout su m’attacher à lui alors comprenez-bien que je n’ai pas été enthousiaste de passer plus de 600 pages à ses côtés.

C’est un roman qui raconte la vie quotidienne mais aussi beaucoup de moments noirs, glauques. Il y a beaucoup de violence ou de sexe crapuleux dans ce livre et j’ai vraiment détesté cet aspect. Je n’ai pas apprécié non plus que l’intérêt de Garp pour l’écriture ne lui vient que pour plaire à une fille.

Ce n’est pas mal écrit, au contraire ! Mais je trouve le roman très bavard, beaucoup de choses inutiles sont racontées selon moi.

Bref, je vous avoue que je suis très contente que ce soit terminé et je ne pense pas relire John Irving de sitôt !

Auteur : John Irving

Titre : Le monde selon Garp

Edition : Points

Genre : Contemporain

Pages : 680

D’autres avis : Hajar, Petit Pingouin Vert, Abracadabooks

Michael Uras – La maison à droite de celle de ma grand-mère

La maison à droite de celle de ma grand-mère est rouge, celle de gauche est bleue. Celle qui se trouve en face de la porte d’entrée est jaune. La nôtre est verte. Traverser la rue, c’est passer par toutes les nuances du spectre. Une plongée dans l’arc-en-ciel. Rien n’est plus coloré que notre espace vital, rien ne semble plus joyeux que notre village. Sauf que les gens ont les cheveux mal coiffés, les dents mal plantées et les habits usés.

Giacomo retourne dans son village natal en Sardaigne car sa grand-mère est mourante. Il a une relation d’amour/haine envers son île. Quand il n’y est pas, elle lui manque et quand il y vit, il s’ennuie à mourir. Mais cette fois-ci, il n’aura pas le temps de flâner ! Son éditeur lui a demandé une traduction d’une version inédite de Moby Dick. Et puis il y a tout une galerie de personnages qui gravite autour de Giacomo. La pétillante Nonna, sa mère qui fait des mélodrames, son père si taiseux, son meilleur ami pas gâté par la vie et le Capitaine, un ancien militaire.

J’ai particulièrement aimé cette chronique familiale. Les personnages sont touchants. Et puis quel décor : la Sardaigne, les maisons colorées, la mer émeraude. On a envie de prendre un billet d’avion tout de suite !

J’ai aussi apprécié la passion de Giacomo pour la lecture et son métier de traducteur. J’ai noté quelques titres d’ailleurs ! Même si son histoire peut paraître banal, j’ai trouvé Giacomo très touchant même si c’est un solitaire. Il a aussi tendance à heurter ses proches sans le faire exprès, parce qu’il est un peu à l’ouest. Il me rappelle moi en quelque sorte !

Le style de Michael Uras est agréable. On a vraiment l’impression de lire les anecdotes de Giacomo. Même si l’intrigue peut souffrir d’une certaine lenteur, je trouve que le voyage en vaut largement la peine : il faut se laisser flotter !

Bref, La maison à droite de celle de ma grand-mère pourrait parfaitement faire une bonne lecture d’été, surtout avec sa jolie couverture colorée !

Escale 55/+75 : Sardaigne, Italie

Sortie prévue le 28 février 2018.

Auteur : Michael Uras

Titre : La maison à droite de celle de ma grand-mère

Edition : Préludes

Genre : Contemporain

Pages : 317

D’autres avis : Une femme et des livres

Amélie Nothomb – Frappe-toi le coeur

Décidément, Nothomb tombe juste ces dernières années. L’année passée, elle commençait son nouveau roman avec une femme enceinte alors que j’étais en fin de grossesse et ici, elle évoque la relation mère-fille. Tout ce qui m’intéresse aujourd’hui donc ! La relation entre Diane et sa mère est plus que tendue. C’est bien clair: sa mère la déteste dès le moment où elle nait. Et elle lui fera bien comprendre au fil des années. Au début, Diane trouve des excuses, c’est certainement parce qu’elle est une fille et que sa mère préfère les garçons… Mais lorsqu’elle a une petite soeur et que sa mère en est complètement dingue, elle comprend que ce n’est pas la bonne explication.

Diane, bien que froide, m’a énormément touchée. C’est une jeune femme qui se donne corps et âme et qui fait finalement tout pour être aimée, en vain. J’ai aimé voir son évolution au fil des pages même si j’aurais préféré plus de clashs entre elle et ses proches. Elle subit tellement, la pauvre…

Un roman super efficace qui se lit d’une traite comme souvent avec les Nothomb.

Bref, je me suis rarement autant attachée aux personnages de Nothomb que dans ce roman. Moins farfelu que la moyenne, il est pour moi un coup de coeur.

Auteur : Amélie Nothomb

Titre : Frappe-toi le coeur

Edition : Albin Michel

Genre : Contemporain

Pages : 180

D’autres avis : Pauline