
Quand Soledad décide de coucher sur papier l’histoire de sa mère, elle ne le fait pas à moitié. Nous rencontrons Frasquita alors qu’elle vient d’avoir ses premières règles. Elle reçoit de sa mère une boîte qu’elle ne doit ouvrir que 9 mois plus tard. Une fois ce délai passé, elle se voit octroyée un don spécial. C’est maintenant à elle d’assumer ce don et de partager la boîte à ses futures filles quand l’heure sera venue.
Waouw ! J’ai vraiment été absorbée par le destin de Frasquita. L’intrigue est vraiment originale et j’ai vraiment pris plaisir à découvrir l’utilisation du don de Frasquita ainsi que les fresques de sa vie. Le récit se présente comme un conte fantastique et m’a par moment fait penser aux romans de Mathias Malzieu. Je trouve qu’on y retrouve la même magie, le même enchantement. Néanmoins, ce livre se détache de cela et propose parfois des moments cruels et violents. J’ai été traumatisée quelques fois, je l’avoue.
Le gros point positif du coeur cousu est certainement le style de Carole Martinez. Il est fort riche. Elle utilise abondamment les images et les métaphores. Mais vu qu’elle le fait bien, c’est un vrai délice que de lire cet ouvrage.
Et puis, fait rare, quasiment tous les personnages ont su me toucher. Que ce soit Frasquita mère courage, Anita la silencieuse, ou les soeurs que tout opposent Martirio et Clara, chacun nous attire ou nous révulse.
Bref, vous l’avez compris, j’ai vraiment été charmée par ce roman. Un vrai coup de coeur ! Et comme toujours, c’est un plaisir de partager cette lecture dans le cadre du book club.

Auteur : Carole Martinez
Titre : Le coeur cousu
Edition : Folio
Genre : Contemporain
Pages: 404






Angel, curieux de tout, se mit au français et au prolo dans le texte. Ses compagnons de circonstance lui apprenaient des mots, lui faisaient des blagues lourdingues d’atelier, genre passe-moi l’huile de coude, le baume d’acier, le tournevis à souder. Des blagues de cul aussi. Angel en avait entendu d’autres à l’armée, mais ce genre d’humour ne le faisait tout simplement pas rire, pas sourire même. Quand ils le questionnaient sur sa vie, il se vengeait. Comment elle est ta femme ? Elle est belle, très belle. Elle danse le flamenco ? Bien sûr que oui. Tous les matins, elle met ses castagnettes, sa robe à pois et elle se lance dans des pirouettes et zapateados jusqu’à l’heure du repas. Et t’as déjà vu une corrida ? Non seulement, j’ai vu une corrida, mais on a un taureau à la maison, qui s’appelle Paquito et tous les soirs faut le sortir pisser, une vraie corvée. Tu te foutrais pas un peu de nous ? Pas mon genre. T’as qu’à nous la faire voir ta femme, t’as bien une photo ? Bien sûr que j’ai une photo mais je ne vous la montrerai jamais, nous, les Espagnols on est très jaloux. Si tu voyais ma femme, je serais obligé de te tuer, c’est comme ça, c’est la coutume…