Harper Lee – Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur est typiquement le genre de livres qui traverse les âges et sait toucher toutes les générations. Et je serai bien en peine de vous expliquer pourquoi cette histoire arrive à séduire autant de gens -mois compris-.

Dans ce roman, on suit donc la jeune Scout et son grand frère Jem qui vont assister à un procès un peu spécial : leur père Atticus est chargé de défendre un jeune homme noir accusé de viol. Dans l’Amérique des années 30, défendre un homme de couleur est très mal vu.

Je me suis immédiatement attachée à Scout qui nous ramène irrémédiablement vers les petits tracas de notre enfance. J’aime sa naïveté, sa fraîcheur, son caractère fougueux et son comportement de « garçon manqué ». J’aime égalment Jem son grand frère qui sort peu à peu de l’enfance et qui tente de se responsabiliser. J’apprécie également Atticus, le père de cette petite tribu et qui prend très à coeur son rôle d’avocat. Le secret est peut-être là au fond : on s’attache profondément à la famille Finch.

Mais le contexte joue également un grand rôle. Cette affaire judiciaire en plein milieu des années 30 nous rappelle que bien que l’esclavage soit aboli, la place des Noirs aux Etats-Unis est encore précaire et il semble encore inimaginable de faire gagner un Noir contre un Blanc. C’est très intéressant de suivre cette histoire depuis les yeux des enfants qui n’ont pas encore pu être influencés par les clichés et l’influence des adultes envers les personnes différentes.

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur est l’unique roman d’Harper Lee. On pourrait le regretter tellement cette histoire est un vrai chef-d’oeuvre mais je comprends sa décision : il aurait été très difficile de faire mieux. Je vous conseille donc de lire ce roman si ce n’est pas encore fait. C’est une histoire touchante qui saura réveiller l’enfant au fond de vous.

Auteur : Harper Lee

Titre : Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur

Edition : Le livre de poche

Genre : Historique, Classique, Drame

Pages : 447

D’autres avis : Frankie, Nathalie, Ikebukuro, Hajar, Tomisika

Jane Austen – Emma

emma

Je pense que si Jane Austen n’était pas si connue, je n’aurai jamais autant lu ses oeuvres. Il faut dire que je suis loin d’être fan. J’ai dû recommencer 3 fois Orgueil et préjugés avant d’apprécié. Lady Susan et Persuasion ne m’ont pas laissé un souvenir immuable. Oui mais voilà, les livres de Jane Austen, ce sont les premiers ebooks qui ont agrémenté ma liseuse. Et donc quand je me suis retrouvée sans lecture dans le train, j’ai commencé celui qui me restait dans ma liseuse à savoir Emma.

Je ne savais pas du tout de quoi ça parlait. En fait, on fait la connaissance d’Emma, une jeune fille qui aime diriger la vie de ses semblables, quitte même à choisir la vie sentimentale de sa meilleure amie Harriet.

Emma est un personnage assez antipathique au début. Sa manière de diriger et d’influencer à tout bout de champ les autres pour que ses plans se réalisent est très irritable. Heureusement, que par la suite, elle redeviendra plus calme et plus humble. Mais cela n’a pas suffi pour en faire une superbe lecture.

J’ai été moins sensible à l’humour de Jane Austen. Mme Bennett me fait presque hurler de rire dans Orgueil et préjugés mais ce n’est pas du tout le cas du père d’Emma qui reprend ici le rôle du personnage risible poussé à l’extrême. Ne m’étant pas attaché à Emma, j’ai également eu du mal à apprécier son amour naissant.

Pourtant la critique de la société est toujours au coeur des récits de Jane Austen. Celui-ci se penche plus particulièrement sur l’étiquette et les différences entre les classes. Avant de penser à un mariage d’amour, les protagonistes doivent veiller à choisir une personne du même rang que le leur.

