Un rêve couleur de nuit


Ella Vickers mène une vie en apparence heureuse dans la petite ville de York. Auteure à succès, elle possède une charmante librairie située dans une rue pavée, est mariée à l’homme qu’elle aime et maman d’une adorable fillette. En réalité, Ella lutte pour trouver un équilibre entre sa vie de femme, de mère et ses activités professionnelles. De l’autre côté de l’Atlantique, sa mère, Fabia, remet en question son propre bonheur et ressent à distance la détresse de sa fille. C’est à ce moment-là qu’Ella fait la rencontre de Bryony Darwin, une étrange jeune femme à la recherche d’un livre sur les rêves… Elles dénichent bientôt un ouvrage ancien écrit par une mystérieuse guérisseuse du XVIIe siècle.

J’ai vraiment été charmée à la fois par la couverture, mais aussi par le titre et le résumé de ce livre. On est un peu dans le fantastique et un peu dans la chronique familiale, deux thèmes qui me sont chers.

Les trois femmes dont on parle dans ce roman sont attachantes. Que ce soit Ella (jeune mère de famille dans laquelle je me retrouve beaucoup), la jeune Bryony en proie à ses visions et Fabia, une grand-mère en manque de sa progéniture.

Et j’ai vraiment aimé les sujets abordés dans ce livre : l’ésotérisme, les sorcières, les relations mère-fille, l’épanouissement personnel,… Néanmoins, tous ces bons éléments n’ont pas suffi à en faire une lecture exceptionnelle.

La faute au rythme et à l’intrigue que j’ai trouvé fort mollassonne. J’ai vraiment l’impression qu’il ne s’est quasi rien passé pendant ces plus de 400 pages. 

Bref, c’est avec déception que j’ai bouclé cette histoire malgré ces qualités.


  • Autrice : Sophie Nicholls
  • Commencé le : 22/10/2018
  • Terminé le : 26/10/2018
  • Edition : Préludes
  • Genre : Fantastique
  • Pages : 416
  • Sorti le : 02/11/2018
  • Note : 3/5

La mariée de Ceylan

La femme porta à ses lèvres une mince enveloppe blanche. Elle hésita un instant, s’interrompant pour écouter les douces notes mélancoliques d’une flûte cinghalaise dans le lointain. Elle réfléchit à sa décision, pesant le pour et le contre comme si elle tournait et retournait un caillou dans sa main, puis scella l’enveloppe et la posa contre un vase de roses rouges presque fanées.

Wouuuuuaw ! Cela faisait longtemps que je n’avais plus eu un si gros coup de coeur pour un ouvrage et honnêtement, ça fait un bien fou !

Laissez-moi vous présenter Gwen, jeune mariée qui va rejoindre son époux à Ceylan (Sri Lanka) où il gère une plantation de thé. Pour cette jeune anglaise, c’est tout un nouveau monde qui s’offre à elle mais rapidement, le tableau idyllique s’effrite. Son mari est de plus en plus distant, sa belle-soeur est envahissante et les problèmes s’accumulent.

La première chose qui m’a fait adorer cet ouvrage est le cadre. J’ai vraiment eu l’impression d’être au Sri Lanka, de prendre un petit thé au gingembre au petit déjeuner sous le regard d’un singe. Ou d’apercevoir un cerf axis pendant une promenade. De sentir la fraîcheur des nuits d’hiver ou d’essayer de comprendre la différence entre les tamouls et les cinghalais. Quand Gwen arrive en 1925, Ceylan est justement un pays en constante évolution et dans quelques années, on commencera à parler de Gandhi.

Rien que pour ça, j’ai envie de dire foncer !

Mais en plus, vous allez être accompagnée de Gwen, qui est franchement un personnage très charismatique et attachant. Je la trouve très terre à terre. Elle essaye de faire au mieux pour ses proches, pour sa famille et elle doit parfois faire des choix douloureux. Bref, on a envie de lui souhaiter que le meilleur mais il lui arrive tellement de choses qu’on est obligé de la soutenir jusqu’au bout du roman.

