Vincent Engel – Oubliez Adam Weinberger

Jadis, je fus un enfant. Je le crois du moins, ce qui en soi n’est pas si mal, puisque le passé, quoi qu’en pensent certains est de toute façon incontrôlable. Je portais déjà le même nom et ur mon visage devaient sans doute sourdre ces traits sans grâce qui composèrent ensuite ma physionomie adulte, et qui se décomposent aujourd’hui. Ce nom, je le partageais bon gré mal gré avec les êtres qui formaient l’entité plus ou moins large et diversement appréciée d’une famille. Près de moi, il y avait ma soeur Rachel, de sept ans plus âgée que moi et qui, dès que j’eu l’âge de comprendre et de retenir ce qui se passait autour de moi, m’a toujours semblé préoccupée par la quête d’un mari – avant de le rencontrer, parce qu’elle craignait de n’en jamais trouver ; ensuite, quand il se perdait dans les bistrots de la ville parfois plusieurs jours durant. Rachel… tu n’étais pas superbe mais enfin, tu étais ma soeur et j’aurai souhaité avoir un autre beau-frère que ce fainéant de Moïshe – regrets tardifs, tu m’excuseras. J’ai pourtant fait ce que j’ai pu…

Dans ce roman, nous découvrons Adam, un petit Juif polonais. Dans la première partie, il nous raconte sa vie, sa famille, ses amours, ses envies de petit garçon. Dans la deuxième partie, il nous parle toujours de sa vie mais « après ». Après quoi? Après les camps de concentration. On n’en parlera pas du tout pendant ce roman. Nous découvrons juste Adam, le jeune garçon et puis ce qu’il est devenu après. On a l’impression d’avoir affaire à  une autre personne. Un roman tout en finesse, qui montre comment une épreuve si terrible peut changer un homme. Vincent Engel arrive à revisiter le thème de la Shoah avec un tout autre regard. Une chose est sûre: après avoir lu ce roman, vous n’oublierez plus jamais Adam Weinberger…

4 sur 5
Auteur: Vincent Engel
Titre: Oubliez Adam Weinberger
Edition: Le livre de poche
Genre: Roman
Pages: 316

Armel Job – Helena Vannek

Mon avis:

Encore un auteur belge ! De plus, j’ai eu l’occasion de le rencontrer vu qu’il est venu dans mon école secondaire (le lycée si vous préfèrez) quand j’y étais encore (rah la belle époque ^^)

Ce roman a reçu trois prix : Le Prix Rossel des jeunes 2002, le Prix des lycéens 2003 et le Grand Prix France-Wallonie Bruxelles 2003 (ce prix-là je n’en avais jamais entendu parler !)

C’est donc la vie d’Helena que nous découvrons dans ce roman se déroulant dans la campagne flamande avant la seconde guerre mondiale. La mère d’Helena meurt et elle se retrouve sous l’autorité de son père qui n’est pas un enfant de coeur. Cet homme va engager un étranger pour l’aider dans le travail à la ferme. Tout le monde aime bien ce jeune homme qu’est Guido sauf Helena qui commence à l’aimer tout court…
Ce roman est divertissant mais il ne m’a pas vraiment touché. L’histoire est simple et nous n’avons pas l’envie irrésistible de le finir à tout prix tellement le suspense est présent. Un roman donc tout simple mais pas un navet non plus pour moi !

3 sur 5

Et ça commence ainsi :

« Juste à la fin de cet hiver-là, maman est morte. Avant de la laisser mourir, les médecins l’ont chloroformée. Ils l’ont étendue sur une planche et lui ont regardé les seins. Il y en avait un – celui du coeur – qui était gris et affaissé. Ils ont fait une large taillade et ont enlevé la chair meurtrie, comme on cure une poire un peu blette puis ils ont refermé.
Ils voulaient la garder mais mon père l’a reprise. Elle était bien soignée. Trop bien même. C’est ce qu’il ne supportait pas. Un jour où nous étions arrivé à l’improviste dans la chambre de maman, le jeune chirurgien qui l’avait opéré était assis au bord du lit et lui tenait la main. Elle souriait. Mon père a décidé ce jour-là qu’on rentrait à la maison. »

Auteur: Job Armel
Titre: Helena Vannek
Edition: Memor ou Mijade
Genre: Roman
Pages: 184

Elisa Brune – La tentation d’Edouard

Mon avis:


C’était mon premier roman épistolaire ! Je ne suis pas particulièrement adepte de ce genre de littérature mais celle-ci m’a assez plu. C’est à 17 ans que j’ai lu ce roman et je me rappelle avoir parfois rougi dans ce livre où l’érotisme ne manque pas. On s’identifie facilement à l’héroïne qui reçoit un jour une lettre d’un inconnu et on se demande comme elle qui se cache derrière ce correspondant mystère. Un livre où l’intrigue monte au fur et à mesure avant de finir en feu d’artifice.

3 sur 5

Auteur : Elisa Brune
Titre : La tentation d’Edouard
Genre : Littérature générale
Edition : Belfond
Pages : 375

Amélie Nothomb – Métaphysique des tubes

Mon avis:

Amélie nous plonge dans son enfance de 0 à 3 ans et c’est très plaisant. Quel plaisir de découvrir ce qui se cache dans la tête des enfants de cet âge ! On découvre aussi le Japon autrement que dans « Stupeur et tremblements ». Amélie arrive avec ce livre à nous expliquer pourquoi le Japon l’a tant séduite. Ce fut un charmant voyage au pays de madame Nothomb.

4 sur 5

Et ça commence ainsi :
« Au commencement il n’y avait rien. Et ce rien n’était ni vide ni vague : il n’appelait rien d’autre que lui-même. Et Dieu vit que ela était bon. Pour rien au monde il n’eût créé quoi que ce fût. Le rien faisait mieux que lui convenir : il le comblait.
Dieu avait les yeux perpétuellement ouverts et fixxes. S’ils avaient été fermés, cela n’eût rien changé. Il n’y avait rien à voir et Dieu ne regardait rien. Il était plein et dense comme un oeuf dur, dont il avait aussi la rondeur et l’immobilité.
Dieu était l’absolue satisfaction. Il ne voulait rien, n’attendait rien, ne percevait rien, ne refusait rien et ne s’intéressait à rien. La vie était à ce point plénitude qu’elle n’était pas vie. Dieu ne vivait pas, il existait. »

Auteur: Amélie Nothomb
Titre: Métaphysique des tubes
Edition: Le livre de poche
Genre: roman autobiographique
Pages: 157