Étiquette : Espagne

  • Carole Martinez – Le coeur cousu

    Quand Soledad décide de coucher sur papier l’histoire de sa mère, elle ne le fait pas à moitié.  Nous rencontrons Frasquita alors qu’elle vient d’avoir ses premières règles. Elle reçoit de sa mère une boîte qu’elle ne doit ouvrir que 9 mois plus tard. Une fois ce délai passé, elle se voit octroyée un don spécial. C’est maintenant à elle d’assumer ce don et de partager la boîte à ses futures filles quand l’heure sera venue.

    Waouw ! J’ai vraiment été absorbée par le destin de Frasquita. L’intrigue est vraiment originale et j’ai vraiment pris plaisir à découvrir l’utilisation du don de Frasquita ainsi que les fresques de sa vie. Le récit se présente comme un conte fantastique et m’a par moment fait penser aux romans de Mathias Malzieu. Je trouve qu’on y retrouve la même magie, le même enchantement. Néanmoins, ce livre se détache de cela et propose parfois des moments cruels et violents. J’ai été traumatisée quelques fois, je l’avoue.

    Le gros point positif du coeur cousu est certainement le style de Carole Martinez. Il est fort riche. Elle utilise abondamment les images et les métaphores. Mais vu qu’elle le fait bien, c’est un vrai délice que de lire cet ouvrage.

    Et puis, fait rare, quasiment tous les personnages ont su me toucher. Que ce soit Frasquita mère courage, Anita la silencieuse, ou les soeurs que tout opposent Martirio et Clara, chacun nous attire ou nous révulse.

    Bref, vous l’avez compris, j’ai vraiment été charmée par ce roman. Un vrai coup  de coeur ! Et comme toujours, c’est un plaisir de partager cette lecture dans le cadre du book club.

    5 sur 5

    Auteur : Carole Martinez

    Titre : Le coeur cousu

    Edition : Folio

    Genre : Contemporain

    Pages: 404

    D’autres avis : Setsuka, Elora,  Yogi,

     Salsera15, Riz-Deux-ZzZ, Natiora

  • Isabelle Alonso – Fille de rouge

    C’est dans le train me ramenant à la maison après la foire du livre que j’ai commencé ce livre. Dans la PAL depuis plusieurs mois, il en est finalement sorti lorsqu’il s’est fait dédicacé par l’auteure samedi dernier.

    Fille de rouge est la suite de L’exil est mon pays que j’avais adoré. Angustias n’est plus une enfant. Nous la retrouvons à son entrée au collègue. Elle va donc passer du stade de petite fille à celle de femme. Vraiment ? Angustias ne l’entend pas de cette oreille et va tout faire pour rester au stade de petite fille. A bas la puberté !

    Quel plaisir de retrouver Angustias et ses envies de changer le monde ! On la sent mûrir petit à petit. Comme pour son prédécesseur, ce livre est rempli d’anecdotes qui arrivent à la petite fille. C’est drôle et frais. Mais fille de rouge, ce n’est pas que cela.

    Dans ce livre, nous ferons également plus ample connaissance avec Libertad, la mère d’Angustias que nous retrouverons à plusieurs stades de sa vie : en fillette durant la seconde guerre mondiale, en mère de famille puis en personne âgée dans un home. On en apprend plus sur l »Espagne franquiste aussi grâce aux voyages que font tous les ans la famille d’Angustias. Leur oncle, resté au pays, est nostalgique des années de liberté d’antan. Comme lui, j’ai eu envie de pousser la chansonnette et d’entonner des chansons révolutionnaires.

    Mention spéciale également pour cette couverture tout en douceur qui me fait définitivement craquer ;).

    Bref, Fille de rouge est un grand livre qui permet à la fois de se détendre et de rire grâce au regard de la jeune Angustias mais également de s’instruire sur l’histoire de l’Espagne. De plus, c’est un superbe roman sur la féminité. Ce livre est donc aussi bon que le premier. La suite, Maman, sortira le mois prochain en poche.

    5 sur 5

    Auteur : Isabelle Alonso

    Titre : Fille de rouge

    Edition : Pocket

    Genre : Contemporain

    Pages : 180

    Pour aller plus loin : L’exil est mon pays et Filigrane d’Isabelle Alonso

    D’autres avis sur Fille de rouge : Ehaa, Jeunes-Romans

  • Carlos Ruiz Zafon – L’ombre du vent

    Voilà plusieurs mois, j’ai découvert chez mon bouquiniste, ce best seller en occasion. Ni une ni deux, je l’achète ! Mais il me faudra bien plus de temps pour ouvrir ce roman…

    Mon résumé:

    Un jeune garçon, Daniel Sempere, découvre un jour grâce à son père Le cimetière des Livres oubliés. Dans ce lieu mystérieux, il a le droit de choisir un ouvrage. Daniel va choisir L’ombre du vent de Julian Carax. Ce livre va lui faire vivre de nombreuses aventures. Sa destinée est changée à tout jamais…

    Mon avis:

    Mais pourquoi l’ai-je laissé si longtemps végéter dans ma PAL ??? Ce roman est magnifique, splendide, incroyable, merveilleux, fabuleux, génial et plus encore !