Et puis plusieurs intrigues se mêlent familiales bien sûr mais également économiques, sociétales. Tout ça nous donne un beau patchwork cohérent qui donne vraiment une bonne vision de la vie de l’époque sur cette île.

Moi, j’ai été complètement envoûtée. Je suis même un peu triste que le voyage soit terminée. J’ai maintenant très envie de lire La séparation de la même autrice qui se passe en Malaisie.

Merci à Milady et Netgalley !

Escale 57/+75 : Sri Lanka

Autrice : Dinah Jefferies

Titre VO : The tea planter’s wife

Commencé le : 04/03/2018

Terminé le 11/03/2018

Edition : Milady

Genre : Historique

Pages : 480

Sorti le : 14/02/2018

Note : 5/5

D’autres avis : Anne Sophie de Mes petits bonheurs, Lectrice lambda, Lady K, Mon jardin littéraire

Maria

Dans le coeur de Maria, il y a d’abord un garçon, Marcus, trois ans. La grand-mère et le petit fils adoré partagent le goût des oiseaux et partent souvent ensemble à la chasse aux plumes. L’arrivée du deuxième petit-enfant va sonner le glas d’un bonheur banal, entre les bacs du salon de coiffure où Maria travaille et la résidence modeste où elle vit avec un homme qu’elle ne regarde plus vraiment. Cette naissance cristallise les tensions familiales. L’éducation de Marcus faisait déjà grincer les dents : il joue avec des jeux de fille comme de garçon, porte des robes, décide de changer son prénom en « Pomme »… Cette fois un cap est franchi. La fille de Maria et son compagnon sont inflexibles : nul ne connaîtra le sexe du nouveau-né. « C’est un bébé » annonce-t-on laconiquement à Maria. Ni fille, ni garçon, ni « il », ni « elle », Noun sera l’un des premiers humains délivré des diktats de genre. Le choc est terrible. Comment aimer quand on ne peut nommer ? Abasourdie, abandonnée de tous, Maria se débat auprès de l’enfant interdit pour trouver sa place et ses mots. Rejetée, perdue, elle perd son emploi, s’isole. Reste l’éblouissement de sa tendresse pour Marcus, restent les oiseaux qui les réunissent. Modestement, à la seule force de son amour, Maria va tenter de se reconstruire et de retisser les liens perdus.

J’étais intriguée de découvrir cette histoire, non pas pour en savoir plus sur Maria mais bien sûr le choix de sa fille et de son compagnon de ne pas dévoiler le sexe de leur second enfant, même après la naissance.

Au final, je suis un peu déçue par ce roman mais je ne peux m’en vouloir qu’à moi-même. Comme le laisse supposer le titre et la quatrième de couverture, le centre de ce récit reste Maria, ses doutes, ses craintes, son amour pour ses petits enfants. C’est une femme tendre mais qui m’a souvent agacée de ne pas partager les sentiments de sa fille. En fait, pour le coup, je suis vraiment plus proche de sa fille qu’elle. Du coup, quand elle la critique dans sa tête, j’avais un peu l’impression que c’était mes propres choix éducatifs qu’elle critiquait.

Bref, je n’ai pas su assez m’attacher à Maria, qui est pourtant un personnage, intéressant et complexe.

La plume d’Angélique Villeneuve que je découvre ici, est tendre et poétique. C’est un grand plaisir de lecture que j’ai éprouvé malgré une intrigue que je trouve un peu faible.

Bref, ce ne sera pas un roman qui restera gravé dans ma mémoire même si on ressent beaucoup d’amour dans ce texte.

Autrice : Angélique Villeneuve

Commencé le : 20/02/2018

Terminé le : 20/02/2018

Edition : Grasset

Genre : Contemporain

Pages : 180

Sorti le : 07/02/2018

Note : 2/5

Y a pas de héros dans ma famille !

