Daniel Pennac – Chagrin d’école

Chagrin d'école

Voilà une lecture parfaite pour la rentrée ! Chagrin d’école est un mix entre le témoignage d’un cancre et la vision d’un professeur. Mais derrière ces 2 narrateurs se cachent la même personne Daniel Pennac, le cancre devenu professeur.

Je sors plutôt mitigée de cette lecture. Bien que le propos soit fort intéressant, ce mélange de genre entre essai et témoignage m’a perturbée. Je trouve également que le livre manque de structure. L’auteur laisse pérégriner ses pensées pendant presque 300 pages sans réelle organisation. L’auteur est également un peu naïf en ce qui concerne l’éducation. En l’écoutant, j’avais presque l’impression que les mots pouvaient tout résoudre, ce qui n’est effectivement pas le cas.

On m’avait beaucoup vanté le style de Daniel Pennac et j’avoue ne pas vraiment y être sensible. Ce n’est pas mal écrit, loin de là, je trouve simplement que sa plume n’a pas de charme particulier.

Bref, malgré que mon avis soit en demi en teinte, je ne regrette pas cette lecture qui m’a tout de même permise de rentrer dans la peau d’un cancre et de la souffrance qui peut en découler. Quand on parle des cancres, c’est souvent pour citer leurs perles ou pour se moquer mais il ne faut pas oublier que derrière cela, il y a un enfant en souffrance qui a besoin d’aide.

Auteur : Daniel Pennac

Titre : Chagrin d’école

Edition : Folio

Genre : Essai

Pages : 297

Thierry Do Espirito – Pharao-nique !

Pharaonique

Pharao-nique est un essai écrit par Thierry Do Espirito qui parle de la sexualité au temps de l’Egypte antique. Dieux, pharaons, peuple,… l’auteur prend le temps de nous expliquer ce que chacune de ces personnes aime faire au lit. Pourtant, la tâche n’est pas aisée car il nous reste peu de documents pour nous expliquer la vie sexuelle de l’époque.

J’ai trouvé cet essai très intéressant et complet. L’auteur n’hésite pas à parler même des sujets qui fâchent comme : l’inceste (entre frère et soeur ou entre père et fille) avait-il réellement lieu ? Néanmoins, par manque de preuve, l’auteur fait surtout des suppositions et a peu de certitudes.

Le style de Thierry Do Espirito est accessible (non pas besoin d’avoir fait des études d’egyptologie pour le comprendre) et truffé d’humour. L’humour est parfois assez anachronique mais cela m’a fait sourire et je pense qu’il est primordial quand on s’intéresse à un sujet comme celui-ci d’être un peu moqueur.

Bref, Pharao-nique ! est un ouvrage instructif et plutôt fun qui vous apprendra pas mal de choses sur la libido de ces fameux pharaons. Vous aurez même droit à la reproduction d’un parchemin pornographique à la fin, si, si !

Livre lu dans le cadre de Masse Critique de Babelio :

 

Auteur : Thierry Do Espirito

Titre : Pharao-nique !

Edition : Les éditions de l’Opportun

Genre : Essai

Pages : 272

 

L’incipit :

La porte de la chambre s’ouvre ! De l’Egypte, nous connaissions surtout les pharaons, les momies, les hiéroglyphes, les temples, les pyramides. Une civilisation extraordinaire, grandiose, mais figé dans les reliques de la mort, dans les tombeaux et monuments en ruine célébrant des souverains et des nobles disparus depuis des millénaires. La vie privée – et a fortiori la vie intime – des Egyptiens de l’Antiquité nous avait échappé.

 

Stéphanie Hochet – Eloge du chat

éloge du chat

Stéphanie Hochet a écrit cet essai sur cet animal qui nous fascine tant : le chat. Pourquoi nous attire-t-il autant ? Pourquoi certains le déteste ? Quelles sont les métaphores qu’on lui attribue ? Ce livre vous donnera toutes les réponses à ces questions grâce à la littérature.

Je considère cet ouvrage comme une vraie pépite. C’est très intéressant de voir le rapport qui unit ces petits félins aux auteurs. Muse, amante ou même Dieu, le chat a toujours joué un grand rôle auprès des écrivains. Même si le livre est assez court (100 pages), je trouve que Stéphanie Hochet a vraiment su faire le portrait complet et détaillé du chat.

Le style est fluide et agréable. L’auteur enchaîne les idées facilement. Les citations sont également nombreuses et très appréciables dans cet ouvrage. Je n’ai finalement pas grand chose à rajouter à cet ouvrage qui se suffit à lui-même. En tout cas, c’est vraiment le livre parfait à offrir aux amoureux des chats ou à ceux qui désirent comprendre leur lien avec la littérature. En plus, il se lit d’une traite !