    J’ai directement accroché à L’ombre du vent. L’histoire nous happe immédiatement. Les amoureux des livres se retrouveront certainement dans cette histoire. L’enquête réalisée par Daniel est pleine de suspens. On veut découvrir le mystère qui se cache derrière le livre « L’ombre du vent ». Les 637 pages passent rapidement et c’est avec une pointe de déception que j’ai refermé ce roman prodigieux.

    Les personnages, hauts en couleurs, sont inoubliables. Fermin est sans doute le personnage le plus marquant. Drôle, énigmatique, acharné de travail et ami au grand cœur, on aimerait tous l’accueillir chez nous.

    J’ai aussi aimé l’humour présent dans le roman. J’adore la répartie entre Fermin et Daniel lorsque l’un surprend l’autre en train de matter une donzelle ;).

    Le style de Carlos Ruiz Zafon est poétique, tout en finesse. Les jolies phrases sont nombreuses. Mais cet auteur réussit l’exploit d’être poétique sans avoir un style complexe.

    L’ombre du vent est certainement un des plus beaux livres que j’ai lu cette année. Je le conseille à tous !

    PS: Si un jour, vous trouvez le cimetière des livres oubliés, contactez-moi 😀 !

    5 sur 5

    Auteur: Carlos Ruiz Zafon

    Titre: L’ombre du vent

    Édition: Le livre de poche

    Genre: Littérature générale, aventure

    Pages: 637

    D’autres avis: Jess, Solenn, Pauline, Alcapone, Heloïse, mariiine, Iani, Elora, Lyra Sullyvan, Bulle, Cynthia, GeishaNellie, Nelfe, Mélo, deliregirl1, Setsuka, Maxo0, evertkhorus, Elizabeth-Bennet, Heclea, Sphinxou, Reka, Nane, Leyla, Diane, Babylon, George, Wolna, A propos de livres, Flo_boss, Walpurgis, quartier-livre, **Fleur**, Matilda, Amandine, Dup, Natttyyy

  • Lucia Etxebarria – Cosmofobia

    J’avais envie de partir pour le soleil… Pourquoi pas l’Espagne ? Cosmofobia nous plonge dans le quartier madrilin de Lavapiés.

    Mon résumé:

    Chaque chapitre nous présente un aspect du quartier coloré de Lavapiés. On passe d’un personnage à un autre et on se construit petit à petit notre propre idée sur cette partie de Madrid.

    Mon avis:

    Lucia Etxebarria se frotte ici à un thème délicat. Elle nous parle de ce quartier toute en finesse et avec beaucoup de sincérité. On ne stigmatise pas cette « banlieue » et on ne l’enjolive pas non plus. Comme le dit si bien l’auteur, Lavapiés est un quartier multiculturel, pas interculturel. Les cultures ne se mélangent pas. Malheureusement, je me suis vite emmêlée les pinceaux dans ce récit. On change tout le temps de narrateur et avec plus d’une trentaine de personnages, on se perd facilement. J’ai même eu l’impression d’être dans Plus belle la vie ou Les feux de l’amour. Il fallait à chaque fois que je me rappelle qui couche avec qui et qui sont les ex de machin. Vous voyez le genre !

    J’ai trouvé ce roman bien en deça de Beatriz et les corps célestes. Lucia Etxebarria veut tellement donner une vision juste de Lavapiés qu’elle en fait des tonnes, veut nous présenter plein de monde et finalement, nous embrouille. Mais j’ai tout de même envie de lire Le miracle en équilibre.

    Madrid:

    C’était assez agréable de découvrir Madrid à travers ce quartier. On est totalement plongé dans Lavapiés ici. Je n’ai eu aucun mal à m’imaginer dans cet endroit. On accompagne les personnages au centre pour les enfants, au groupe de paroles pour les femmes qui ont des problèmes ou à l’épicerie du coin. Ce quartier est composé de toute les ethnies. C’est assez rocambolesque !

    3 sur 5

    Auteur: Lucia Etxebarria

    Titre: Cosmofobia

    Édition: 10/18

    Genre: Littérature générale

    Pages: 411

  • Lucìa Etxebarrìa – Beatriz et les corps célestes

    Beatriz vit entre deux femmes, entre deux villes également. Tout d’abord sa ville natale Madrid et son adolescence tourmentée avec la fille qu’elle aimait Monica. Plus tard, on la retrouve à Edimbourg en couple avec Caitlin que tout le monde surnomme « Cat », le chat. Etxebarria nous dresse des portraits très originaux, loin des stéréotypes du genre (la lesbienne qui ressemble à un camionneur par exemple). Elle est également très critique avec la société qu’elle décrit.