Bref, Emma est certainement le livre de Jane Austen que j’ai le moins apprécié. Je ne sais d’ailleurs pas si je vais encore lire l’oeuvre de cette grande dame. J’ai l’impression d’en avoir fait le tour…

Auteur : Jane Austen

Titre : Emma

Edition : 10/18, disponible également gratuitement en ebookl

Genre : Classique

Pages : 573

D’autres avis : Tomisika, Nathalie, Marmotte, Hajar, Paikanne

Françoise Sagan – Un piano dans l’herbe

Un piano dans l'herbe

Ce livre est un prêt d’un de mes collègues. J’avais une certaine crainte avant de commencer ce livre car je n’avais encore jamais lu de Sagan et c’est tout de même une grande dame de la littérature française. Finalement, mes peurs ont rapidement été balayées quand je me suis rendue compte que c’était une pièce de théâtre.

L’histoire se déroule en 1970 et nous suivons un groupe de  quarantenaires qui se retrouvent vingt ans après leur jeunesse. Leur hôte, Maud, a eu l’idée de les réunir afin de reproduire les aventures qu’ils ont vécu un certain été des années 50.

J’ai trouvé cette histoire agréable à lire. Chaque personnage a ses particularités, ses failles qu’il est intéressant de creuser. J’ai également apprécié qu’on s’intéresse aux parents de la génération 68, je n’avais encore jamais lu d’intrigue de leur point de vue même si la révolution n’est clairement pas au centre de cette pièce. Néanmoins, je pense que cette histoire peut davantage plaire à un public plus mature, à ceux qui subissent la crise de la quarantaine par exemple qui pourront mieux s’identifier aux protagonistes.

Le style est quant à lui, charmant bien que parfois un peu désuet. Les réflexions et les jolies phrases sont nombreuses.

Cette lecture fut donc une rencontre concluante avec la plume de Françoise Sagan. Je lirai surement d’autres œuvres de cette romancière sans appréhension. Avez-vous des titres à me conseiller ?

Auteur : Françoise Sagan

Titre : Un piano dans l’herbe

Edition : Pocket

Genre : Théâtre

Pages : 126

D’autres avis : Violette, Margotte

John Steinbeck – La perle

la perle

Jouant de sa lame comme d’un levier, il le fit céder et le coquillage s’ouvrit. Les lèvres de chair se crispèrent puis se détendirent. Kino souleva le repli et la perle était là, la grosse perle, parfaite comme une lune. Elle accrochait la lumière, la purifiait et la renvoyait dans une incandescence argentée. Elle était aussi grosse qu’un neuf de mouette. C’était la plus grosse perle du monde.

C’est l’histoire de Kino,un jeune pêcheur indien qui a une petite famille : sa femme Juana et leur jeune fils Coyotito. Un beau jour, Coyotito se fait mordre par un scorpion. Le médecin de la ville refuse de le soigner car ils n’ont pas grand chose pour payer. Juana et Kino prient alors les Dieux afin de tomber sur une grosse perle qui leur permettrait de payer les soins. Leur voeu s’exauce mais le malheur ne tardera pas à tomber sur la famille.

Il ne faut que quelques pages, que dis-je, que quelques lignes pour s’identifier pleinement aux personnages. La piqûre de scorpion arrive dès les premières pages et pourtant, à ce moment là, j’étais déjà tellement attachée à cette petite famille toute simple que je ne pouvais que suivre leur histoire jusqu’au bout avec avidité. Je pense que c’est la grande force de l’écriture de Steinbeck, l’attachement est immédiat.

Dans ce petit livre, il nous montre la cruauté de l’humanité. La jalousie, les mensonges, l’escroquerie, la tragédie… Voilà les thèmes de ce roman. Tout le monde veut s’emparer de la magnifique perle de Kino. Au lieu de se réjouir que cet homme si humble qui a trimé toute sa vie puisse enfin en profiter un peu, la jalousie va s’emparer de ses pairs au village mais également des êtres plus puissants de la ville toute proche. Mais Kino veut aller jusqu’au bout, il ne lâchera pas sa perle qui est pour lui une porte vers le salut, un accès à la scolarité pour Coyotito lorsqu’il sera plus grand et également le moyen d’épouser dans les règles sa merveilleuse femme Juana.

La plume de Steinbeck est toujours aussi poétique. En peu de mots, il arrive à nous décrire les sentiments des personnes et les paysages dans lesquels ils évoluent. C’est vraiment un conteur né pour moi.