Maurice, appelé Mo par ses proches, a honte de sa famille quand il se rend compte que son pote Hippolyte a plein d’ancêtres légendaires qui ont fait de grandes choses pour la société.

Ce livre jeunesse, probablement destiné aux 8-12 ans, parle donc du sujet de la famille et de la honte qu’ils peuvent nous procurer. La famille de Maurice est assez spéciale : on crie beaucoup, la télé est toujours allumée, sa fratrie dit des gros mots et Maman met de l’alcool dans les crêpes.. Rien à voir avec le calme qui règne chez Hippolyte et sa maman !

C’est un livre assez chouette pour parler de l’attachement à la famille et que même si notre famille est issu d’un milieu plus défavorisé, ça ne veut pas dire qu’on est moins aimé ou qu’on a moins de valeur. Néanmoins, je regrette que tout soit tout noir ou tout blanc dans cet ouvrage. Même si la famille de Maurice est attachante, il  reste des problèmes, un peu de violence ordinaire que j’aurais aimé voir soulever par un instituteur par exemple (une phrase comme : ne pas accepter les surnoms dégradants).

Un petit ouvrage assez drôle et sans prise de tête au final qui plaira aux jeunes lecteurs !

Auteur : Jo Witek

Commencé le : 13/02/2018

Terminé le : 13/02/2018

Edition : Actes Sud Junior

Genre : Jeunesse

Pages : 144

Sorti le : 11/01/2017

Note : 3/5

Michael Uras – La maison à droite de celle de ma grand-mère

La maison à droite de celle de ma grand-mère est rouge, celle de gauche est bleue. Celle qui se trouve en face de la porte d’entrée est jaune. La nôtre est verte. Traverser la rue, c’est passer par toutes les nuances du spectre. Une plongée dans l’arc-en-ciel. Rien n’est plus coloré que notre espace vital, rien ne semble plus joyeux que notre village. Sauf que les gens ont les cheveux mal coiffés, les dents mal plantées et les habits usés.

Giacomo retourne dans son village natal en Sardaigne car sa grand-mère est mourante. Il a une relation d’amour/haine envers son île. Quand il n’y est pas, elle lui manque et quand il y vit, il s’ennuie à mourir. Mais cette fois-ci, il n’aura pas le temps de flâner ! Son éditeur lui a demandé une traduction d’une version inédite de Moby Dick. Et puis il y a tout une galerie de personnages qui gravite autour de Giacomo. La pétillante Nonna, sa mère qui fait des mélodrames, son père si taiseux, son meilleur ami pas gâté par la vie et le Capitaine, un ancien militaire.

J’ai particulièrement aimé cette chronique familiale. Les personnages sont touchants. Et puis quel décor : la Sardaigne, les maisons colorées, la mer émeraude. On a envie de prendre un billet d’avion tout de suite !

J’ai aussi apprécié la passion de Giacomo pour la lecture et son métier de traducteur. J’ai noté quelques titres d’ailleurs ! Même si son histoire peut paraître banal, j’ai trouvé Giacomo très touchant même si c’est un solitaire. Il a aussi tendance à heurter ses proches sans le faire exprès, parce qu’il est un peu à l’ouest. Il me rappelle moi en quelque sorte !

Le style de Michael Uras est agréable. On a vraiment l’impression de lire les anecdotes de Giacomo. Même si l’intrigue peut souffrir d’une certaine lenteur, je trouve que le voyage en vaut largement la peine : il faut se laisser flotter !

Bref, La maison à droite de celle de ma grand-mère pourrait parfaitement faire une bonne lecture d’été, surtout avec sa jolie couverture colorée !

Escale 55/+75 : Sardaigne, Italie

Sortie prévue le 28 février 2018.

Auteur : Michael Uras

Titre : La maison à droite de celle de ma grand-mère

Edition : Préludes

Genre : Contemporain

Pages : 317

D’autres avis : Une femme et des livres