Leticia Wierzchowski – La maison des sept femmes

La maison des sept femmes

Brésil, 1835. Les grands propriétaires terriens du Sud réclament l’indépendance de leurs provinces face à l’Empire. A leur tête, le général Bento Gonçalvez da Silva. Bien qu’il envisage un conflit court, il prend ses soeurs et ses nièces dans l’Estancia de la Barra, propriété isolée où elles vont attendre la fin de la guerre. Celle-ci durera dix ans. Dix ans de la poursuite de la liberté pour les esclaves du Rio Grande do Sul et de l’autonomie pour les grandes provinces du Sud.

Dix ans de vie dans la pampa pour ces sept femmes qui voient leur existence bouleversée. Dans ses carnets, la jeune Manuela décrit l’attente, les espoirs, les doute et surtout ses sentiments.

 

On parle peu de la guerre civile qui a éclaté au XIXème siècle au Brésil. J’avais envie d’en découvrir plus, voilà pourquoi j’ai voulu lire La maison des sept femmes. L’auteure a pris le partie de donner la parole aux femmes dans cette histoire. On suit généralement les hommes au combat mais qu’en est-il de ces femmes qui attendent durant des jours, des mois voire ici des années le retour de leurs pères/frères/maris/fils ?

J’ai tout de suite été désarçonnée par le style de Leticia Wierzchowski. Les phrases sont interminables, j’avais un peu l’impression de lire un classique. Lire plus de 500 pages avec cette plume me semblait fort périlleux. Et puis, j’ai arrêté de me concentrer sur ces longues syntaxes pour apprécier l’histoire. Et la mayonnaise a pris !

Nous suivons donc le quotidien d’un petit groupe de femmes. Au début, accrochez-vous car l’auteur a voulu être fidèle aux coutumes brésiliennes et n’hésite donc pas à donner le même prénom à plusieurs membres d’une même famille. On se retrouve donc avec une Manuela, une Maria Manuela, un Manuel, un Antonio, une Antonia, 3 Bento et j’en passe…

Mais une fois que l’arbre généalogique des Goncalvez da Silva est bien dans votre tête, on apprécie vraiment cette histoire. J’ai particulièrement été charmée par Manuela qui restera fidèle à ses convictions et à ses sentiments tout au long de sa vie. En revanche, Rosario m’a exaspérée dès le début. Trop à part dans son petit monde, on peine à s’attacher à elle et on finit comme sa famille par la prendre pour une folle.

J’ai bien aimé que de la légèreté qui touche parfois la vie de ces femmes : les amourettes, les mariages, les naissances,… Même si la guerre fait rage, cela n’empêche pas les adolescentes de rêver à un bel avenir. Il est bon aussi de voir que même si le rôle de la femme est cantonné à la maison, certaines d’entre elles vont vraiment pleinement s’investir dans cette guerre. Des travailleuses de l’ombre qui feront peut-être toute la différence.

Epoque oblige, j’ai parfois été interloqué par le terme de « nègre ». Je ne sais pas si c’est une intention de la traductrice pour montrer qu’on est au XIXème siècle ou juste une traduction littérale. (En espagnol et en portuguais aussi je pense, le terme de negro signifie simplement noir sans connotation particulière).

[pullquote_right]Je remercie Livraddict et les éditions JC Lattès pour ce partenariat.[/pullquote_right]En conclusion, ce livre fut une belle plongée dans la vie quotidienne des Brésiliens nantis du XIXème siècle. Je le conseille pour ceux qui s’intéressent à cette histoire tout comme à ceux qui apprécient les romans mettant en scène des grandes familles.

Ce livre compte pour le challenge Globe-reader. Arroio Grande dans le Sud du Brésil est ma 11e escale.

Jeanne-A Debats – Métaphysique du vampire

Raphaël est un vampire qui travaille pour le Vatican. Sa nouvelle mission consiste à retrouver un ancien nazi qui s’est transformé en « monstre ».

J’ai beaucoup aimé le personnage de Raphaël. Cynique, râleur et solitaire, le vampire nous apparaît de suite comme un personnage atypique. Il n’hésite pas à nous faire part de ses pensées et elles souvent piquantes.

L’intrigue en elle-même est assez intéressante. L’ancien nazi que l’on tente de retrouver semble insaisissable. La violence et le sexe sont également au programme. J’ai néanmoins ressenti quelques creux, quelques moments où l’histoire ralentit.

Mais pour moi, le principal dans ce roman reste la découverte d’une nouvelle sorte de vampire. Il est toujours difficile d’essayer de renouveler le mythe du vampirique mais je trouve que Jeanne-A Debats s’en sort très bien. Les réactions de ces créatures sont assez surprenantes. Dommage qu’on en apprend pas plus sur les « cénacles », les regroupements de vampires. Ce sera peut-être pour un prochain roman car j’espère bien retrouver Raphaël !

Le style est fort agréable, bien que plus soutenu que celui qu’on retrouve d’habitude dans la bit lit.  On sent bien que ce n’est pas une traduction et c’est fort appréciable. Le roman est également assez court, environ 150 pages et se lit tout de même rapidement.

Bref, c’est pour moi une bonne lecture fantastique qui nous offre une vision nouvelle du vampire. C’est avec ce roman que je découvre les éditions Ad Astra et je peux vous dire que ce ne sera pas le dernier. Surtout que je viens de découvrir qu’ils publient aussi des oeuvres en numérique ;).

Le livre sort ce jeudi, 31 mai.

4 sur 5

Auteur : Jeanne-A Debats

Titre : Métaphysique du vampire

Edition : Ad Astra

Genre : Fantastique, bit lit

Pages : 158

D’autres avis : Nicopompus

Eva Ibbotson – Reine du fleuve

Reine du fleuve est un roman d’Eva Ibbotson que j’avais déjà apprécié dans Le secret du quai 13 et Recherche sorcière désespérément. Ici, point de fantastique mais une histoire toute mignonne d’une jeune fille pas gâtée par la vie qui découvre l’Amazonie. Maya est donc une orpheline qui, un jour, se fait adopter par des parents lointains vivant au Brésil. Sur place, la jeune enfant déchantera car cette famille s’enferme constamment dans leur maison et ne veulent pas découvrir la culture mais aussi la faune et la flore qui les entoure.

Les personnages sont un peu manichéens avec la famille Carter donc, très fermée sur elle-même qui rejette tout ce qui n’est pas anglais et Maya et les amis qu’elle se fera sur place qui sont ouverts, sympathiques et gentils. Néanmoins, Reine du fleuve reste une histoire attendrissante avec quelques rebondissements bienvenue et avec une fin comme on les aime avec les « gentils » qui gagnent et les « méchants » qui ont ce qu’ils méritent.

Cette histoire permettra également aux jeunes lecteurs de découvrir Manaus et l’Amazonie en général. Dommage qu’Eva Ibbotson n’a pas insufflé un peu plus de morale dans ce livre, je pense que ça aurait pu l’améliorer.

Finalement, ce livre est celui que j’ai le moins préféré d’Eva Ibbotson. Il m’en reste encore quelques-uns à découvrir. Le prochain sera probablement L’étoile de Kazan !

3 sur 5

Auteur : Eva Ibbotson

Titre : Reine du fleuve

Edition : Albin Michel Wiz

Genre : Jeunesse, aventure

Pages : 380

Couverture : Pierre Mornet

D’autres avis : Betty, Chocolatine, Solenn