    Drôle de sensation que se mettre dans la peau d’une femme qui aime les femmes mais on s’y fait très vite. Je me suis sentie tout de suite attachée à l’héroïne Beatriz ou « Bea » comme elle préfère qu’on l’appelle. On suit sa vie et ses interrogations comme « Pourquoi elle n’arrive pas à oublier Monica ? », « Pourquoi n’arrive-t-elle pas à être heureuse avec Cat ? ». Ma première rencontre avec Etxebarria a été concluante même si je m’attendais à un peu mieux vu que ce roman a reçu le prestigieux prix Nadal en Espagne (qui correspond au Goncourt français). Je retenterai sûrement l’experience !

    Pour l’extrait, revenez dans quelques jours car j’ai laissé le roman dans mon autre « maison » 😉

    4 sur 5

    Auteur: Lucìa Etxebarrìa
    Titre: Beatriz et les corps célestes ( VO: Beatriz y los cuerpos celestes)
    Genre: Roman, Amour, Société
    Edition: 10/18
    Pages: 318

  • Isabelle Alonso – L’exil est mon pays

    Angel, curieux de tout, se mit au français et au prolo dans le texte. Ses compagnons de circonstance lui apprenaient des mots, lui faisaient des blagues lourdingues d’atelier, genre passe-moi l’huile de coude, le baume d’acier, le tournevis à souder. Des blagues de cul aussi. Angel en avait entendu d’autres à l’armée, mais ce genre d’humour ne le faisait tout simplement pas rire, pas sourire même. Quand ils le questionnaient sur sa vie, il se vengeait. Comment elle est ta femme ? Elle est belle, très belle. Elle danse le flamenco ? Bien sûr que oui. Tous les matins, elle met ses castagnettes, sa robe à pois et elle se lance dans des pirouettes et zapateados jusqu’à l’heure du repas. Et t’as déjà vu une corrida ? Non seulement, j’ai vu une corrida, mais on a un taureau à la maison, qui s’appelle Paquito et tous les soirs faut le sortir pisser, une vraie corvée. Tu te foutrais pas un peu de nous ? Pas mon genre. T’as qu’à nous la faire voir ta femme, t’as bien une photo ? Bien sûr que j’ai une photo mais je ne vous la montrerai jamais, nous, les Espagnols on est très jaloux. Si tu voyais ma femme, je serais obligé de te tuer, c’est comme ça, c’est la coutume… 

    J’avais deux gros doutes avant d’ouvrir ce livre.
    Le premier consistait en la personne d’Isabelle Alonso, que je connaissais surtout comme chroniqueuse super féministe dans la bande à Ruquier. J’avais un  peu peur que ce côté féministe ne transparaisse trop. Le doute est vite soulevé. Ce roman parlera d’enfance et pas de son combat pour les femmes dont elle a déjà parlé dans d’autres romans.
    Le deuxième me faisait plus peur. Faire parler une petite fille peut souvent être caricatural. Ils sont nombreux les auteurs à faire parler les enfants en massacrant la langue française (en créant des phrases telles que « z’adoooore les zucettes au zitron ! »). Isabelle Alonso ne le fait pas et c’est tant mieux. C’est donc d’une manière adulte qu’elle fait parler un enfant et c’est très beau.
    Pour vous résumer l’histoire : Gus, la petite héroïne de ce roman est la fille d’Espagnols qui ont du quitté l’Espagne pour la France. Elle se rend compte à travers plusieurs anecdotes qu’elle n’est pas comme les autres. Chez elle, on ne parle pas la même langue qu’en dehors. Ce n’est pas son pays, Isabelle Alonso nous raconte son histoire (qui ne doit pas être loin de l’autobiographie en fait) tout en finesse et avec beaucoup d’humour comme le montre l’extrait que je vous montre ci-dessus !Ce livre est un gros coup de coeur pour moi. Alonso m’a permis d’entrevoir ce que c’est qu’être une exilée, d’avoir « son cul entre deux chaises ». Parce que la petite Gus n’est pas totalement française ni totalement espagnole. Son pays, c’est l’exil, un mélange entre ces deux cultures. Ayant beaucoup de mes proches dans cette situation, je comprends un peu mieux leur ressenti grâce à ce livre. Enfin bref, je vous le conseille vivement!

    5 sur 5

    Auteur: Isabelle Alonso
    Titre: L’exil est mon pays
    Edition: Pocket
    Genre: Roman
    Pages: 341