Auteur : Stéphanie Hochet

Titre : Eloge du chat

Edition : Léo Scheer

Genre : Non fiction, essai

Pages : 100

D’autres avis : Ivredelire, Géraldine, Nadine Doyen, Alex mot à mots

Guy Bechtel – Les quatre femmes de Dieu

Les quatre femmes de Dieu

J’ai décidé de lire davantage de livres qui ne sont pas des fictions. Pour bien faire, j’ai donc pris un titre qui traînait dans ma bibliothèque depuis mon adolescence. Il s’agit de Les quatre femmes de Dieu : La putain, la sorcière, la sainte et Bécassine de Guy Bechtel. Ce livre nous raconte comment l’Eglise s’est toujours méfiée de la femme et des quatre rôles qu’elle est censée avoir.

La putain nous montre à quelle point la femme est perverse. Sa libido est 1/3 supérieure à celle des hommes selon certains scientifiques. De là à ne considérer les femmes que comme des chiennes en chaleur, il n’y a qu’un pas que pas mal d’ecclésiastiques vont franchir.

La sorcière va évidemment nous reparler du péché d’Eve. La femme est plus tentée par le démon et donc par la magie. Après avoir longtemps été tolérée, les femmes (surtout celles en marge de la société) vont devenir le bouc émissaire des nombreux malheurs qui frappent l’Europe (hivers rugueux, famines,…). C’est ainsi que l’Inquisition naît et que des millions de personnes de sexe féminin vont subir la torture et la mort.

La sainte va enfin nous parler des femmes vertueuses et du long cheminement qu’elles vont devoir accomplir pour être reconnue à leur juste valeur par l’Eglise.

Enfin, Bécassine nous rappelle que la femme  est inférieure à l’homme. Elle est plus charnelle, son cerveau est plus petit. Bref, elle est bête. C’est la partie qui m’a le plus remuée tellement les aberrations que posent certains philosophes ou clercs sur nous sont énormes.

En voici quelques passages :

Toute éducation des femmes doit être relative aux hommes. Leur plaire, leur être utiles, se faire aimer et honorer d’eux, les élever jeunes, les soigner grands, les conseiller, les consoler, leur rendre la vie agréable et douce : voilà les devoirs de la femme dans tous les temps et ce qu’on doit leur apprendre dès l’enfance.

Jean-Jacques Rousseau dans  Emile ou de l’éducation

En tant que lectrice, j’ai également été interpellée par le grand danger que la lecture de romans semblait être au XIX et début du XXème siècle.

Vers 1900, Elizabeth de Gramont estime qu’une “femme qui lit un roman n’est déjà plus une honnête femme”.

Dans la même veine, Gustave Claudin nous explique que cette littérature n’est réservée qu’aux putains. Je me demande ce qu’ils penserait de moi !

Et les femmes écrivaines ?

Une femme ne doit pas écrire. Croyez-moi, ne faites pas de livres, faites des enfants.

Auguste de Kératry

Hop, retour à la case de poule pondeuse !

Fin du XIXème siècle, la  société ne pouvait plus empêcher la femme de s’instruire (même si on tente toujours de lui inculquer ce qu’il faut penser). En revanche, elle peut encore batailler pour que la femme n’obtienne pas le droit de vote auxquelles certaines rêvent déjà.

Être épouse et mère de famille, tel doit être le rôle de la femme. Ce rôle est assez noble et beau, et doit remplir toute son existence. La femme ne doit donc pas envier l’homme parce qu’il est électeur et chercher à descendre l’arène politique où elle risque de perdre sa grâce et son charme. La vanité de posséder un diplôme s’acquiert souvent au prix du bonheur que lui aurait donné la famille et transforme la femme en être sans sexe et par là inutile.

Dictionnaire médical à l’usage des familles.

Remarquer l’ironie que ce qui est encensé ici (la grâce, le charme de la femme et son sexe) a été durant des dizaines de siècles l’élément rendant les femmes pécheresses.

Pour l’Eglise, les hommes et les femmes ne naissent pas égalitaires. La femme, en tant que descendante, d’Eve part déjà un handicap. Dès sa naissance, elle doit se racheter. Si ce portrait peut vous paraître morose, l’auteur n’exagère pas la situation .A chaque époque, il expliquera que la gente féminine a des alliés parfois minoritaires parfois majoritaires dans le clergé. L’auteur cite beaucoup ses sources et j’ai donc plutôt confiance dans son analyse.

Aujourd’hui, je suis contente de voir la revanche que la gente féminine a pris sur l’Eglise et je rêve de voir de mon vivant une papesse diriger les fidèles de Jésus. Mais peut-être suis-je encore trop optimiste…

4 sur 5

Auteur : Guy Bechtel

Titre : Les quatre femmes de Dieu

Edition : Pocker

Genre : Essai

Pages : 438