Avec cette histoire, John Steinbeck nous offre encore un roman poignant, incroyablement tragique et addictif. Il est vraiment en passe de devenir mon écrivain américain favori. Et si vous ne l’avez pas encore découvert, il est plus que temps que vous lisiez Des souris et des hommes.

Mon seul regret est que la couverture date un peu et n’est pas super jolie. Il serait temps que Folio fasse de nouvelles éditions de ses romans car beaucoup datent des années 70 et risquent de ne pas interloquer les lecteurs les plus jeunes alors que c’est un excellent auteur.

Kino s’était réveillé à la pointe de l’aube. Les étoiles scintillaient encore et le jour ne s’annonçait que par une faible lueur délavée sur l’horizon, à l’est. Les coqs chantaient depuis quelques instants et les cochons matineux avaient déjà entrepris les incessants fossoyages dans les buissons et le taillis, à la recherche d’une nourriture oubliée de la veille. Dans le fourré de figuiers d’Inde, devant la hutte, une nichée d’oisillons gazouillaient et agitaient leurs petites ailes.

D’autres avis : Flo_bossVéroPralineBoubou

 

J.D. Salinger – L’attrape-coeurs

l attrape coeurs

Le roman, écrit à la première personne, relate la période où Holden Caulfield, expulsé du collège Pencey Preparatory trois jours avant les vacances de Noël, retourne à la maison familiale, à New-York. Il déambulera en ville avant de devoir annoncer la nouvelle à ses parents.
Âgé de dix-sept ans, Holden est plein d’incertitudes et d’anxiété, à la recherche de lui-même. Il vit son passage à l’âge adulte et comprend qu’il perd l’innocence de l’enfance. L’une des plus belles images de l’auteur pour exprimer ce passage est lorsque Holden demande au chauffeur de taxi où vont les canards lorsque l’étang gèle. Salinger dans ce roman décrit avec ironie et justesse la société américaine des années 1950.

J’ai un peu honte de l’avouer mais la première fois que j’ai entendu parler de J.D. Salinger, c’était dans la chanson « Des fleurs pour Salinger » d’Indochine. Par la suite, j’ai entendu parler de ce roman phare mais je ne m’y suis pas plus intéressée que ça pour deux raisons : la couverture VF que je trouve très moche et un résumé qui ne promet rien de trépidant.

Ce n’est que tout récemment que je me suis donc penchée sur ce grand classique de la littérature adolescente.  Je désirais participer à la « Banned Book Weeks » et ai donc décidé de lire un livre controversé. Le bureau de la liberté intellectuelle recense ces livres chaque année. L’attrape-coeurs (Catcher in the Rye en anglais) a été critiqué pour : langage offensant, sexualité explicite, pas adapté pour le groupe d’âge ciblé.

Bref, même si je suis contente de l’avoir lu, j’avoue ne pas avoir été transporté par ce roman. L’intérêt principal de celui-ci est certainement le personnage d’Holden, adolescent en pleine révolte intérieure. Quand on l’écoute, on sent qu’il en veut au monde entier : son école, sa famille, ses potes, les filles… Il a perdu l’innocence de l’enfance mais ne désire pas devenir un adulte responsable tout de suite.

Le style de J.D. Salinger est très perturbant. Le langage est oral, populaire. Il faut un certain temps d’adaptation pour rentrer dans l’histoire car Holden n’a pas de filtre. Il nous parle de tout ce qui lui passe par la tête pendant les 3 jours de sa fugue.

Mais cela reste un roman remarquable qui nous met vraiment dans la peau d’un adolescent des années 50. Bien que je ne me sois pas sentie très proche du personnage principal, je recommande tout de même ce livre parce qu’il représente une étape de la vie comme peu de romanciers l’avaient fait jusqu’alors.

Si vous voulez vraiment que je vous dise, alors sûrement la première chose que vous allez demander c’est où je suis né, et à quoi ça a ressemblé, ma saloperie d’enfance, et ce que faisaient mes parents avant de m’avoir, et toutes ces conneries à la David Copperfield, mais j’ai pas envie de raconter ça et tout. Primo, ce genre de trucs ça me rase et secundo mes parents ils auraient chacun une attaque, ou même deux chacun, si je me mettais à baratiner sur leur compte quelque chose d’un peu personnel.